Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
les-ailes-cassees-de-pegase.overblog.com

Physique et mental

20 Avril 2017 , Rédigé par Michèle

Les mois d'échanges virtuels avec Nic Le Beau m'ont aidée à apprendre à rencontrer mon corps, m'ont aidée à m'apprivoiser, m'ont appris à m'aimer. On le sait...

Mais pas seulement. J'ai réalisé au cours de ces échanges, que l'important n'est pas la forme des seins, la taille du ventre, l'apparence des fesses ou du nez...

Non. Enfin..pas autant que je ne le pensais en tous cas. Ce qui fait qu'une personne est belle, c'est l'étincelle de vie qui l'anime.

Cette petite étoile qui brille au fond des yeux...Cette confiance que la personne a en elle, qui la rend sûre d'elle, lui donne de l'assurance, lui redresse le dos, lui éclaire le teint, lui permet de'occuper l'espace à sa disposition avec assurance, aisance, maîtrise.

Cela ne s'apprend pas, on a cette étincelle, ou on ne l'a pas.

Certaines personnes naissent avec, d'autres, je dirais la majorité, apprennent à la développer au cours de leur enfance, quand ils comprennent qu'ils ont une personnalité unique, d'autres encore, passent à côté. Jusqu'à ce qu'un déclencheur les aide à la maîtriser. Ce peut être l'accomplissement d'une carrière professionnelle, une amitié hors du commun, la maternité, ou plus simplement l'amour avec un grand A.

Moi, évidemment, je ne l'ai jamais eue cette étincelle, puisque je ne suis pas cap de m'aimer assez. Mais c'était avant. 

Et puis nic Le Beau est arrivé, avec les conséquences que l'on sait. 

Lui seul m'a donné cette confiance dont je manquais cruellement. Avec ses mots, ses attitudes, ses intentions, sa patience, son expérience....

A la lecture de ses messages, je me sentais pousser des ailes.... Je me sentais belle dans ses yeux, à travers son regard. Je me sentais désirée, désirable, femme. Comme jamais auparavant. 

Penser à lui, à ce qu'il  me disait, à ces envies qu'il avait de me faire découvrir un monde inconnu me donnait un sentiment de puissance que je n'avais ressenti avant, que je ne ressentirai jamais plus je pense. 

Cela se voyait, se percevait dans ma façon de me mouvoir, d'occuper mon espace, dans mon regard, dans mes gestes.... J'en avais conscience au contact des gens que je croisais. On se retournait sur moi dans la rue, on m'abordait certaines fois, et il a manqué de peu qu'on m'offre un verre une fois ou l'autre, j'y pense maintenant, j'aurais dû sortir plus à cette époque....

Bref, de personne triste, grise, insignifiante et terne, j'étais passée en quelques mois à une femme sûre d'elle, de son pouvoir de séduction, animée de cette étincelle qui fait toute la différence. 

Je me sentais belle, pleine d'assurance, prête à en découdre avec ce monde qui me faisait si peur, et que je ne comprends toujours pas. La chenille repoussante avait enfin été remplacée par un papillon je dois l'avouer, assez bluffant.

Perdre Nic Le Beau fut l'expérience la plus tragique de ma vie. Au delà de ce que j'ai vécu avec mon mari, au delà des drames qui ont touché mes enfants, au delà que tout ce que j'aurais pu imaginer. Mon monde s'est écroulé, qu'il soit intérieur ou extérieur. Tout s'est liquéfié en moi, au sens littéraire du terme. Je ne suis plus qu'une flaque d'émotions dans le fond de mon ventre. L'architecture complète qui me tenait debout n'est plus. 

Et c'est là qu'on constate que mon intérieur est vide. Que je suis incapable de me construire seule. Que je ne vis qu'à travers les yeux de ceux que j'aime, que la coquille qui me protège n'est faite que de rêves inaccessibles et de contes de fées utopiques. 

Une fois de plus, je constate que je n'ai rien à donner, et cela, plus que jamais, se voit. 

Je suis redevenue cette personne triste, grise, terne, et ignorée. Ce qui fait que le regard des aurtres, principalemnt celui de ceux que j'aime, ce regard là ne se pose plus sur moi. 

Moins je sens ce regard sur moi, et plus je me fane. C'est comme ça. Plus je me fane et moins j'aurai ce regard.

