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surtout ne pas lâcher !

18 Décembre 2014 , Rédigé par Michèle

surtout ne pas lâcher !

Mon dernier article parlait de cette colère qui me ronge, sans raison, insidieusement, froidement.

Parlait aussi de ma vie qui s'améliore, de mon aîné qui, semblait-il allait mieux, de ma fille qui vit sa vie, de mon dernier, qui trouvait sa voie, d'Olivier, enfin, qui se rapprochait.

Article écrit dans un élan, que dis-je dans une tornade de soulagement, la roue, semblait-il, avait tourné.

C'était, évidemment, parler trop tôt. C'était il y a quelques jours. C'était une éternité.

Une fois de plus, tout est à refaire. Je pensais, aux dires des médecins qui sont responsables de lui, passer la dernière semaine de ma vie à aller voir mon fils en HP, à le rassurer sur son avenir, pouvoir enfin le ramener à la maison, pas forcément guéri, mais assez bien pour qu'il puisse se mettre à construire sa vie. Avec ou sans moi, vivre enfin cette vie qu'il subit depuis si longtemps. Se réjouir de ses succès, de sa victoire, de près ou de loin, mais y assister, coûte que coûte.

Cela ne sera pas. Pas pour le moment en tous cas.

Comment réagir à l'annonce du prolongement de son internement? Comment ne pas s'effondrer alors que le K.O. est si proche? Comment continuer à croire en lui, alors qu'il dit préférer la mort plutôt que cette épreuve? Où trouver la force de l'aider à se relever, de continuer sa lutte, de reprendre confiance en lui?

Dure, tellement injuste, mais tellement raisonnable, cette décision, qui lui appartient, je n'ai pas à revenir dessus. Convaincu par les médecins qu'il est trop tôt pour lui d'être confronté au monde réel, il a accepté de reporter sa sortie. Il n'en reste pas moins déçu, persuadé qu'il s'agit là d'un échec dans sa lutte pour revenir. Il me revient d'accuser le coup, sans fléchir, et avant tout de le pousser à reprendre sa lutte, ce combat qu'il mène depuis plus de deux mois, seul, dans sa tête, dans son cœur, dans son âme.

Croire en lui, faire confiance à cette personnalité têtue et bornée (j'ai des souvenirs de mercredis après-midi passés à me battre avec lui pour faire ses devoirs sans succès!!), continuer, surtout, ces courses épuisantes là-bas, qui me privent chaque fois de la moitié de mon énergie...

S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.

Mon petit, qui s'épanouissait dans ce stage trouvé presque par hasard, au contact de ces personnes âgées qui lui importent tant, qu'il appelle si tendrement ses "petites merguez coiffées de meringues"...

Il fallait le voir partir travailler en sifflotant, heureux de découvrir une nouvelle journée pleine de jolies surprises en leur compagnie. Le voir revenir le soir, fatigué, mais rempli d'histoires à raconter sur les événements de sa journée. Soleil dans mes ombres, sa bonne humeur me faisait du bien, me rappelait que la vie ne s'arrête pas à un seul enfant, même si il est en détresse.

Un jour, son prof de classe s'est entretenu avec sa chef. Tant l'un que l'autre n'ont pas tari d'éloges sur sa personnalité douce, patiente, parfaite pour ce métier. Sa bonne volonté sans failles à effectuer toutes les tâches, même les plus répugnantes, avec un entrain plaisant. Son respect de la hiérarchie, enfin, faisant de lui un employé et collègue modèle. Il avait enfin trouvé sa voie, se surprenant à croire à une place d'apprentissage qui lui garantirait un avenir sûr fait d'un métier sur mesure pour ce ptit gars tellement sensible.

Ma fierté à penser qu'au moins lui serait à l'aise dans la Vie, sans aucun autre souci que lui souhaiter que ça dure le plus longtemps possible, peut-être même toute sa vie, qui sait?

Cela ne sera pas non plus. Pour le moment en tous cas.

La décision est tombée, sa candidature pour une place d'apprentissage sur ce site n'a pas été retenue.

Recommencer les dossiers de postulation, les CV, les lettres de motivation, les entretiens, les contacts, les refus, les faux espoirs d'engagement,....sans fléchir, chaque fois avec le même espoir, chaque fois en y croyant, en faisant confiance à ce bout d'homme pour qu'il arrive à s'insérer dans la société.

S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.

Par bonheur, ma fille va bien.

Coulant le parfait amour avec son ami (quoique!), décidée à mener à bien la réussite de son examen en vue de son CFC, elle fait partie de ces gens si précieux sur lesquels je peux compter. Toujours présente avec des sms ou des message FB très drôles, elle cache ses souffrances pour mieux soigner les miennes. Ce n'est pas son rôle, elle et moi le savons, mais elle l'assume à la perfection. Unique, adorable, c'est ma plus belle réussite.

Olivier, quant à lui, semble se rapprocher, il vient plus souvent, répond plus volontiers à mes SMS, avoue avoir "besoin" de passer du temps avec moi. Mais cela suffit-il? Peut-on vraiment construire un avenir juste avec quelques heures par semaine passées ensemble? Je crois à notre histoire, lui plus vraiment. Rien de plus à ajouter.

Sauf que sans lui je n'aurais pas la force de continuer. Présent quand ça lui chante, je m'efforce de me contenter de ce qu'il me donne, consciente que rien ne l'oblige à prendre du temps pour moi. J'essaie de relativiser, de me dire qu'un jour viendra où nous serons enfin réunis. Faudra vraiment un jour que je m'attelle à prendre du recul par rapport à lui. Imprimer une bonne fois pour toutes que même si je suis, comme il me l'a confié l'autre jour, *la femme qui aura le plus compté dans sa vie*, que je ne suis plus pour lui cette femme "merveilleuse" qu'il écrivait que j'étais il y a encore moins de deux ans de cela. Ses sentiments étaient vrais, il a vraiment été très épris, ça je n'en doute pas. Etaient, mais ne sont plus, soyons réalistes. Faudra un jour que je lâche cette histoire, comme une petite fille lâche une histoire de prince charmant en grandissant. Me faire à l'idée que tous ces rêves n'étaient que balivernes et billevesées. Accepter un avenir de solitude, sans la force de ses bras, la tendresse de son regard, la gentillesse de ses paroles.

S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.

Surtout ne pas lâcher!

Tenir pour Matthias, pour Océane, pour Julien.

Après le mal que je leur ai fait, je leur dois bien ça.

