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versatile?

14 Juin 2015 , Rédigé par Michèle

versatile?

On le sait, ce blog, prévu à la base pour raconter les épisodes les plus marquants de ma vie, est devenu au fil du temps une longue suite d'articles permettant à l'auteur misérable que je suis de s'épancher sur ses malheurs, se pleurer sur son sort et de se complaire dans ces situations pourtant tellement évidentes à dépasser.

Aujourd'hui, va savoir pour quelle raison cher lecteur, j'ai envie de crier mon espoir.

Rien n'a vraiment changé dans ma vie depuis mon dernier article, si ce n'est que je me force à ne plus trop m'apitoyer sur ma pauvre et triste vie.

C'est vrai qu'Olivier ne vient plus, ou alors de moins en moins, et qu'il m'a demandé de ne plus m'attacher à lui.

'est vrai aussi que mon aîné ne va pas mieux, au contraire, il cumule les nuits passées à l'extérieur, les séances de fumette, et par là le risque de refaire une crise pareille à celle qui l'a conduit en HP l'automne passé.

C'est vrai que ma fille a de nouveau raté ses examens pour son CFC, et qu'apparemment elle décroche et ne trouve pas la motivation pour continuer, que son histoire avec son ami ne s'arrange pas, et que par moments elle touche le fond.

C'est vrai encore que mon dernier n'a toujours pas de contrat d'apprentissage et que son avenir est actuellement rempli d'un brouillard épais et qui ne semble pas vouloir se déchirer pour le moment.

Mais toutes ces vérités, je ne peux rien y changer.

Je ne peux pas forcer Olivier à m'aimer, même si je pense au fond de moi qu'il est plus accro que ce qu'il cherche à me faire croire, c'est juste une question de temps (plusieurs années, mais je suis prête à l'attendre, c'est l'homme de ma vie, rappelons-le) avant qu'il ne s'en rende compte. Je reste persuadée que le destin, si cruel soit-il, va finir par nous réunir, et qu'enfin nous aurons droit à vivre pleinement cette histoire qui jusqu'à présent nous a fait tellement de mal, à moi en particulier, à lui aussi, plus que ce qu'il veut reconnaître.

Je ne peux pas interdire à mon aîné de s'autodétruire, je pense que va falloir qu'il aille jusqu'au bout de sa descente aux enfers pour trouver la force de s'en sortir. Je sais, et lui aussi , que quoi qu'il se passe dans sa vie je serai à ses côtés, mais pour le moment je ne peux qu'assister en spectatrice impuissante à sa déchéance.

Je ne peux pas obliger ma fille à recommencer un examen qu'elle pense maudit, et qu'elle redoute un nouvel échec. Je ne peux pas non plus forcer Adri à revoir son jugement à propos d'elle, même si je pense que toute cette histoire n'est qu'un ego surdimensionné blessé.

Je ne peux pas non plus forcer un chef d'entreprise à engager mon p'tit, même si par moments la tentation est grande de m'armer d'un fusil et de menacer ces patrons jusqu'à ce qu'un moins con que les autres n'engage mon poussin.

Non, je ne contrôle pas tout, à mon plus grand regret. Et je pense par moments que c'est la raison pour laquelle j'ai pareillement de peine à accepter ces situations.

Je me suis toujours mêlée de la vie de ceux que j'aime, à vouloir tout contrôler, à me sentir utile même quand je foirais mes ingérences.

Apprendre à lâcher prise et accepter ce qui vient, c'est facile à dire, mais pas forcément à faire...

Pourtant je sais que mon salut viendra de là.

Et je suis bien décidée à y arriver.

Je sais que ce sera long et difficile, faudra que je me fasse violence pour ne plus essayer de changer le cours des choses.

Mais va savoir pourquoi cher lecteur, je me sens gonflée à bloc.

Bien décidée à y arriver.

Je sais bien que des torrents de larmes me guettent encore, que ces moments où je désespère au point de vouloir en finir seront encore présents pendant un bon bout de temps, mais je ne lâcherai rien.

C'est vrai que ça fait du bien de se plaindre, mias ça ne fait rien avancer.

Les choses qu'on peut changer, on les change. Les choses qu'on peut pas changer on les accepte. Ou pas mais ça sert à rien de s'arrêter dessus, à part perdre son énergie et se faire du mal.

