La Coiffure
C'est un peu par hasard que je suis tombée dans la coiffure, moi j'aurais voulu conduire un camion, un gros, de préférence en amérique... Je rêvais de ces routes droites, au milieu du désert, je me voyais traverser le pays de long en large...pour moi c'était la vraie vie... Chimère! Il a fallu choisir un métier, et c'est en accompagnant Chou-Fleur chez le coiffeur que j'ai eu l'idée de demander une place de stage. Bingo!! Par un incroyable concours de hasards, j'ai signé mon contrat chez Oly. Salon démesuré pour l'époque, mal vu dans la profession, je m'y suis sentie très mal à l'aise en apprentissage, tellement maladroite sans m'en rendre compte, j'avais l'impression d'être la personification de Caliméro...Il a fallu que je rate mes examens finaux pour que j'en arrive à réaliser que tous ces reproches étaient justifiés. Non mais, quelle nulle je faisais pas!!! C'est avec René Juan que j'ai appris à relever la tête, reprenant les gestes de base, travaillant sans relâche (des fois jusqu'à huit heures du soir à former des vagues aux doigts sur Tante Agathe), c'est de cette façon que j'ai réussi ces foutus exams à mon deuxième passage. La passion du métier, c'est Monsieur Wehrli, prof de technologie qui me l'a transmise. Des heures à l'ecouter parler du métier, du cheveu, de la cliente, et une formidable dynamique, l'amour du métier, s'est enclenchée en moi. Par la suite, je suis devenue coiffeuse chez Oly, alors qu'après mon échec j'avais juré ne jamais remettre les pieds dans ce salon, et c'est là que j'ai laissé libre cours à mon sens créatif. J'ai le souvenir de rencontres avec des clients d'une rare intensité, de profondes amitiés avec certaines collègues, d'une aventure humaine renouvelée chaque jour. Des mauvais souvenirs, aussi, comme ce client dont avait raté la décoloration, qui nous menaçait d'un procès, ou cette cliente qui avait pris rendez-vous pour une coiffure de mariage, et que j'ai laissée tomber le jour J parce que j'avais préféré prendre congé pour mon anniversaire...En fait, je l'avais totalement oubliée!! C'est tout de même avec soulagement que j'ai laissé tomber ce salon, afin de pouvoir me consacrer entièrement à mon mari, à mon bébé à venir, à la ferme que nous allions reprendre.... Soulignons que cinq ans après avoir abandonné mon métier, à la question "vous faites quoi dans la vie?" je répondais encore avec fièrté "je suis Coiffeuse"...Révélateur, non???
Pégase
Pégase. c'est le dessin que j'ai choisi pour mon tatouage. Outre la beauté fantastique de ce sujet, c'était (et c'est encore aujourd'hui), le symbole pour moi de la liberté. Ma liberté. Un cheval ailé va n'importe où, n'importe quand, rien ni personne ne l'arrête. S'il se laisse dompter, s'il donne son amitié, son amour même, c'est qu'il l'a décidé. Malheur à lui s'il se trompe, essayer de le dominer lui brisera les ailes, et tel un oiseau blessé, il perdra sa dignité, se cachera dans son monde perdu, soignera ses blessures...avant de réapparaître plus fort et indépendant que jamais. Au prix que lui seul connait. Sa seule défense c'est sa liberté. Image romanesque d'une indépendance que j'aurais voulu revendiquer, dont j'aurais voulu faire preuve.... Avouons-le, j'en suis loin. Il s'avère que je suis incapable de prendre une décision seule, que j'ai besoin du regard des personnes qui m'entourent pour exister... Pathétique! mais tellement rassurant. Ne pas prendre de décisions, c'est eviter les mauvais choix, c'est rejeter la faute sur l'autre, en cas de pépin, c'est enfin se laisser guider, quitte à être entraînée dans des situation qu'on refuse... Chaque fois que mon regard se pose sur mon tatouage, je me rappelle ce besoin de liberté et d'indépendance...avant de me dire que Pégase n'est qu'un mythe, une légende, et que la vraie liberté est celle de la tête, celle de l'esprit, celle de la pensée. C'est actuellement la seule dont je dispose, la seule que j'assume. Et c'est dans cette liberté-là que je me retrouve chaque jour. Mais Pégase est tellement plus....