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colère froide

14 Décembre 2014 , Rédigé par Michèle

colère froide

Alors que tout rentre dans l'ordre, que mon fils va mieux et s'apprête à quitter l'hôpital pour vivre pleinement cette nouvelle vie, que ma fille se donne corps et âme à son nouveau travail et file le parfait amour dans les bras de son Adri, que mon petit a enfin trouvé une place de stage qui lui convient et s'épanouit au contact de personnes âgées et dépendantes que je m'assume de plus en plus dans ce travail aussi inattendu que fascinant, alors que l'homme de ma vie, enfin, ressent le besoin de passer plus de temps auprès de moi, alors que la roue tourne, semblerait-il, je ne comprends pas cette colère sourde au fond de moi, qui gronde, gronde, gronde...

D'où vient cette colère? Pourquoi prend-elle autant d'importance?

Je n'ai plus de raison de m'insurger contre la fatalité qui a mis mon fils aîné K.O., manquant de gâcher cette vie pourtant déjà bien mise à mal depuis si longtemps. Son combat contre la maladie il l'a gagné, et devant lui s'ouvrent des portes que même dans ses rêves les plus fous il n'avait jamais essayé d'ouvrir.

Plus de raison non plus de me fâcher chaque fois que je pense à ma fille, au contraire elle est devenue une jeune femme extraordinaire, tournée vers l'autre plus que sur elle-même, compréhensive, empathique, (certaines fois plus que d'autres, j'en conviens!!)

Encore moins de raison de m'emporter pour mon petit qui me remplit de joie quand je le vois partir travailler en sifflotant, revenir le sourire aux lèvres, et commencer de sortir avec des copains de son âge.

Plus aucun prétexte non plus d'exploser au travail, ce travail pour lequel je me suis battue afin de m'y faire une place, même mes collègues les plus anciens saluent l'efficacité de mes services, (je pense même avoir gagné le respect de mes chefs!!).

Quand au chagrin que j'ai ressenti tellement souvent au sujet de cet homme que j'aime, il a su, en quelques semaines le balayer par sa présence attentive et tendre, de même que ces doutes qui ne manquaient pas de m'assaillir des qu'il était loin de moi. Il m'aime, je le sais. Le reste n'est qu'une question de temps.

Or donc, cette colère que je sens s'animer en moi au point d'en étouffer, quelle est-elle?

Quelle en est l'origine?

Se peut-il que pendant toutes ces années où je me suis battue contre ce sentiment d'injustice dans le but d'éviter de devenir une personne méchante et aigrie cette colère ait été déjà présente, mais cachée sournoisement, attendant le bon moment pour sortir et exploser???

Je n'ai jamais eu conscience de cette colère tapie au fond de moi, trop occupée je pense à lutter contre l'injustice latente de cette vie que je pensais cruelle.

Cette colère me fait peur.

Comment arriver à gérer ce que je ne connais pas? De quelle façon canaliser cette violence qui m'anime? Que sa passera-t'il si je la laisse me vaincre?

Pourtant la tentation est grande de me laisser envahir par cette violence.

Me laisser aller, envahir, la laisser gonfler, éclater, ravager tout ce que j'ai essayé de construire, ramener à zéro tous mes efforts de patience et compréhension, de respect et gentillesse..

Tout cela m'est intolérable, inadmissible, inimaginable.

Pourtant je suis incapable de lutter plus longtemps. Ma force, celle-là même que j'ai engagée dans tellement de batailles (avec les succès et les échecs que l'on sait), celle à laquelle j'ai fait si souvent appel, cette force disais-je, semble m'avoir quittée.

Je me sens totalement démunie.

Moi qui pensais arriver au bout des galères, enfin hors d'atteinte de mes doutes et de ce négatif qui me consumaient, de manière à pouvoir un peu profiter de ce que la Vie a à m'offrir. Me voilà devant une nouvelle bataille. Peut-être la plus grande de ma vie.

Vaincre cette colère qui grandit chaque jour un peu plus en moi, n'en faire qu'une "bouchée", la transformer.

La transformer, je veux bien, mais en quoi? Comment? De quelle façon faudra-t'il que je m'y prenne????

Par l'amour, la patience, la tendresse, le respect. Je le sais.

Seulement pour la vaincre cette colère, il faudrait déjà comprendre d'où elle vient. Par quels chemins elle a atterri au fond de moi. Comprendre les pluies qui l'ont fait germer.

Comprendre son ennemi, c'est le vaincre de moitié.

Rassembler la force qui me reste, replonger dans la bataille, reprendre des coups, en redonner. Recommencer. Encore.

Espérer la victoire, mais surtout, surtout, ne pas perdre sans avoir essayé de gagner.

Car seul celui qui ne fait rien ne gagne rien.

.

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Publié depuis Overblog

4 Décembre 2014 , Rédigé par Michèle

Passer une partie de sa nuit à ressasser de vieux souvenirs....ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé. Bizarrement, un coin du voile de ma vie s'est levé, ramenant à ma mémoire des moments oubliés, ravivant certaines blessures, recréant certains fous rire comme si j'y étais encore, faisant naître une nostalgie bien légitime mais ô combien douce.

Je revois mes grand-mamans, auxquelles un jour j'avais décidé de plaire...c'est donc le plus naturellement du monde que je profitai d'être seule pour dire à la première qu'elle était ma préférée, et que j'aimais passer du temps avec elle. Tellement occupée qu'elle fût, ma confidence n'eut pas l'effet escompté. tout au plus une réaction pareille à l'annonce d'un lever de soleil un matin d'août. Sans me décourager, quelques jours plus tard, c'est avec l'autre grand-maman que j'eus pareille conversation. A ma grande surprise, je fus gratifiée d'une magistrale gifle, avec ces mots: ça t'apprendra à rester honnête, on n'arrive à rien avec les flatteries! C'est, je pense, une des plus grandes leçons de vie que j'aie reçues. C'est à ce moment là que j'ai compris la gravité de l'hypocrisie, même si il me faudra quarante ans passés pour m'empêcher d'y avoir recours. Et encore...! Il n'empêche, je ressens encore l'humiliation d'avoir été démasquée, sans parler de la brûlure cuisante sur ma joue.

Je me remémore les tas de bois empilés patiemment par l'oncle Henri, derrière la maison, bois qu'il fendait à coups de hache, et que rarement nous allions ramasser pour l'aider. pas souvent, parce qu'on avait de la peine à empiler correctement, ce qui faisait qu'à un moment ou un autre le tas s'affaissait. alors l'oncle nous envoyait assez rapidement voir en cuisine si le café de la pause cuisait bien.

Le grand papa de la Sagne, qu'on évitait de regarder roules ses cigarettes, parce qu'il tremblait trop si il se sentait observé, mais qui finissait toujours par y arriver. Une volonté de fer. Mais je me rappelle de lui comme d'un homme digne.

L'autre grand papa, bien sûr que je m'en rappelle, un homme gentil, drôle, respecté de tous, connu comme le loup blanc, faut dire qu'il mettait un point d'honneur à veiller qu'on sache qui il était. C 'était un homme qui aimait les gens, et qui savait se faire aimer d'eux. Il avait toujours une boîte de Gaba sur lui, et nous en offrait de temps en temps. Je me rappelle encore le goût de ces petites pastilles losange, que nous sucions avec plaisir.