Reste à s'y mettre. De tout son coeur, de toute ses forces, de toute son âme.

Ce qui tue pas rend plus, et pour le moment je respire encore, logiquement, j'ai plus de force qu'hier. mais moins que demain.

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perdre pied

1 Juin 2015 , Rédigé par Michèle

perdre pied

Au moment où j'écris ces lignes, plus rien ne sera jamais comme avant. Le regret et la culpabilité font, depuis bien longtemps partie de ma vie, tels des anges déchus gardiens de mon âme, prêts à la moindre occasion à me rappeler le mal que j'ai fait autour de moi.

Chaque fois que je me repose en savourant un moment de calme et de sérénité, ils sont là, à venir me torturer, à s'insinuer dans mes pensées, à me remettre en mémoire telle image d'un de mes enfants malheureux, ou au contraire, l'image d'un Olivier C. heureux comme jamais...dans les bras d'une autre.

Une affaire s'arrange dans ma vie? Pas de problème, ils m'envoient tout de suite une galère supplémentaire pour me rappeler que la vie et le destin m'ont choisie comme jouet de leur cruauté.

Mon fils aîné, qui semblait se remettre gentiment de sa mésaventure en HP, n'a en fait rien réglé du tout, s'enfonce de plus en plus dans ce monde qui n'est pas le nôtre, n'essaie même pas de trouver de l'aide pour s'en sortir, ou s'adresse aux mauvaises personnes.Persuadée qu'il souffre d'autre chose que simplement un désir ardent de s'autodétruire, j'ai fait mon possible pour lui venir en aide, l'emmenant chez sa psy, surveillant de loin ses activité grâce à ses copains qui me renseignent, me privant de sommeil pour passer le temps qu'il faut pour le convaincre de retourner voir sa psy, pour qu'il continue son traitement, pour qu'il réalise qu'il est mal, essayant de le guider du mieux que je peux dans mon rôle de maman, jusqu'à en tomber malade.

Peine perdue. Le seul résultat que j'ai obtenu, ce sont des insultes (mises depuis tellement longtemps dans sa bouche par son père), et des coups, des menaces de mort et des messages humiliants, malhonnêtes et obscènes.

C'est vrai qu'il a 22 ans bientôt, et qu'il est majeur. Responsable de ses actes, je le sens capable de tout dans ses crises de rage, et tremble devant ce qui risque d'arriver. Mais je n'y peux plus rien. Refusant de même voir, il a même été jusqu'à me menacer de mort si il me croisait sur mon service.

Même pas peur, ce qui doit arriver arrivera, mais trop mal de le voir dans cet état, de savoir que n'importe quelle autre maman au monde aurait su venir à son aide, n'aurait jamais laissé la situation s'installer, dégénérer, serait partie quand les enfants étaient encore petits, leur épargnant tellement de souffrances inutiles.

Moi pas. Matthias, ce ptit bonhomme écorché par je ne sais quelle histoire avant sa naissance, et un vrai cabossé.

Par ma faute. Par ma négligence. Par mon égoïsme. J'ai fait du mal, et je peux pas réparer, au contraire, plus je vais essayer de réparer, plus je vais faire du mal.

Pareil pour Olivier C. Plus je vais essayer de me rapprocher, plus il va s'éloigner. Il est loin les temps des sms enflammés dans lesquels il me disait *femme de sa vie*, il me racontait tout l'amour qu'il avait pour moi, il me faisait des promesses d'avenir commun....

Cette situation me déchire le coeur, chaque fois que j'y pense. Et j'y pense tout le temps. Je rêve de le voir revenir, de le savoir prêt à nous redonner une chance, tout ce que je récolte, ce sont de temps à autre un sms poli, à la limite de l'impersonnel.

Il me l'a dit, il a arrêté de croire à notre histoire, parce que trop de monde s'en est mêlé voici 3 ans maintenant.

Pourtant à mes yeux il reste cet homme merveilleux, auquel je tiens encore plus qu'à la prunelle de mes yeux, cet homme que je suis incapable de lâcher, cet homme....

Je refuse d'imaginer l'avenir sans lui, parce que sans lui je ne suis rien.

Je sais que ça sera le dernier de ma vie, le dernier à me regarder avec des étoiles dans les yeux, le dernier à caresser mon corps avec tendresse, le dernier à partager mon lit, ma vie, mes joies ou mes chagrins.