C'est le serpent qui se mord la queue. Et ça me terrorise. Je sais ce que tu vas dire cher lecteur....que je n'ai pas besoin de ce regard pour me sentir vivante, que je ne dois vivre que pour moi, pas pour ou par les autres, que ma confiance est en moi, qu'elle vient de moi, que c'est suffisant pour affronter ce monde.....je connais ce discours, valable pour les gens normaux comme toi, qui ont la niaque, qui ne sont pas handicapés des sentiments.

Ce discours tout fait ne s'applique pas à moi, me demande pas pourquoi, relis simplement mes articles précédents, tu comprendras. 

A l'heure actuelle, je suis redevenue cette petite fille qui a honte d'elle. Cette ado dégoutée par son corps. Cette femme soumise, réduite à n'être qu'un objet de railleries et d'humiliations. Cette maman perdue, incapable de trouver en elle la force de faire face aux difficultés de la vie. 

Bref, je suis redevenue celle d'avant Nic Le Beau. Ravagée par le chagrin d'avoir perdu un amour sincère, terrorisée par cette réalité qui s'ouvre à moi: 

Plus jamais je ne serai désirée. Plus jamais aucun homme ne s'intéressera à moi, sauf pour mon cul, mais le mien ou un autre, ce n'est pas moi qui ferai la différence. 

Ce ne sont pas les séances de psy qui vont me faire changer d'avis. 

Cet homme que j'ai cru, n'aura été finalement qu'une parenthèes ouverte  par le Destin, qui, dans son grand sens de l'humour a décidé de me faire entrevoir ce qu'aurait pu être une vie normale pour moi. Avant de la refermer, à tout jamais. 

Me reste dans la bouche, dans mon âme, le goût amer de ces ailes qui me sont poussées trop vite, qui se sont évanouies si subitement. Le souvenir de ce que j'aurais pu être, de ce que j'aurais pu avoir, de ce que j'aurais pu vivre. 

Tout ce dont j'ai rêvé, je sais que Nic me l'aurait donné. Il en avait l'intention, il en avait les mots, les attitudes, les projets. 

Qu'il soit un pervers narcissique ou qu'il ait été sincère n'a pas grande importance, de toute manière je l'ai perdu, et rien ni personne ne m'apportera ce qu'il m'a donné pendant ces 14 mois d'échanges et de partages. 

L'impression d'avoir trouvé celui qui enfin me complète. Le sentiment d'être enfin à ma place, dans les bras et le coeur d'un homme qui m'aurait respectée, aimée, protégée. Le plaisir d'une quête enfin aboutie, lillusion d'avoir enfiin trouvé ma place. 

Me revoilà seule, avec ce vide au fond de moi. Cette flaque d'émotions dans mon ventre, insaississable, inutile, encombrante. 

Le plus dur n'est pas de l'avoir perdu, non. Le plus dur est d'apprendre à vivre (survivre) sans lui. Sans ce regard, seule face à mon miroir. Oublier celle que j'ai été le temps de quelques mois. Redevenir celle que je suis depuis ma naissance. Une personne sans intérêt, sans rien  à donner, envahissante telle les nuisibles, et accepter que c'est mon Destin. 

Réapprendre à vivre sans rêves, sans amour, sans partage. 

Surtout ne plus penser. Survivre, c'est tout.

 

 

 

 

Lire la suite
Publicité

Culpabilité

19 Avril 2017 , Rédigé par Michèle

Tomber par hasard sur une photo de Matthias et Océane alors qu'ils fêtent leurs 3 et 4 ans, c'est me replonger dans les vécus de cette époque.....

C'est revivre la fierté d'être la maman comblée de deux petits monstres adorables et plein d'innocence.

C'est refaire tous ces rêves que j'avais pour eux à l'époque. C'est me rappeler mes efforts pour être cette maman aimante, présente, rassurante que j'aurais tant voulu être.

C'est me remémorer ces heures de combat pour faire d'eux des adultes responsables, en leur montrant l'exemple, en leur expliquant que dans la vie on a toujours le choix de faire du mal ou du bien, en leur inculquant le respect, la compréhenson de l'autre, l'ouverture d'esprit.

C'est revivre ces années d'enfer qui ont suivi. mes colères, mes doutes, mes décisions, la façon lamentable dont je les ai guidés, laissés tomber, livrés à eux mêmes. 

