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Culpabilité

19 Avril 2017 , Rédigé par Michèle

Tomber par hasard sur une photo de Matthias et Océane alors qu'ils fêtent leurs 3 et 4 ans, c'est me replonger dans les vécus de cette époque.....

C'est revivre la fierté d'être la maman comblée de deux petits monstres adorables et plein d'innocence.

C'est refaire tous ces rêves que j'avais pour eux à l'époque. C'est me rappeler mes efforts pour être cette maman aimante, présente, rassurante que j'aurais tant voulu être.

C'est me remémorer ces heures de combat pour faire d'eux des adultes responsables, en leur montrant l'exemple, en leur expliquant que dans la vie on a toujours le choix de faire du mal ou du bien, en leur inculquant le respect, la compréhenson de l'autre, l'ouverture d'esprit.

C'est revivre ces années d'enfer qui ont suivi. mes colères, mes doutes, mes décisions, la façon lamentable dont je les ai guidés, laissés tomber, livrés à eux mêmes. 

Je rêvais d'une famille unie, j'en ai fait une une explosion. Chaque élément est allé s'écraser au plus loin l'un de l'autre, parce que je n'ai pas su les unir par les liens du sang. 

Je me remémore ces deux ptits bouchons, en pleurs pour une raison quelcoque,mais que je n'avais pas le temps de consoler...je revis ces appels à l'aide de leur part, sans réponse de moi, leur maman.

Il aurait fallu que je passe leur bien être avant tout le reste. Avant le travail, avant leur père, avant les vaches, avant mon bienêtre, avant les soucis d'argent, avant le énage à faire, avant le regard de ma famille, avant le qu'en dira-t-on des voisins, avant moi, avant mes illusions, avant mes rêves.

Il aurait fallu, mais je ne l'ai pas fait.

Laisser ces 2 amours grandir seuls, sans personne pour les guider et les réconforter, c'est ce que j'appelle de la maltraitance.

Au cours de leur enfance, l'image que j'avais d'une famille heureuse et unie s'est étiolée, mes illusions sur ma capacité à rendre heureux ceux que j'ai aimés se sont envolées.

Oui, je réalise maintenant que j'ai fait de mon mieux, mais que j'ai foiré. Oh bien sûr, on en parle avec ces adorables ptits bouts de l'époque qui sont devenus 3 adultes merveilleux. Bien sûr qu'ils ont compris que j'ai fait de mon mieux, et qu'ils ne m'en tiennent pas rigueur. Bien sûr qu'ils m'ont pardonné mes erreurs et mes failles.

 Je me remémore pourtant encore tellement clairement le bruit de la clé qui tourne dans cette serrure chaque soir quand je les enfermais dans leur chambre. 

J'endends à nouveau les cris d'Océane qui me disait qu'elle ne m'aimait pas, et qu'elle préfèrerait avoir une autre maman. 

Je revois les yeux suppliants de Matthias quand il me disait qu'il ne vouolait pas que je parte et l'abandonne, mais qu'on devait divorcer d'avec son papa.

Je revis le chagrin de Julien quand il a compris que sa vie n'était pas celle qu'il méritait, son désespoir d'alors, quand il a compris que jamais sa famille ne serait normale, que jamais il ne pourrait compter sur sa maman pour grandir, mûrir, devenir un adulte responsable.

Pourtant seule la force au dessus de nous sait comme je les aime. Elle seule est témoin de mes larmes d'impuissance face à leur détresse. 

Je porte en moi la culpabilité de ne pas avoir su les amener là ils devaient arriver. Je ne parle pas des rêves de réussite professionnelle que j'ai faits pour eux. Je ne parle pas non plus de la façon dont ils gèrent leurs vies, tant bien que mal, en essayant de se cntenter de ce qu'ils ont. Je parle de n'avoir pas réussi à les accompagner sur ce chemin long, dur et ingrat qui s'appelle l'enfance. 

Je parle de mon échec à leur montrer que quoi qu'il arrive dans leur vie je serai là. Ils ne le savent pas, parce qu'ils ont grandi sans moi. 

Maintenant qu'ils sont adultes, c'est moi qui ai besoin d'eux, besoin de savoir qu'ils vont bien, qu'ils sont heureux. Besoin de m'appuyer sur leur bonheur pour trouver le mien. 

Je leur ai donné un rôle qu'ils n'avaient pas à prendre. Ils l'ont pris parce qu'ils n'avaient pas le choix. 

et je leur en suis reconnaissante, pourtant je me sens coupable de ne pas être à la hauteur. Coupable de les décevoir si souvent. Par mes rencontres, par mon attitude d'ado attardée, par mon inconséquence. 

Coupable de fondre en larmes devant eux, cherchant leur épaule solide, que je sais pourtant si fragile. 

Coupable de mon besoin d'amour, d'être reconnue, d'être protégée et choyée. 

Je leur demande ce que je n'ai pas réussi à leur donner. 

Objets de mes satisfactions personnelles, je psse à côté de leurs vies, parce qu'au fond, on le sait bien, seule compte à mes yeux ma petite personne. 

Coupable d'égoïsme, je leur prends ce dont ils ont manqué si souvent durant leur enfance.

Où ce besoin d'amour va-t-il me mener? 

Combien de personnes encore vais je perdre à force de pomper ce que je n'arrive pas à trouver chez moi, en moi?

Combien encore de larme sur ces personnes auxquelle je m'attache et qui me laissent tomber sans un mot, sans explication, sans au revoir?

Combien de temps enfin, avant que mes trois amours, la chair de ma chair, le sang de mon sang, mes 3 enfants ne se rendent enfin compte que je ne suis pas celle qu'ils pensent? ne réalisent que tant qu'ils me feront une place dans la vie ils n'avanceront pas? ne décident finalement de m'abandonner, comme tous les autres,?

Faudra t'il que je prenne les devants, et ne sorte définitivement de leurs vie, sans bruit, sans éclat, juste par la petite porte??

Aurai-je ce courage? 

Ou alors vais-je attendre de les regarder partir, s'éloigner sans un regard, au vu de tout le mal que je leur ai imposé?

Je sais déjà que je ne m'en remettrai pas. Les perdre, c'est perdre toute raison de vivre, de m'accrocher, de me battre. Tout ce que j'ai lutté jusqu'à présent c'est pour eux que je l'ai fait. 

Cela en valait-il la peine???????

 

 

 

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