Un anniversaire me revient en mémoire:

Je devais fêter mes quatre ans. A moins que ce soient mes cinq ans? Peu importe. J'avais reçu un disque sur lequel était enregistrée l'histoire du vilain petit canard. Accompagné d'un livret qui reprenait la même histoire en image, et dont on pouvait suivre le texte écrit.

Très profondément touchée par ce pauvre caneton qui cherchait un ami mais que tout le monde repoussait à cause de don apparence, je me rappelle avoir pleuré des heures sur cette histoire. Pauvre petit canard. Malheureusement pour lui, j'avais décidé que je serais son amie. La seule, mais son amie quand même. Je mis donc un point d'honneur de ne jamais le quitter. Même pendant la nuit. J'eus donc la bonne idée de mette le livret et le disque sous mon oreiller, pensant protéger ce pauvre canard de la méchanceté du monde...

Est arrivé ce qui devait arriver...

Le lendemain, le livret était chiffonné, le disque cassé. Plus jamais je n'entendrais l'histoire que j'aimais tant. Plus jamais je ne verrais ce pauvre petit animal en quête d'amitié. Plus jamais je me réjouirais de le voir grandir et devenir le prince de la mare....

Comme ces souvenirs sont lointains maintenant.

Mais doux à ma mémoire. C'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie que je me replonge dans cette enfance pas si malheureuse que ça, pas si exceptionnelle que ça, juste c'est la mienne, avec ses bons et ses mauvais moments, ses bonnes et ses mauvaises leçons, ses bons et ses mauvais intervenants.

Aurais-je un jour le droit de me pencher sur ma vie actuelle, en me remémorant cette partie d'existence si difficile, mais finalement pas si terrible? me rappellerai-je de tous ces gens autour de moi, qui sont là pour m'aider, ou au contraire m'enfoncer?

Aurai-je un jour l'occasion de dire à propos de maintenant:

C'était le bon temps???

Parce qu'on a tendance à oublier les mauvais moments au profit de bons, je pense que oui.

Sauf si le Destin ne m'en laisse pas le temps, mais ça c'est une autre histoire.....

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la totale

26 Novembre 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

 la totale

Alors que je pensais avoir touché le fond, alors qu'il me semblait ne pas pouvoir tomber plus bas, et n'avoir d'autre choix que rebondir ou tout abandonner, alors que j'imaginais que rien de pire ne pouvait arriver, mon fils, la chair de ma chair, le sang de mon sang, s'est arrangé pour me rappeler que la Vie ne s'arrête jamais de démontrer son caractère cruel.

Dans son mal-être et sa détresse, auxquels j'ai largement contribué en n'étant pas la maman dont il avait besoin, cet homme à qui j'ai donné la vie il y a maintenant plus de 21, rongé par une culpabilité et un désespoir sans retour, dans sa quête d'autodestruction lente mais ô combien efficace, cet homme disais-je, on a failli le perdre.

Pas dans ce départ pour un autre monde qu'on appelle la mort, heureusement pour lui (et pour nous!!), mais le perdre dans le sons où il s'est inconsciemment réfugié dans un monde qui n'est pas le nôtre.

A-t'il fait exprès de consommer ce LSD?

L'a-t'on piégé?

S'est-il trompé de verre?

On ne le saura jamais, et ce n'est pas important. Pas dans le monde dans lequel il s'est réfugié.

Comment aider celui qui fut mon bébé, alors que par le passé je n'ai jamais pris le temps de m'arrêter sur ses appels à l'aide? Avec quelles armes puis-je lutter contre ce mal que je lui ai fait?

Oh bien sûr, je sais bien que je ne suis pas la seule à avoir imprimé mon empreinte destructrice sur lui. C'est vrai qu'en tant qu'aîné de la fratrie il fut le plus sensible de mes trois enfants. Je me rends bien compte que son parcours semé d'embûches a laissé des traces indélébiles au fond de lui, et qu'à un moment ou un autre de sa vie il a été blessé par une grande partie de son entourage.

Ça n'enlève rien à cette culpabilité qui m'habite.

Je suis sa mère. La personne, paraît-il la plus importante pour la construction d'un garçon. Et j'ai échoué.

Le fait de me retrouver derrière cette porte verrouillée, dans cet hôpital psychiatrique, sans savoir si je reverrais mon fils un jour, ni dans quel état je le reverrais, sans savoir comment faire pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas, fut un électrochoc.

Plus violent que tout discours, plus rude que toute lamentation à propos de ma culpabilité devant l'échec.

Plus rien d'autre n'a existé, en dehors de cette spirale infernale qui m'entraînait en enfer.

Comme je comprends sa détresse, et ce qui l'a entraîné dans ce monde auquel nous n'appartenons pas, ce monde auquel nous n'avons pas accès.

C'est maintenant qu'il refait surface que je trouve le courage d'écrire, ce qui m'était juste impossible jusqu'à présent (ok, j'avoue, c'est aussi parce que j'avais plus d'ordi!!!), tant la détresse de ne rien pouvoir faire pour lui me rongeait.

Pour une maman ( pour moi en tous cas), rien n'est pire que voir son enfant souffrir en sachant qu'on ne peut rien faire.

Rien.

Sauf peut-être le voir souffrir et se dire qu'on est responsable de sa détresse.

Un souvenir me hante:

Quelques jours après sa naissance, mon incapacité à m'occuper correctement de ce bébé si fragile, pourtant si fort, m'a amenée à commencer à douter de mes talents de Maman. Et à m'en ouvrir à celui qui était mon mari à l'époque. Tous les soirs quand il rentrait, c'est en larmes que je lui confiais mon desoeuvrement, ma panique face à ce petit être tellement dépendant de moi et de ma maladresse.

Patiemment, chaque soir mon mari essayait de me rassurer, me disant que tout allait bien, que c'était normal, qu'il fallait que je me calme et que tout irait bien. Jusqu'au soir où, excédé, il m'a dit;

"J'ai réfléchi toute la journée, si vraiment tu te sens pas capable de t'occuper de notre fils, je suis d'accord, on a qu'à le donner."

L’électrochoc ressenti à ce moment-là m'a permis de réagir, et d'assumer enfin ce bébé, que j'ai désiré si longtemps, ce ptit homme dont la Vie m'avait fait cadeau, cet amour qui n'avait rien demandé mais qui avait tellement droit au meilleur.

Donner mon bébé? Ça jamais!!! Plutôt mourir!!!

Que n'ai-je pas suivi ce conseil. Quelles furent ces raisons obscures qui me poussèrent à garder coûte que coûte ce bébé pour lequel je n'ai jamais été la maman dont il avait besoin?