Je rêvais d'une famille unie, j'en ai fait une une explosion. Chaque élément est allé s'écraser au plus loin l'un de l'autre, parce que je n'ai pas su les unir par les liens du sang. 

Je me remémore ces deux ptits bouchons, en pleurs pour une raison quelcoque,mais que je n'avais pas le temps de consoler...je revis ces appels à l'aide de leur part, sans réponse de moi, leur maman.

Il aurait fallu que je passe leur bien être avant tout le reste. Avant le travail, avant leur père, avant les vaches, avant mon bienêtre, avant les soucis d'argent, avant le énage à faire, avant le regard de ma famille, avant le qu'en dira-t-on des voisins, avant moi, avant mes illusions, avant mes rêves.

Il aurait fallu, mais je ne l'ai pas fait.

Laisser ces 2 amours grandir seuls, sans personne pour les guider et les réconforter, c'est ce que j'appelle de la maltraitance.

Au cours de leur enfance, l'image que j'avais d'une famille heureuse et unie s'est étiolée, mes illusions sur ma capacité à rendre heureux ceux que j'ai aimés se sont envolées.

Oui, je réalise maintenant que j'ai fait de mon mieux, mais que j'ai foiré. Oh bien sûr, on en parle avec ces adorables ptits bouts de l'époque qui sont devenus 3 adultes merveilleux. Bien sûr qu'ils ont compris que j'ai fait de mon mieux, et qu'ils ne m'en tiennent pas rigueur. Bien sûr qu'ils m'ont pardonné mes erreurs et mes failles.

 Je me remémore pourtant encore tellement clairement le bruit de la clé qui tourne dans cette serrure chaque soir quand je les enfermais dans leur chambre. 

J'endends à nouveau les cris d'Océane qui me disait qu'elle ne m'aimait pas, et qu'elle préfèrerait avoir une autre maman. 

Je revois les yeux suppliants de Matthias quand il me disait qu'il ne vouolait pas que je parte et l'abandonne, mais qu'on devait divorcer d'avec son papa.

Je revis le chagrin de Julien quand il a compris que sa vie n'était pas celle qu'il méritait, son désespoir d'alors, quand il a compris que jamais sa famille ne serait normale, que jamais il ne pourrait compter sur sa maman pour grandir, mûrir, devenir un adulte responsable.

Pourtant seule la force au dessus de nous sait comme je les aime. Elle seule est témoin de mes larmes d'impuissance face à leur détresse. 

Je porte en moi la culpabilité de ne pas avoir su les amener là ils devaient arriver. Je ne parle pas des rêves de réussite professionnelle que j'ai faits pour eux. Je ne parle pas non plus de la façon dont ils gèrent leurs vies, tant bien que mal, en essayant de se cntenter de ce qu'ils ont. Je parle de n'avoir pas réussi à les accompagner sur ce chemin long, dur et ingrat qui s'appelle l'enfance. 

Je parle de mon échec à leur montrer que quoi qu'il arrive dans leur vie je serai là. Ils ne le savent pas, parce qu'ils ont grandi sans moi. 

Maintenant qu'ils sont adultes, c'est moi qui ai besoin d'eux, besoin de savoir qu'ils vont bien, qu'ils sont heureux. Besoin de m'appuyer sur leur bonheur pour trouver le mien. 

Je leur ai donné un rôle qu'ils n'avaient pas à prendre. Ils l'ont pris parce qu'ils n'avaient pas le choix. 

et je leur en suis reconnaissante, pourtant je me sens coupable de ne pas être à la hauteur. Coupable de les décevoir si souvent. Par mes rencontres, par mon attitude d'ado attardée, par mon inconséquence. 

Coupable de fondre en larmes devant eux, cherchant leur épaule solide, que je sais pourtant si fragile. 

Coupable de mon besoin d'amour, d'être reconnue, d'être protégée et choyée. 

Je leur demande ce que je n'ai pas réussi à leur donner. 

Objets de mes satisfactions personnelles, je psse à côté de leurs vies, parce qu'au fond, on le sait bien, seule compte à mes yeux ma petite personne. 

Coupable d'égoïsme, je leur prends ce dont ils ont manqué si souvent durant leur enfance.

Où ce besoin d'amour va-t-il me mener? 

Combien de personnes encore vais je perdre à force de pomper ce que je n'arrive pas à trouver chez moi, en moi?