Evelyne
Evelyne c'est ma soeur aînée, la plus grande, celle qu'on a fini par détester à force d'être comparées à elle..."regarde ta soeur comme elle fait"..."fais comme ta soeur, c'est tellement juste"..."ta soeur est tellement sage, fais comme elle" ouais, bon elle est parfaite, moi non. tellelment parfaite que je vais la surveiller, l'épier, l'espionner même, jusqu'à ce que je la surprenne à faire une bêtise, afin de démontrer à Maman qu'elle est pas si parfaite...ça n'est jamais arrivé, bien sûr, et tant mieux, elle est parfaite, et avec le temps, je me rends compte que c'est pas sa faute. Elle est comme ça, elle y peut rien...Mais ça la met pas à l'abri des sentiments, de la souffrance, des "choses de la vie"... On peut être parfait, c'est sûr, mais la vie finit par nous faire payer cette perfection...Evelyne, je t'ai mal jugée, je le regrette, j'ai perdu tellement de temps à te détester, alors que tu es quelqu'un de bien.
Anne-Claude
Anne-Claude, c'est ma tite soeur, de quatre ans plus jeune. Les plus beaux souvenirs d'enfance c'est avec elle que je les ai. Pourtant...qu'est-ce que j'ai été méchante avec elle...jusqu'à ce qu'à l'âge de seize ans je comprenne que je lui ai fait payer ma jalousie...jalouse parce qu'un jour j'ai plus été la tite de la famille, jalouse de cette soeur que j'ai pas demandé qui m'a volé ma maman, mon papa, mes grandes soeurs...jalouse de la voir toujours contente, joyeuse même en cas de coup dur, jalouse de cette faculté à tout réussir haut la main, jalouse de tout...et tellement admirative...
Marie-Jo
Marie-Jo c'est ma soeur, plus âgée de 18 mois. C'est un pilier, un soutien indéfectible, toujours là, même en pleine galère. Oh faut pas croire qu'elle est toujours de mon avis, surtout pas... Elle me met devant mes responsabilités. elle a une façon bien à elle d'analyser les choses, de les régler... Mon souvenir le plus marquant avec elle? quand j'ai eu mon zona, à dix ans. j'étais la proie de douleurs, de brûéures épouvantables, une torture qui a duré olusieurs semaines...évidemment, je me plaignais, je pleurais, ne comprnant pas vraiment ce qui m'arrivait. Même l'étoffe d'une blouse était devenue insupportable...un calvaire. Que Marie-Jo eut vite fait de balayer avec ces mots: " Fais comme les Indiens, souffre en silence!". La sagesse à l'etat pur... C'est ce que j'ai fait, garder mes souffrance au fond de moi, essayant de ne pas me pplaindre, de faire "comme si tout va bien". Merci ma soeur, tu m'as donné une belle leçon de vie ce jour-là.
Le plus beau jour de ma vie?
voilà, on y est... Aujourd'hui je me marie.... Olivier est mignon, gentil, attentionné.... Le mari parfait, quoi. Toute la famille est réunie. Les tantes, les oncles, les grands-parents, les copains, les collègues.... Tout ce monde est venu nous apporter ses voeux de bonheur. Ma robe est magnifique, les photos sont belles, le soleil présent mais pas trop chaud... Une belle histoire commence. Mon bébé dans mon ventre bouge, il est content je pense... Bien belle journée, en effet... Qui finira très tard et bizarrement, mais ça c'est une autre histoire. Seul bug: mon fou rire au moment de m'engager à l'état civil. quelque chose qui me sera reproché si longtemps...
Mes enfants, ma force
Par eux, je vis ma vie en procuration. Pour eux, je cache mes larmes, je me bats pour que leur monde soit normal. Ils sont ma force, ma raison, mon combat. Je leur cache rien de ce qu'il m'arrive, ils savent, tout. Façon bien à moi de partager des moments pénibles, insurmontables, mais nécessaires... Je les aime, mais je les détruits, sans le vouloir, évidemment.
Le pourquoi de ce blog
Ma vie est un roman, dont les souvenirs sont livrés ici. Tout ce qui y est écrit est vrai, même si tu en doutes, parole d'honneur. Bienvenue à toi lecteur, et...accroche-toiii
C'est en août 1968 que je suis née, au cours d'un accouchement long et difficile qui a failli mettre Maman K.O. troisième fille de cette famille d'agriculteurs, je suis La déception de Maman, elle qui voulait combler son mari en lui donnant un fils... Est-ce pour cette raison que j'ai toujours cette horrible impression de ne jamais être à la hauteur de ce que l'on attend de moi?
Avril 2012: je demande le divorce, après douze longues années de reflexion, années d'enfer dans ma tête, années où je suis plus occupée à me demander ce que serait ma vie loin de cet homme qu'à essayer de le rendre heureux...de toute façon, plus la peine d'essayer, il me l'a dit si souvent, ce n'est pas moi Le bonheur pour lui, mais Karine, la compagne de son meilleur ami, celle dont on reparlera plus loin, celle par qui bien des crève-coeur sont arrivés. quoiqu'il en soit, je mets fin à une histoire qui promettait d'être merveilleuse, si....
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