Combien de souffrances lui aurais-je épargnées si en mère indigne telle que je suis je l'avais abandonné, au lieu de m'entêter dans mon délire de "j'aime-mes-enfants-et-je-les-assume"???

La seule chose dont je suis absolument sûre, c'est qu'il ne serait pas là où il est si j'avais accepté l'inévitable et préféré laisser le soin à une autre de lui donner ce dont il avait besoin.

Savoir que mon fils souffre dans sa chair et dans son âme uniquement parce que par vanité je lui ai refusé une vie de calme, ce sérénité, de bonheur.

Sauver ce qui peut l'être, essayer malgré tout de faire face et de lui donner le maximum, transformer cet enfer en vraie chance pour lui de reconstruire sa vie sur de bonnes bases.

Quitte à ne plus en faire partie, quitte à en crever, mais tout faire pour l'aider à VIVRE sa vie, et non plus la subir.

Le chemin sera long, difficile, éprouvant. Pour lui, pour son frère, pour sa sœur, pour ceux qu'il aime.

Moi comme d'hab, avec ma maladresse je vais de nouveau lui faire du mal, c'est inéluctable.

Pourvu que ceux qui sont là pour l'aider sachent lui montrer la route à suivre pour se sortir de mon emprise.

Quand on a des enfants, on ne souhaite rien de moins que le meilleur pour eux. Quand on est incapable de le leur donner, faut avoir l'honnêteté de le reconnaître et laisser à d'autres le soin de le leur apporter.

Même si cette prise de conscience vient 21 ans trop tard, j'essaie de me rassurer en me disant qu'au moins chez moi elle est venue.

C'est pas ce qui marche le mieux, mais avec le temps je me dis que ça viendra.

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joyeux anniversaire

28 Août 2014 , Rédigé par Michèle

joyeux anniversaire

Passer la soirée de mon anniversaire dans les bras de l'homme que j'aime... Un rêve, une utopie, inaccessible.

Bien sûr, toutes ces années passées avec Olivier O., j'avais droit à une belle soirée en compagnie de mes parents, de mes enfants, puis, la lumière éteinte et les enfants couchés, fallait faire place à la lubricité de mon mari. Pas forcément cauchemardesque, mais c'est pas ce dont je rêvais.

Moi ce que j'ai attendu toutes ces années, c'est une vraie soirée d'anniversaire.

Juste l'homme que j'aime et moi. Un ptit repas, une ambiance bougies-musique-étoiles, le truc romantique à outrance, juste un moment privilégié partagé juste entre deux personnes qui n'ont besoin que la présence de l'autre pour se sentir bien.

On connait la situation avec Olivier C., il tient à moi (j'en suis de plus en plus sûre, surtout en sa présence), mais refuse d'assumer notre relation en public. J'accepte (toute manière j'ai pas trop le choix, c'est ça ou rien!), essayant de ne retenir que ces moments si rares et magiques qu'il peut me donner, tirant un trait sur le simple fait de prendre sa main en public.

Dur. Par moments insurmontable. Injuste.....

Mais cette année, c'est décidé: je passerai cette foutue soirée d'anniversaire auprès de lui. Qu'il le veuille ou non.

Pas de petit resto romantique pour nous deux, pas de repas gastronomique à 12 plats tous plus succulents les uns que les autres, pas de violoniste privé, pas de serveur en costume, pas de ....?

Une idée germe dans mon cerveau (malade, si il faut te le rappeler, cher lecteur): ce soir-là je finis mon service à 2130...et si nous passions un moment ensemble, lui et moi? mais ailleurs que dans mon lit, histoire de marquer le coup.

Oui, mais où?

Plus rien n'est ouvert à cette heure-ci, toute manière, même si j'obtenais d'un restaurant qu'il reste ouvert pour nous deux, Olivier n'acceptera de prendre le risque d'être vu en ma compagnie et que ça se colporte jusqu'aux oreilles de son papa.

Quels endroits reste-t'il alors? Ma cuisine? ptêtre, mais dans ce cas va falloir cuisiner, et mes talents en la matière ne sont pas du genre à laisser un souvenir impérissable à cet homme qui importe tant.

Louer un endroit grand luxe, et payer les services d'un traiteur? Trop cher, trop haut de gamme pour cet homme qui, rappelons-le sait se contenter des plaisirs d'une vie simple.

Je pense soudain à l'endroit le plus beau du monde: En plein air!!

Mais oui, pourquoi pas un simple pic nique, nocturne, sous le plus beau plafond dont on puisse rêver: les étoiles.

Je t'épargne, cher lecteur, les détails techniques de la préparation (choix du menu, collecte des bougies, des couvertures, des grosses vestes nécessaires à notre confort, visites de place de pic nique dans la région)

Arrive la veille de ce jour si important à mes yeux, et pourtant tellement insignifiant aux yeux du reste du monde.

Armée de mon courage, je sms l'homme que j'aime en lui disant que je passerai le lendemain soir chez lui, lui demandant de m'accorder 2-3 heures de son temps si précieux ce soir-là.

Ce n'est que le lendemain, jour J qu'il me répond, en même temps qu'il m'envoie ses voeux, que c'est lui qui passera le soir même vers moi.

Nouveau sms de ma part, lui disant que je l'emmène manger quelque part, lui donnant rendez vous sur le parc, près de ma voiture.

C'est assaillie par le doute que je passe cette journée en compagnie de ceux que j'aime, mes parents, mes enfants, ma soeur..

Et si il refusait de passer cette soirée assis à une table avec moi? et si il faisait froid? et si il me trouvait ridicule dans cette petite robe noire qui, me dit ma fille, me va pourtant si bien? et si je me cassais la figure devant lui du haut de ces chaussures à talons achetés sur un coup de tête quelques semaines avant? et si toute cette préparation se transformait en mascarade pathétique, lui donnant l'impression de n'avoir été mise sur pied que dans le but de le récupérer? et si on avait rien à se dire?

ET SI?????

Comme d'hab, c'est oublier que cet homme est un être exceptionnel de patience, de compréhension, d'ouverture, de bonté à mon égard.

C'est oublier qu'il est lui, bourré d'humour, intéressé pas chaque sujet que je prends le risque d'aborder avec lui, capable de me donner sa veste pour que je n'aie pas froid, capable de passer une heure à me serrer dans ses bras, la tête posée sur mon épaule, à savourer ce temps qui nous est offert, en ne bougeant presque pas, sauf pour poser quelques chastes bisous dans mon cou....

C'est un moment magique qu'il m'offre là. Un moment que, je le sens bien à sa façon si déroutante qu'il a de me regarder, il grave dans sa mémoire, dans son coeur.

Juste lui et moi, la pluie, la nuit.

Pas de prise de tête, pas de contrainte, pas de jugement.

Plus rien n'existe en-dehors de lui et moi.

