Etat liquide
L'abandon de Nic Le Beau m'a laissé à terre. Penser à lui, plus de 3 semaines après son dernier message, me liquéfie de l'intérieur...Un mur s'écroule en dedans chaque fois que je revois sa photo, pour finir en flaque au fond de mon ventre. Accompagné de tremblements, disparition de mes forces, battements accélérés de mon coeur, respiration haletante....les symptomes physiques sont là, je ne les invente pas.
Comment cette relation virtuelle à présent terminée peut elle me mettre dans un état pareil??
A force de réflexion, j'ai réalisé que si Nic Le Beau me manque, et que je n'arrive pas à l'oublier, son abandon n'est pas seul responsable de mon état. Il est comme on dit chez nous, l'arbre qui cache la forêt, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase....
J'explique. Nic Le Beau fut d'un grand soutien, je refais pas le topo, j'en parle assez dans mes derniers articles....je me suis appuyée sur lui, croyant qu'au dela de la vision de mon image qu'il a réussi à changer, c'est mes blessures intérieures qu'il guérissait.
C'était sans compter que mon vécu n'allait pas se laisser oublier aussi facilement.
Au delà de tout ce que Nic Le Beau m'a apporté dans la découverte de ma sexualité et de mon pouvoir de séduction, il a été un roc sur lequel je me suis appuyée pour continuer à assumer mon passé. Longtemps ce fut Olivier C., mais après notre rupture, c'est Nic Le Beau qui a fait office de point d'ancrage dans ma vie dévastée.
Le perdre, c'est non seulement perdre l'espoir de vivre un jour tout ce dont j'ai rêvé de vivre avec un homme, c'est avant tout, perdre cette sécurité que tout allait enfin bien se passer désormais.
Le perdre, c'est me retrouver seule, avec mes démons, mes regrets, mes angoisses. C'est voir revenir en courant ce passé que je m'épuise à fuir.
C'est enfin réaliser que je ne pourrai pas le régler seule. et que ce n'est ni un Nic Le Beau, ni un Olivier, quelqu'il soit, qui m'aidera à accepter mes erreurs, et assumer mon passé.
J'ai besoin de quelqu'un d'extérieur, quelqu'un qui ne me jugera pas, quelqu'un dont c'est le métier.
Soit....c'est donc complétement paumée que je prends rdv chez le médecin....en burn out total, somnifères, antidépresseurs, psychothérapie....tout est mis en place pour me remonter, physiquement autant que mentalement.
Bine décidée à enfiin vivre sereinement les années qu'il me reste, il va falloir fournir un effort surhumain pour revenir sur tout.
Mon enfance, perdue entre mes oseurs au comportement exemplaire et mes efforts pour leur ressembler....mon adolescence, passée avec un mec immature qui n'a pas su me donner la confiance en moi dont j'avais besoin....mon histoire avec Vait, qui m'a terrorisée au delà de ce que l'imaginaire peut concevoir...mon mariage, et cette descente aux Enfers, lente mais sans espoir de retour.... Mon départ, la perte de mes deux grand, la culpabilité de ne pas avoir été la maman dont ils avaient besoin, les efforts fournis pour trouver un travail, faire mes preuves, faire ma place au milieu de ces collègues machos, brutes, mais si touchants. mon amitié avec Nico, ce lien qui nous unissait, mais qui, sans raison m'a laissée tomber du jour au lendemain. Ma perte dans les bras de mecs qui, s'ils n'ont pas été si nombreux que ça, ne m'ont apporté aucun réconfort, au contraire...maon image que j'ai actuellement, celle d'une femme, même pas mère, juste sale, traînée, déchéante..........
Oui, mon passé est lourd de mes erreurs, de mes errances, de mes fautes.
mais je n'ai pas le choix.....si je veux aller meux un jour, je vais devoir tout affronter. ça je l'ai compris. Et je suis morte de trouille...
L'abandon de Nic Le Beau, dans ce qu'il a de plus brutal, m'a au moins peris de prendre conscience que le moment est venu de faire la paix avec mon passé.
Et juste pour ça (au delà de tout ce qu'il m'a apporté auparavant), je lui en serai toujours reconnaissante.
Sauf que je n'ai aucun moyen de le lui démontrer....
froid
Une fois de plus, cher lecteur, c'est une pluie de larmes qui accompagne mon texte. Moi qui avais juré ne plus jamais verser de larmes pour un homme, quelqu'il soit, ben je suis coton. Voilà maintenant trois jours (seulement!) que je ne dors plus, ne mange plus, verse toutes les larmes que mon corps est encore capable de produire.