Et pourtant je sais qu'il ne reviendra pas.

Comment arriver à accepter cette solitude? comment pouvoir enfin m'endormir seule sans larmes dans ce grand lit si froid et si vide?

Comment réussir à faire face à la vie tout court sans cette force qu'il me communiquait?

C'est une souffrance que de l'imaginer faire sa vie sans moi, une torture de le penser dans d'autres bras que les miens. Je me réveille souvent en sueur, dans un brouillard piteux après une rêve récurrent qui me mets en scène avec lui, riant comme un enfant parce qu'enfin heureux aux côtés d'une fille tellement plus jeune plus belle et plus fraîche que moi. Rêve? cauchemar? prémonition?

Je sais pas. je ressens juste cette douleur de la trahison, de l'abandon, de la solitude.

Ma force, longtemps elle venait de lui, de sa capacité à me rassurer, de sa façon de me respecter, de ses sentiments à mon égard.

Je l'ai perdu, et suis morte de trouille. Affronter ce monde que je comprends pas sans lui à mes côtés, j'y arriverai pas.

Oh bien sûr, les jours vont s'égrener les uns après les autres, et ça je suis prête à les laisser glisser sur moi. Mais dans les moments de galère, quand j'ai besoin qu'on me serre fort dans des bras sécurisants, Je sais qu'il n'y aura personne. ET CA ME FAIT PEUR!!!

Oh j'ai bien Julien et Océane sur lesquels je peux compter, mais ça n'est pas leur rôle, ils ont leurs problèmes aussi.

Océane se débat avec son CFC qui n'est toujours pas accordé, Julien avec une place d'apprentissage qui tarde à lui être attribuée. Les filles, les potes, une vie d'ado, il peine à trouver sa place dans ce monde qui bouge, mais ne se décourage pas. il y arrivera, j'en suis persuadée.

Le fait de savoir que j'ai trois enfants et qu'aucun n'a pour le moment aucun avenir, professionnel ou personnel, me ramène à mes responsabilités.

Qu'a-je été pour une mère, coupant ainsi l'élan de ses enfants?

Le fait est là. ils sont incapable de s'insérer correctement dans la société, parce que je les ai bridés, attachés, culpabilisés à chacune de leur tentative d'émancipation.

Pour leur bien, j'ai toujours essayé d'agir positivement dans leurs vies.

Avec le succès que l'on connait.

Leurs échecs sont cuisant, pour eux comme pour moi. Je n'ai pas su leur insuffler la confiance en eux dont ils ont besoin. Mes cris et mes ordres les ont tout simplement brisés.

Ils disent pourtant que je n'y suis pour rien, mais je sais bien que c'est pas vrai.

Avec une autre maman, ils seraient bien dans leur peau, bien dans leur vie.

Seule à faire face à leur éducation (on se souvient de la démission de leur père), j'ai fait au mieux, malheureusement ce mieux était le pire pour eux.

Et quand ils le réaliseront, je les aurai définitivement perdus.

J'ai déjà perdu Matthias, Océane commence à se lasser de mes sms pleins de jérémiades auxquels elle répond pourtant avec une patience infinie. Mais je sais qu'elle en a marre de prendre ce rôle de *parent*, à me rassurer chaque soir.

Julien, avec son jeune âge, se rend compte de mes erreurs, mais les accepte, il est le pilier de mon monde actuellement. Mais lui et moi savons qu'il souffre à chaque faiblesse de ma part, et que tout ça doit changer. Et ça ne sera que dans la colère qu'il arrivera à se détacher de moi.

Je vais, comme Olivier, les perdre tous les trois. Je le sais et ne peux rien y faire.

Seule, c'est le mot qui définit le mieux mon avenir.

Personne à qui confier mes doutes, mes peurs, mes terreurs.

C'est pas plus mal si on regarde tout le mal que j'ai fait à ceux que j'aime, à ceux qui m'aimaient.

Me restent les larmes, le chagrin, le regret, et Marius, ce nounours hérité de Charlotte voilà déjà tant d'années.

Et un coeur qui refuse de s'arrêter de battre. Des pensées toujours plus douloureuses, qui je le sens m'entraînent sur une pente que je pense je serai incapable de remonter.

Je deviens folle et là encore, y'a rien à faire pour que ça change.

ET JE SUIS MORTE DE TROUILLE.

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