Je me laisse totalement aller à ce moment de bonheur pur, je savoure la chaleur de son corps tout contre moi, la douceur de sa main sur ma hanche, la tendresse de ses lèvres sur ma nuque.

Toute ma vie, je n'ai fait que rêver à un instant tel que celui-là.

C'est cet homme qui me le donne.

Un instant parfait.

Rien ne vient gâcher ce bout d'éternité, comme si l'Univers entier s'était accordé pour nous donner ce moment de communion totale, d'Unité simple, mais tellement pleine.

J'épargne ta sensibilité cher lecteur, je ne dirai rien de la nuit qui suit cette merveilleuse soirée.

Cet homme que j'aime, qui me manque tellement quand je suis loin de lui, qui me fait aussi souffrir par son besoin de liberté et d'indépendance, cet homme disais-je, m'a offert le plus beau des cadeaux.

La magie de sa présence, la sérénité de sa douceur, la force de sa personnalité.

Ce moment, j'en ai rêvé toute ma vie, je ne pense pas l'avoir mérité, il me l'a donné. Simplement. Sans conditions. Juste pour me faire plaisir. Avec générosité, patience et douceur.

Le reste de ma vie à lui montrer comme son comportement ce soir-là m'a touchée, bien plus profondément que n'importe lequel de ses sms ou de ses attentions auparavant.

Caché au fond de mon coeur, ce moment reste l'un des plus beaux dans ma vie si triste, si vide.

Et ce sms, reçu le lendemain:

"encors merci pour hier, tu étais très belles avec ta robe. bisou, à bientôt."

Comment ne pas aimer cet homme?????

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Joyeux anniversaire??

6 Août 2014 , Rédigé par Michèle

Joyeux anniversaire??

Aujourd'hui, pour la 20ème fois et la 19ème fois, c'est l'anniversaire de mes deux grands.

Sms, messages facebook, appel téléphonique, ce seront les seuls contacts que j'aurai avec eux pour cette journée spéciale.

Oh on a organisé une tite fête pour eux, en profitant de la fête du 1er août, les feux d'artifice étaient très beaux, ils ont reçu les maigres cadeaux que j'ai eu les moyens de leur offrir, je leur avais préparé une jolie tourte, toute la famille était présente, la fête fut belle, je crois...

Me reste juste ce goût amer de n'avoir pas fait ce qu'il faut pour leur montrer combien je les aime, combien ma vie a été transformée depuis leur naissance, combien ils me manquent, combien je suis désolée de tout ce mal que je leur ai fait, combien......

Combien je suis convaincue qu'ils auraient mérité une meilleure maman, une vraie, qui chante, qui raconte des histoires, qui fait des câlins, qui assure quoiqu'il arrive.

Ils sont, avec leur petit frère et Olivier C. les plus belles personnes qui soient arrivées dans ma vie.

Le Destin m'a envoyé ces 4 personnes incroyables, mais comme fallait s'y attendre, je leur ai gâché l'existence avec mon égoïsme, mes histoires à deux balles, mon egocentrisme exagéré.

J'ai eu ma chance pour les rendre heureux, j'ai loupé. Tel un boulet qu'ils sont condamnés à traîner à leurs pieds, je reste à m'incruster dans leur vie, à tenter de les contacter, à essayer de trouver n'importe quel prétexte pour les voir, les toucher, leur parler, alors que tous les 4 je devrais les lâcher, les laisser vivre leurs vies, me faire oublier d'eux, qu'ils puissent oublier les erreurs que j'ai commises, le mal qu'à tous j'ai fait.

J'ai essayé pourtant de leur expliquer (très mal, tu t'en doutes bien cher lecteur), l'amour que j'ai pour eux, le besoin de les voir heureux, la chance que j'ai d'avoir croisé leurs chemins.

Je sais pas si ils ont compris, je l'espère.

Ce que j'ai compris moi c'est qu'on peut pas forcer les sentiments. Ils sont là. Ou pas.

Sans haine, sans colère, je constate une fois de plus, que par mon comportement, j'ai perdu ces personnes. Définitivement.

Je souhaite VRAIMENT leur bonheur, à tous les 4. Par leur patience à mon égard, par la gentillesse dont ils ont fait preuve envers moi, je pense que la Vie leur doit la paix, la sérénité, la joie qu'ils méritent.

M'éloigner d'eux me brise le coeur, me rend malade, me détruit.

C'est pourtant le seul moyen pour eux de vivre leurs vies pleinement.

Ils m'ont apporté les seuls bonheurs de ma vie, faut que je m'éclipse, maintenant.

Arrêter d'assombrir leurs avenirs, laisser le Destin faire son travail.

Pour chacun d'eux.

Matthias est sur le point de trouver un travail, un vrai, il construit sa vie d'homme. Lui plus que quiconque mérite de trouver sa voie, que ce soit faire carrière dans la musique, ou comme simple paysagiste. je sais que quoiqu'il suive, il s'investira totalement dans cette nouvelle vie qui se profile. Il trouvera, je n'en doute pas un seul instant, la femme qui lui donnera ce bonheur que tout homme mérite.

Océane, j'en suis sûre, saura se faire engager pour finir son apprentissage, si c'est ce qu'elle décide. Elle a cette force en elle qui lui permet de toujours arriver à ses fins, elle sais s'en donner les moyens. Avec Adri, elle forme un beau couple, j'envie leur complicité, j'ignore si c'est l'homme de sa vie, je le lui souhaite, mais pour le moment leur bonheur semble complet.

Julien va commencer ses études, il s'apprête à faire un grand saut dans l'inconnu, il a en lui la confiance nécessaire pour traverser cette épreuve sans trop d'encombres. A la recherche de l'amour, j'espère qu'il trouvera une gentille fille qui saura voir en lui la belle personne qu'il est.

Olivier C. Mon amour. a sa façon, je sais qu'il m'a aimée. On avait droit à une chance d'être heureux, par ma faute, la Vie nous en a empêchés. Injustice du Destin, cruauté du Grand Cours des Choses??? Evidemment, il trouvera une femme capable de lui donner ce que je n'ai pas eu le droit de lui donner. Qu'elles se poussent au portillon, qu'il choisisse celle qui lui convient le mieux. Il saura la reconnaître, il a cette force tranquille de toujours savoir ce qu'il doit faire.

Sortir de leurs vies est la plus belle preuve d'amour que je puisse leur donner.

Rester dans leurs vies serait injuste pour eux. Ils ont assez souffert à mon contact.

Mais p*** qu'est-ce que j'ai mal!!!!

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Et Dieu dans tout ça?

25 Juillet 2014 , Rédigé par Michèle

Et Dieu dans tout ça?

Baptisée quand j'étais bébé, communiée à 14 ans, je n'ai pas vraiment compris grand chose à ce qu'on nous enseignait à l'école du dimanche ou aux leçons de religion.