La personne responsable de ce nouveau chagrin??? moi, évidemment...je n'ai pas besoin d'ennemis, je me débrouille toujours très bien pour me faire du tort...
Alors que tout se passait très bien avec Nic Le Beau, cet homme génial de patience qui m'a, tout au long de nos messages appris à connaître et aimer mon corps, il a fallu que j'impose ma volonté pour le faire fuir.
Exceptionnel de générosité, de calme, d'ouverture d'esprit, de virilité aussi (avouons-le, ça ne gâche rien!) beau comme un Dieu, patient, objectif, bourré d'humour...bref, il a tout pour me faire craquer, et ses mots gentils, ses attentions envers moi, ses encouragements son soutien, tout chez lui m'a conquise.
Pendant les 14 mois au cours desquels nous nous sommes écrit, il ne s'est jamais passé plus d'une semaine sans que ne soyons en contact (enfin..si...une fois, il m'a laissée 3 semaines sans nouvelles, problème de bloquage du site).
14 mois de bonheur, de partage, de fous rires, d'exercices visant à me mettre à l'aise avec mon corps.
14 mois d'orgasmes puissants par écran interposés, de mises en scènes pas toujours très catholiques, mais toujours effectuées dans le plus grand respect l'un de l'autre.
14 mois de connexion surprenante...cette impression de se connaitre depuis toujours, cette façon de terminer les phrases de l'autre,
14 mois d'attente aussi, suspendue à mon ordi à attendre qu'il se connecte.
14 mois d'amour virtuel, pleins de promesses, de mots doux (il m'appelait tour à tour bébé, Ma Reine, chérie...)
14 mois à tout vivre en virtuel, avec cette éternelle question: quand va t on se rencontrer en vrai?
Au fil de temps, ces messages sont devenus importants, nécessaires, addictifs, puis frustrants
Frustrants, parce que je crevais d'envie de respirer son odeur, d'entendre le son de sa voix, de ressentir l'étreinte des ses bras sur moi
Il a commencé à me manquer. Physiquement. d'où une impatience grandissante de le rencontrer. Il avait prévu une rencontre exceptionnelle entre nous, me l'avait racontée, j'en ai rêvé si souvent! pourtant, il ne voulait pas de cette rencontre.....Il disait que si on se rencontrait, c'était pour se mettre en couple, il avait envie de ça avec moi....mais n'était pas prêt. Moi je lui disais que c'était pas le mariage que je lui demandais, juste une rencontre....Tout en étant consciente que si on se rencontrait, on courait le risque de perdre cette complicité unique qui nous unissait. Au risque de vivre des instants de bonheur intense, ou au risque que notre relation, tel un soufflé, ne retombe et ne nous laisse un arrière gout amer....
Plusieurs fois, j'ai demandé cette rencontre....avec à chaque fois un refus, souvent sans explications. D'où mon impatience grandissante...tant et si bien que l'autre j'ai fait ce que je savais qu'il ne supportait pas. je lui ai lancé un ultimatum...
Je lui donné mon adresse, rdv à 21:00 ce soir, si tu as pas envie de venir, ma contacte plus....
Ce qui m'a pris de lui dire ça?? j'en sais rien. mais je le regrette amèrement.
En ligne au moment ou je lui ai écrit cette horreur, il n'a pas pris la peine de répondre....passée l'heure du rdv, (lapin évidemment!) je lui ai réecrit en disant ma déception, que je pensais que comme les autres il se foutait de moi, que je le regrettais, mais que je comprenais et ne lui en voulais pas.
J'ai espéré 3 jours qu'il lise ce message et réagisse, en me rassurant sur ses sentiments, qui sont, je le pense encore actuellement, forts à mon égard....il m'a simplement remerciée pour tout, et plus de nouvelles.
Voilà. Aussi simple que cela. Je l'ai perdu, pour le moment en tous cas, et j'en suis malade.
J'ai multiplié les messages pour qu'il daigne me parler, mais rien n'y fait. Il a balayé notre complicité d'un revers de la main, et je pense lui avoir fait mal, très mal, pour qu'il réagisse de cette façon...je ne sais pas si un jour il me pardonnera, mais le savoir blessé par ma faute est une torture permanente.
Et rien de ce que je pourrais faire n'y changera quelque chose.
Voilà..
A nouveau seule dans ce monde qui me fait si peur, à nouveau détruite pour avoir cru en un bonheur possible, à nouveau à la recherche de cette personne qui saura me prendre telle que je suis, me prendre dans ses bras, et me dire
"Ne crains rien, tout ira bien, je suis là maintenant". J'aurais voulu que ça soit lui, tant pis pour moi

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