Combien encore de larme sur ces personnes auxquelle je m'attache et qui me laissent tomber sans un mot, sans explication, sans au revoir?

Combien de temps enfin, avant que mes trois amours, la chair de ma chair, le sang de mon sang, mes 3 enfants ne se rendent enfin compte que je ne suis pas celle qu'ils pensent? ne réalisent que tant qu'ils me feront une place dans la vie ils n'avanceront pas? ne décident finalement de m'abandonner, comme tous les autres,?

Faudra t'il que je prenne les devants, et ne sorte définitivement de leurs vie, sans bruit, sans éclat, juste par la petite porte??

Aurai-je ce courage? 

Ou alors vais-je attendre de les regarder partir, s'éloigner sans un regard, au vu de tout le mal que je leur ai imposé?

Je sais déjà que je ne m'en remettrai pas. Les perdre, c'est perdre toute raison de vivre, de m'accrocher, de me battre. Tout ce que j'ai lutté jusqu'à présent c'est pour eux que je l'ai fait. 

Cela en valait-il la peine???????

 

 

 

Lire la suite

enfance

17 Avril 2017 , Rédigé par Michèle

Quand je regarde en arrière, je revois la petite fille que j'étais. et c'est as joli joli.

Je me rappelle très mal de ma petite enfance...Maman en train de crier de douleur, Papa à courir dans tous les sens dans la cuisine parce que le bébé arrive, et il ne sais pas ou trouver la chemise de nuit à mettre dans la valise pour le départ à la maternité.....C'est je crois mon plus ancien souvenir, j'ai presque 4 ans, et ma vie va changer radiaclement avec l'arrivée de cette petite soeur que je n'ai pas demandée. 

Finis les câlins de Maman, les chatouilles de Papa, je suis grande maintenant, et il a ce bébé qui prend toute la place. Mes grandes seurs sont de vraies petites mamans avec ce bébé, elles sont aussi très gentilles de racuspéter mes bêtises....on me gronde quand je coupe mes cheveux, quand je n'ai pas envie de ranger ma chambre, on me fait des reproches quand je fait un coloriage parce  que ce n'est pas joli de presser avec les crayons de couleur sur le papaier. Ce n'est pas juste comme je fais, je suis nulle, je ne me donne pas assz de peine, je dois faire comme il faut, sinon mon dessin ne sera pas beau. Soit. Je comprends à ce moment que pour faire partie de la famille, je n'ai pas le droit de faire comme moi ça me plait, que pour me faire accepter, je dois faire comme on me dit, même si ça me plait pas. 

Je n'aime pas la couleur de mes cheveux, je ne ressemble pas à mes soeurs... Je n'aime pas leurs jeux, jouer à la petite maman avec une poupée qui ne bouge pas, c'est inintéressant au possible. J'aimerais aller jouer dehors, dans la forêt, avec Troutrou (le fils du voisin, de 6 ans mon aîné). Il connait la forêt, les oiseaux, les animaux, il connait tout. Mais une fille ne traîne pas avec un garçon, ça ne se fait pas. 

Alors je joue avec la petite planche à repasser et le petit fer assorti.je m'ntraîne à repasser....mais ce n'est pas juste comme je fais. Il reste des faux plis sur les mouchoir de papa. Je ne suis pas une bonne fille, je ne trouverai jamais de mari, je n'aurai jamais d'enfants. Pas commme mes deux soeurs ainées...je dois prendre exemple sur elles, elle sont parfaites. 

A l'école, je n'ai pas une jolie écriture comme les autres. Les boucles de mes lettrs sont cochonnées, mes cahiers mal tenus, sales et illisibles. Alors que mes soeurs ont de bonnes remarques sur leurs cahiers, moi je récolte les mauvaises notes. Je m'applique pour retenir ces mots de voc, mais ils ont de la peine à entrer dans ma tête.....

C'est parce que je ne me concentre pas, et c'est mal..."Concentre toi Michèle ou tu n'arriveras à rien...Fais comme tes soeurs, elles y arrivent, tu dois y arriver aussi..."

Euh... Comment on fait pour se concentrer??? 

Je ne suis pas une gentille fille parce que je ne  m'occupe pas de ma petite soeur. Je ne suis pas une bonne fille parce que je ne vais pas aider papa à rentrer les vaches. Je ne suis pas normale, parce que mon écriture est sale. 