Oh j'ai essayé de suivre ces leçons, essayé de comprendre comment fonctionne le truc de cette force au-dessus de nous qui peut juger, condamner, exécuter ou pardonner, sans logique aucune, simplement, me semble-t-il selon son bon vouloir.

Je ne me suis pas sentie trop concernée par ce sacrifice que Jésus a fait en mourant sur la croix, j'arrive pas à piger ce qui est susceptible de me "sauver" de mes péchés dans cette mort atroce et trop suspecte pour moi.

Je ne remets pas en cause la Foi de chacun, loin de là, c'est juste que moi je me reconnais pas dans le christianisme.

Et je suis encore en train de me demander à quoi ça sert de boire une gorgée de vin et avaler un bout de pain.

Faut dire aussi que j'ai pas vraiment fait d'efforts pour essayer de comprendre....

A l'époque où je sortais avec Vait, je me suis approchée de l'Islam. Il était musulman, je voulais essayer de comprendre sa Foi.

J'ai pas non plus développé une grande passion pour cette religion, trop proche de la mienne pour germer en moi, je m'en suis vite éloignée. D'autant que Vait n'était pratiquant que quand ça l'arrangeait, comme un peu tous les croyants du monde, de n'importe quelle religion...

Bouddhisme, Judaïsme, chamanisme, scientologie, kabbale....j'ai fait l'effort de me renseigner sur un peu tous ces mouvements religieux, dans l'espoir de trouver des réponses à mes questions spirituelles, essayant de comprendre le fonctionnement des ces croyances que, au final ne prônent rien d'exceptionnel les unes par rapport aux autres: aimer l'autre, respecter sa différence, mais plutôt mourir ou tuer l'autre qu'abandonner sa Foi. Décevant, pour quelqu'un comme moi qui n'est jamais satisfait et qui en réclame toujours plus.

C'est vrai que par la suite, au fil de mes lectures (qui n'ont, cher lecteur, pas grand chose de véridique, il faut bien l'avouer...), je me suis mise à rêver à un genre de croyance celtique, en accord avec la Nature, Nature qui, comme par hasard sait toujours ce qu'elle a à faire.

Végétaux, animaux, minéraux, même la monde aquatique, tout est à sa place. Les plus forts mangent les plus faibles, qui mangent les plus faibles...mais jamais par plaisir. juste pour subsister.

Pas de jugement, pas de condamnation, pas de tolérance non plus. Une plante est là juste parce que la graine a germé là. Un point c'est tout. Un caillou a cette forme juste parce que le vent l'a poli au fil des ans. Un animal tue juste pour pas crever de faim.

Pas de questions, pas de réponses.

L'Univers est grand, et se cantonner dans l'idée qu'un grand bonhomme barbu l'occupe de toute sa grandeur, pour moi c'est pas suffisant.

Toutes ces étoiles, toutes ces galaxies, tout ce ciel ne peut être occupé juste par un entité.

Et m'imaginer que mes ancêtres sont là, quelque part dans ce ciel qui plus je le regarde plus il m'apparaît gigantesque...

Sans parler de ce temps qui n'en finit pas.... Quand on pense que la vie d'un homme correspond à moins d'une seconde dans l'échelle, difficile de croire que chaque être vivant est programmé pour n'exister qu'un infime fraction de ce temps infini.

Alors quoi? on naît, on vit (ou on souffre, c'est selon..), on meurt et plus rien?

Et si, dans son extrême complexité la vie, ou le Destin avait prévu autre chose?

Et si, dans son infime cruauté, la création n'était qu'un éternel recommencement?

Si, nous n'étions pas que de simples pions dans ce grand jeu de la Vie, si, au fond, notre âme n'effectuait que des aller-retour entre le monde des morts et celui des vivants?

La réincarnation, on l'a vu dans un de mes articles précédents, moi j'y crois, et je défie n'importe qui de m'apporter la preuve que je me trompe.

Combien de vies faut-il à une âme avant d'atteindre ce palier qui, nous dit-on permet la Vie Eternelle? Que doit comprendre ou vivre notre âme avant de se détacher de la Vie Terrestre? Par où faut-il passer pour échapper à cette Vie pour laquelle perso j'ai de moins en moins d'affinités?

J'en sais rien, et je m'en fous. Je n'ai pas de religion, pas de Dieu, pas de Foi.

Juste un amour des autres auxquels j'essaie de faire le moins de mal possible, c'est mon crédo. Ne fais pas aux autres.....j'essaie de m'y tenir, même si ce que les autres font me font du mal, j'essaie de tolérer, de comprendre, d'excuser et d'accepter.

C'est ce que toutes les religions prônent, après tout, chacune à leur façon, évidemment.

Dans ce monde que je comprends de moins en moins, je n'ai pas ce besoin de partager mes convictions, ce en quoi je crois ne regarde que moi, mais j'en parle sans tabous. C'est juste que je n'arrive pas à trouver les bons mots pour expliquer.

Alors je garde ça pour moi, c'est ma Foi, ma religion.

Et je pense sincèrement que si les valeurs de tolérance et de respect qui sont tellement prônées par toutes les religions du monde étaient mises en pratique, et pas seulement à l'intérieur d'uns église, d'une mosquée, d'une synagogue ou de n'importe quel autre Temple au monde, ces valeurs disais-je feraient de ce monde un monde meilleur, où peut-être je trouverais ma place....

Mais ceci est autre histoire, n'est-ce-pas???

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le bon choix?

5 Juillet 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

le bon choix?

Voilà. Cette histoire qui me fait tant de mal, et qui me fait tant de bien, cette histoire donc n'est pas finie. Différente, plus sereine, moins passionnée, plus sûre aussi, moins idéalisée.

Cet homme que j'aime, je l'ai déjà tellement souvent répété, me rend complètement décérébrée. Incapable de réfléchir quand il s'agit de lui, je n'aspire qu'à la sécurité de ses bras dès que je me trouve en sa présence. Est-ce un crime?

Après avoir versé toutes les larmes de mon corps sur notre relation que je croyais finie, après m'être épanchée auprès de ceux que j'aime, après avoir cru mourir de chagrin, voilà que je suis de nouveau pleine d'espoir.

Oh bien sûr, ce ne sera plus jamais comme avant . Je l'aime, il m'aime, mais j'ai compris que je dois le laisser respirer, ne plus l'étouffer avec mes idées tellement ridicules de partage de vie et de romantisme.

Son indépendance, il y tient, et je lui dois de respecter ce côté de lui que j'aime aussi.

Mes excès me perdront, c'est clair. Incapable de réprimer mes souffrances, c'est Julien qui a fait les frais de mon inconséquence.

Ce pauvre gamin n'a rien demandé. Pourtant combien de larmes a-t'il essuyées, combien d'heures a-t''il passées à me consoler....Aveuglée par le chagrin, en mère indigne et tellement égoïste, c'est auprès de lui que j'ai trouvé le réconfort. C'est lui qui m'a vue le plus souffrir. Passant totalement à côté la fin de scolarité, zappant complètement son camp d'été, plus rien d'autre ne comptant à mes yeux que ma douleur, j'avoue avoir totalement failli à son égard.

Tellement coupable de ne penser qu'à moi et mes ptites douleurs, sans voir le mal que je lui ai fait.

Pourtant jamais de ma vie je n'ai voulu le blesser. Enfermée dans ma bulle, c'est malgré tout ce qui s'est passé. Et c'est tout naturellement qu'il m'en veut, trop déçu de me voir retomber dans les bras d'Olivier.

Comment lui expliquer? Comment lui faire comprendre que je ne fonctionne qu'aux sentiments, que sans l'appui et la Force d'Olivier je ne suis rien?

Que même si il a été un pilier stable durant ces jours de souffrance, mon fils reste à mes yeux un enfant, un ado, que je devrais protéger et non enfoncer?

Il m'a vue pleurer, il a fait les frais de mon comportement déplorable à son égard, et la colère qu'il ressent, même si c'est tellement légitime, cette colère fait mal car elle me rappelle que je ne suis qu'une sale égoïste, ne reculant devant rien pour arriver à mes fins.

Me pardonnera-t'il un jour de ne penser toujours qu'à moi? J'en doute. Il a trop souffert de me voir mal, et cette histoire est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Je voudrais tellement effacer ce mal, qu'il oublie ces deux ans que nous avons passées dans la douleur (ma douleur), je n'aspire qu'à devenir la maman qu'il mérite.

Ce sentiment d'injustice qui l'habite, cette impression de n'être qu'un kleenex à mes yeux, je les porte en moi comme une culpabilité. Culpabilité d'égoïsme, culpabilité d'humanité, culpabilité de négligeance.

Et c'est lui qui devra grandir et se construire avec ce bagage.

Je sais qu'il s'en remettra, que sur son chemin il trouvera des personnes qui joueront ce rôle que j'ai négligé. C'est un bon ptit gars, plein de ressources, qui va continuer à avancer, malgré tout.

Ce sera un grand homme, je n'en doute pas un instant.

C'est juste que je lui ai fait du mal, sans m'en apercevoir, sans le vouloir, et qu'il ne méritait pas ça.

Hélas pour lui, je suis sa maman. Une maman qui ne mérite pas ce ptit gars.

Un ptit gars qui aurait tellement mérité une autre maman. Une vraie, une maman qui se soucie de lui, qui fasse passer son bonheur à lui avant tout. C'est raté, et c'est la croix qu'il aura à porter. Toute sa vie.

Pardon mon fils. Je t'aime, mais ça ne suffit pas.

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changer l'histoire

22 Juin 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

changer l'histoire

En y repensant, je pense que mon histoire est une erreur. Pourquoi le Destin m'a-t'il donné la vie, pour quelle raison ai-je survécu à une naissance difficile, qui faillit tuer ma mère? Dans quel but cette embolie pulmonaire ne m'a-t'elle pas tuée? Bon, d'accord, le Destin voulait que je donne la vie à mes 3 enfants, Il a sûrement un plan tout prêt pour leur futur.

Mais maintenant qu'ils sont là, presque adultes, sains de corps et d'esprit, pourquoi faut-il que je reste en vie? A souffrir comme une bête, chaque jour plus cruel que le précédent, alors que je n'ai plus rien à apporter à personne, sauf peut-être cette sérénité qui fait dire aux autres: heureusement que je suis pas comme elle.

Mon destin se résume-t'il uniquement à ça? un exemple de décadence à SURTOUT ne pas suivre?

Un modèle d'éducation pour mamans en mal de punition (attention mon enfant, si tu continues tu vas finir comme elle)??

Toute ma vie j'ai essayé de vivre normalement, suivant le courant que les autres empruntaient avec joie, essayant de me fondre dans la masse, avec l'échec que l'on sait.

Pourquoi faut-il encore continuer? n'ai-je pas assez souffert, assez pleuré, assez encaissé???

Oh comme je regrette ce soir-là où Olivier O. a mis ses mains autour de mon cou pour serrer, serrer... Curieusement, je n'ai rien senti. Pas de douleur, juste cette appréhension de me dire que c'est enfin fini. Hélas, dans un moment de lucidité, il a desserré ses doigts, laissant passer le peu d'air nécessaire à ramener la vie dans ce corps que je déteste et qui me fait honte.

Pourquoi s'est-il arrêté? la vie aurait été tellement simple pour vous tous, si il avait continué.

Il serait parti en taule quelques années, forcé de vendre son domaine, mais en taule il aurait appris un autre métier, qui lui aurait permis de s'épanouir à sa libération.

Mes enfants auraient été envoyés dans ma famille, seule chance pour eux d'avoir enfin droit à une éducation stable, pleine d'amour et de respect, La seule chance pour eux de sortir de semblant de vie que j'ai réussi à leur donner, faute de mieux.

C'aurait été une vraie chance pour eux de tourner la page sur cette enfance ratée, remplie de traumatismes et de chagrin.

Moi morte, Olivier C. serait débarrassé de ce boulet que je représente à ses yeux. Oh bien sûr, il le dit pas, il est trop bien pour ça, mais je sens bien que mes sms et mes demandes incessantes pèsent de plus en plus sur ses épaules qu'il a pourtant larges mais pas prévues pour ça.

Tous ceux que j'aime n'auraient qu'à y gagner de me voir au fond du trou. Une fleur de temps en temps sur ma tombe, histoire de soulager la conscience, mais quelle liberté! Quel soulagement de ne plus risquer de me vois arriver n'importe quand, devoir perdre du temps pour échanger des banalités tellement pathétiques qu'elles en deviennent ridicules.

J'ai bien compris le rire de ceux que je côtoie. Ce n'est pas mes blagues qui les font rire. c'est le pathétique de ma personne, le ridicule de mes tentatives pour me faire apprécier, la stupidité de ce que j'ai à donner...

Maintenant que mes enfants sont grands et n'ont plus besoin de moi, pourquoi faut-il encore vivre, dans ce monde qui ne m'apporte plus rien, auquel je n'apporte plus rien???

Si seulement Olivier O. n'avait pas desserré ses mains, ma vie se serait arrêtée, et maintenant, un peu plus de 2 ans après, bien peu de monde se rappellerait de moi. ou alors en se disant ouf! la vie est belle maintenant.

Ce blog ne serait pas. Si toi lecteur as trouvé de quoi te divertir, maintenant que c'est fait, je demande au destin de me donner cette liberté dans l'au-delà. je n'ai plus rien à donner dans ce monde, laisse-moi partir, rien de bon ne plus sortir de moi.