Mes soeurs font tellement mieux que moi...pourquoi est ce que je ne fais pas comme elles?? 

J'envie leur aisance à faire les choses. leur complicité. Ce qui lie Maman à evelyne, parce qu'elle se lève toujours pour aider, elle a le droit de récurer le fond de la cuisine, parce qu'elle fait comme il faut. moi j'ai essayé une fois, je me suis faite gronder parce que j'ai mal essoré la panosse et il y a eu de l'eau partout. alors je n'ai pas le droit d'aider, et faut pas que je m'approche de ma petite soeur, je pourrais lui faire du mal. 

Je suis jalouse du temps que Marie Jo passe avec Papa. Elle est toujours avec lui, elle a de la force, elle sait ce qu'il y a à faire, elle a du cran...c'est un peu le fils que Papa n'a pas eu. Je n'ai pas le droit d'aller aider Papa moi. la dernière que j'ai essayé, une vache m'a shootée, et je me suis cassé la clavicule. je ne sais pas traire, pas conduire le tracteur, pas cuisiner, pas écrire, je ne sers à rien, je ne sais rien faire. A part rêver. 

Rêver à un monde ou je serais l'égale de mes soeurs. Une vie ou quand je trouve une fleur jolie, mes soeurs sont d'accord avec moi, une enfance ou quand j'ai une idée, mon entourage est fier de moi.

Un monde ou  personne ne se moque de moi. Dans lequel je suis appréciée (on va pas aller jusqu'à rêver de respect hein ;-) ). Un monde ou j'ai e droit d'être juste moi même.

Soit. Je ne peux pas être moi, avec mes idées farfelues et mon coeur d'artichaut...tant pis, je vais devenir celle qu'on veut que je sois. La gentille fille qui obéit et fait son possible pour ressembler à ces soeurs si parfaites. 

La seule chose chez moi qui ne semble pas déranger les autres, c'est mon humour. Ma faculté à me ridiculiser pour faire rire les autres. Ce côté bouffonne, sans respect, aucune limite dans mes humiliations. Je fais rire, et c'est avec ça que je vais trouver ma place. 

Ma marque de fabrique. Taire cette sensibilité qui souffre dans ce monde injuste, et faire rire la galerie. Qu'importe su moi endedans je suis en larmes, le plus important c'est la joie des autres...

Leur joie de se sentir supérieurs face à mes erreurs. Leur sentiment de toute puissance au moment ou tous réalisent qu'il suffit de m'écraser pour exister. 

Les humiliations acceptées, en famille ou à l'école, ne sont que le reflet de mon besoin d'être aimée. Marie Jo ne s'en prive pas....("tu n'es pas un homme, un vrai, fais comme les indiens, souffre en silence...t'est trop femme arrête de te plaindre...."). Je ne lui jette aucune pierre, elle n'a fait que s'engouffrer dans un créneau ouvert.  Mes copains d'école non plus ne se privent pas... Je me revois enfermée dans le buffet au fond de la classe, attendant qu'un héros vienne me libérer, en général c'est le prof fâché sur moi qui ouvre la porte du palcard. 

Les boules de neige lancées dans le dos ou sur les fesses parce que je suis "La Grosse Sandoz" je ne les sens pas, on s'amuse à me viser...c'est très drôle, toute la classe rigole, alors moi aussi...

Michèle c'est cool, on peut tout lui faire....

Tant pis si elle souffre en dedans, elle rigole, alors on continue...

C'est de cette manière que j'ai réussi à me faire accepter par ce monde qui m'entoure....prendre le rôle que tout le monde attend que je prenne, et tant pis si ça me plait pas. j'ai besoin d'être aimée...ce que j'ai en dedans ne convient as, alors je me plis aux diktats de mon entourage. 

Quitte à oublier celle que je suis. 

Mon défi à l'avenir, c'est retrouver celle je suis. me réapprendre, retrouver ma vraie personnalité. quitte à décevoir ma famille, mais ce rôle que j'ai endossé ne m'a amené que des ennuis. 

Retrouver l'essence qui coule en moi. Assumer ma différence, en faire une force...

Morte de trouille, mais je n'ai pas le choix. C'est ça ou je continue à m'autodétruire. 

 

Lire la suite

Fantomes

15 Avril 2017 , Rédigé par Michèle

En "grave" dépression depuis bientôt 6 semaines, le temps est sérieusement venu de me pencher sur mon passé.