PUT*** POURQUOI A-T'IL DESSERRE SES MAINS?????

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HAINE

12 Mai 2014 , Rédigé par Michèle

HAINE

Par moments c'est comme une vague qui déferle sur moi, qui me submerge, dans laquelle je me noie.

OH NON!!!

Je ne faiblirai pas. Je ne la laisserai pas guider ma vie. Même pas en faire partie.

Je me bats tous les jours contre elle. Par tous les moyens, toutes les ruses sont bonnes pour la faire reculer.

La haine. La haine de ce mari sur lequel je me suis si lourdement trompée. La haine de ceux qui m'entourent et dont j'envie avec tellement de jalousie le mode de vie. La haine de cette vie qui ne m'apporte rien de bon. La haine de ces mères (dont hier c'était la fête!) si fières de leur progéniture, si fière de ce qu'elles ont accompli au nom de leur famille.

La haine enfin de ces circonstances qui ont fait de moi ce que je suis actuellement. Une larve, passant son temps à pleurer sur son sort, incapable de se bouger pour que les choses changent. A quoi bon???

En effet, à quoi bon se bouger? Les choses ne changeront jamais pour moi, parce que je le mérite pas, faut se rendre à l'évidence...

Au cours de ces 19 ans durant lesquelles j'ai essayé de construire une famille, j'avais tout ce qu'une femme normalement constituée pourrait apprécier. Trois enfants sains, adorables, intelligents, et j'en passe. Un mari que j'ai été incapable de rendre heureux. Son mépris et ses insultes au quotidien en sont la preuve. Un mode de vie basé sur l'agriculture, sur le rapport à la nature, un boulot physique toujours varié mais toujours fait dans le souci de bien faire, sans jamais aucune reconnaissance...

N'importe quelle femme normalement constituée se serait contentée de ça, voire de moins...

Pourquoi moi pas? Pourquoi n'ai-je pas pu me satisfaire de cette vie???

Mais le fait est là. J'ai fui cette vie qui me détruisait, petit à petit, et j'ai cru pouvoir me relever de cette défaite, faisant de ma nouvelle vie un défi que j'en étais sûre je réussirais sans embûches...

C'était sans compter sur mon Destin, si cruel avec moi.

Mes enfants d'abord. Ma fille qui me laisse un sms ou un what's app une fois par semaine, que je vois une fois par mois, et encore...qui m'en veut toujours d'avoir détruit son monde, si bancal eût-il été. Mais comment lui en vouloir? Elle a souffert de mon départ, en souffre encore, et je souhaite de tout mon coeur qu'un jour elle en souffrira plus, mais cette déchirure est une marque indélébile pour elle.

Mon grand ensuite. Caché derrière ce corps difforme, un coeur à vif, pas d'avenir, en dehors de cette vie qu'il mène avec son père qui passe son temps à le dénigrer, à l'humilier, à l'insulter. Les rapports que nous entretenons sont fragiles, il dit ne pas m'en vouloir et comprendre mon départ, je le soupçonne de me brosser dans le sens du poil, par peur de me faire du mal si il me dit le fond de sa pensée. C'est un garçon, par essence il se sent le devoir de protéger sa mère, quitte à s'oublier lui-même.

Mon ptit finalement. C'est lui qui en a pris le plus en pleine tête je pense. Pas vraiment en famille, puisqu'il en a moins vu et entendu que les deux grands. C'est après notre départ qu'il a vraiment subi un enfer. Qu'il subit encore. Partageant mon quotidien, il me voit souffrir, et se ronge de ne rien pouvoir faire pour moi. Il se sent coupable, assiste impuissant à mon déclin, fait ce qu'il peut pour m'aider... Pauvre gosse!!! un coeur si tendre! si différend des autres, constamment perdu dans son monde de plumes, de paillettes, de petites fleurs et petits oiseaux... Rien ne l'avait préparé à ce que je lui ai fait subir. Devenu mon seul confident depuis bien avant mon départ, il reste celui qui sait le mieux ce qui me fait souffrir. En égoïste pure et dure, je ne lui ai rien épargné. Ni les déboires avec son père, ni les crève-coeur engendrés par son frère et sa soeur, encore moins le roman tragico-comique vécu avec Olivier C.

Tiens, parlons-en de ce roman... Comme déjà tellement souvent répété, c'est LUI. Lui l'homme que j'aime, celui avec lequel je suis si bien, celui que j'en suis persuadée la Vie elle-même m'a réservé. Bien sûr qu'il a compté dans ma décision de partir. Mais c'est pas pour lui que je suis partie. N'oublions pas la façon dont mon mari m'a traitée pendant si longtemps ( les cris, les insultes, les humiliations.... Au point de trouver ça normal, de me dire que c'est tout ce que je méritais, qu'il avait bien raison de me traiter comme une merde). Partir c'était avant tout retrouver une image positive de moi-même, mais c'était aussi un moyen de donner une chance à cette merveilleuse histoire que nous avons partagée. C'était me donner une ultime chance de rendre un homme heureux (j'y aurais aussi trouvé mon bonheur, évidemment!!!).

Mais les choses se sont pas passées comme je l'attendais, bien sûr! Mon ex-mari, qui n'arrive pas à passer par-dessus notre divorce, n'a pas pu s'empêcher de foutre un beau bordel entre Olivier C. et moi. En écrasant son poing sur la figure de Ami, il a réduit à néant cette chance que je m'étais octroyée d'avoir une vie meilleure. Je sais qu'il n'avait pas calculé si loin, il voulait juste trouver une échappatoire à cette rage qu'il entretenait de m'avoir perdue. Mais il a réussi mieux que si il avait prémédité son coup. Tellement bien que tout ce qu'il me reste aujourd'hui ces sont les larmes, le chagrin d'avoir perdu celui qui aura toujours une place dans mon coeur, cet horrible sentiment d'échec qui, uns fois de plus refait surface...

Non, la haine ne l'emportera pas. Je ne deviendrai pas une vieille mégère aigrie par ses frustrations et la jalousie. Chaque jour je me bats, pour faire quelque chose de positif de ma vie. Chaque jour je sens la rage m'étreindre, gonfler en moi telle une évidence. Chaque jour je refoule cette haine, à laquelle je refuse de donner corps. Comprendre ce monde, l'aimer même si je le comprends pas, même si je n'y ai pas ma place.

Oui, je pense sincèrement qu'avec assez d'amour pour ceux qui m'entourent j'arriverai à me sortir de cette spirale infernale. Alors tel un pèlerin, je continue mon chemin, endossant mes douleurs, refoulant mes envies, essayant d'accepter ce que la Vie me donne...

Paraît qu'un jour ou l'autre la roue tourne.... Serai-je encore de ce monde lorsqu'elle tournera pour moi?

Ou quitter ce monde sera ce tour de roue qu'on m'a promis????

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