 Prendre dans mes bras la petite fille honteuse dont toute la classe se moque en la montrant du doigt, parce qu'elle suce encore son pouce....la réconforter, la consoler, lui dire que non, le monde n'est pas foncièrment méchant...

Expliquer à la même fillette que c'est pas grave si elle n'est pas comme ses soeurs, si elle a un esprit libre, si elle fait pas correctement ce qu'on lui demande, si elle est pas sage, si elle est blonde et pas brune. Lui dire que moi je l'aime quand même, et que son coeur est beau, que son âme est unique...

Montrer à cette préado laide et grosse qu'elle n'est pas obligée d'accepter les pires humiliations pour entrer dans un groupe, et se faire apprécier. Son humour suffit. 

Rencontrer cette ado en manque d'amour et d'identité, la rassurer sur sa personnalité si spéciale, lui dire que non, elle n'est pas handicapée, elle est juste différente dans sa tête. Que c'est sa force, son pouvoir, sa croix.

Emmener cette jeune fille loin dans ses rêves d'alors. lui faire comprendre que oui, elle mérite une vraie histoire d'amour, qu'il est urgent qu'elle arrête de perdre son temps avec ces gens qui se servent d'elle pour se rassurer sur leur pouvoir de manipulation.

Soigner cette jeune femme terrorisée par ce compagnon violent qui la bat, l'humilie, la terrifie. L'aider à réaliser que ce n'est pas elle qui a un problème, mais qu'elle a affaire à un homme dangereux, l'aider à dire STOP à ces coups, ces viols, ces vols d'identité et de personnalite. L'empêcher de se ruiner par peur des représailles...

Revivre ce passé, avec d'autres yeux que les miens, d'autres ressentis que ceux de l'époque, c'est arriver à comprendre.

Comprendre pour quelles raisons j'ai toujours eu honte de ce que je suis. 

Comprendre de quelle façon j'ai réussi à faire autant d'erreurs, réussir à les assimiler, les assumer, me pardonner. 

Comprendre pour casser cette spirale infernale remplie de doutes, de hontes, de déceptions dans les yeux de ceux que j'aime. 

Comprendre pour affronter ce passé plus récent, ma vie de femme, d'épouse, de maman, cette vie menée au mieux, mais tellement ratée. 

Comprendre pour apprendre à me pardonner tout ce mal que j'ai fait, tout ce bonheur que j'ai volé, toutes ces larmes que j'ai faites couler. 

Comprendre enfin pour me libérer. Pour enfin n'être que moi même. Faire fi de l'image ancrée en moi de cette femme parfaite à mes yeux que je n'ai jamais été, que je ne serai jamais. 

Puisque par lâcheté je suis incapable de mettre fin à ce calvaire que certains appellent la vie, il faut bien continuer à vivre, justement. Autant le faire le plus sereinement possible. Et pas de sérénité sans remise en question de tout ce qui m'a été inculqué, de tout ce que j'ai assimilé, de tout ce que j'ai cru bon de mimer. 

C'est morte de trouille que je vais revenir sur cette vie fausse, mensongère, luopée. Mais je n'ai pas le choix. 

Va falloir que je m'y replonge, non pour pleurer, au contraire. Simplement dans le but d'apprendre à m'accepter, à m'aimer, à me respecter. C'est le seul moyen d'arriver à ne plus penser à hier, de ne pas prévoir demain, mais de juste vivre aujourd'hui. M'aimer pour aimer correctement les autres. 

Ouvrir mon coeur. A la petite fille que j'étais, à la femme que je suis,  la vieille que je serai. 

Et par là, à tous ceux qui, de près ou de loin, aurint envie de m'accompagner sur cette dernière partie de ma vie.

Revivre ces douleurs, pour ne plus les ressentir.Cicatriser ces blessures, pour faire peau neuve. Apprendre à me connaître, pour enfiin, profiter de ce qui m'est donné.

Des années de travail m'attendent,  pour tourner la page sur ces années de galère. Pour enfin, laisser dormir ce passé, et m'ouvrir à l'avenir. 

Le plus grand défi de ma vie, mais celui dont je pense je serai le plus fière. 

Ca fait peur, et ça fait mal. Mais l'espoir et le détermination sont là, alors je me lance...

 

 

 

 

Lire la suite
Publicité