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Energie

18 Novembre 2021 , Rédigé par Michèle

Cette frustration permanente d'être en attente de ce qui ne vient pas me bouffe mon énergie vitale, et me laisse complètement abattue, sans force, sans aucune envie de continuer, sans envies et sans plaisir.

Frustrée, je pense que c'est moi qui ai inventé ce mot....C'est bien beau de dire qu'il faut donner sans rien attendre en retour, c'est autre chose que se sentir utilisée à longueur de temps, et de constater que ce qu l'on fait n'est jamais apprécié, ou alors du bout des lèvres.

Les gens ont bien compris qu'il suffit de me dire merci pour que je continue à combler leurs moindres désirs, il en a toujours été ainsi, et ils ne comprendraient pas que ça change....

Me dire que moi dans leur situation je réagirait différemment, ne m'aide pas, au contraire...Et ça m'énerve profondément quand on me dit que je dois me faire une raison, et accepter que personne 'a ma sensibilité...je le sais, c'est pas une raison pour me piétiner sans arrêt.

Ok, je dois parvenir à me faire respecter, mais honnêtement,  je ne sais pas du tout comment m'y prendre, sans me sentir égoïste, prétentieuse, et capricieuse.

Je m'explique:

Ok, j'aide Olivier dans son périple, et il me remercie régulièrement pour ce que je fais ici, mais quand j'ai besoin d'une oreille attentive parce que je suis au plus mal, c'est silence sur la ligne....

Ok, j'ai clairement expliqué à ma fille que j'espérais faire partie de sa vie activement au cours de sa grossesse,, malheureusement, il a fallu quelques mots un peu forts pour que je sois rayée de ce processus merveilleux, de même que pour les préparatifs de son mariage, auxquels je me réjouissais de participer.

Ok, je prends en charge les cours pour Raïssa, qui a dû s'absenter une semaine, je doute néanmoins qu'elle en fasse de même si c'est moi qui étais absente...

Ok, je prends régulièrement des nouvelles de mes amis, Benj, Yann, Pierrot, mais c'est rare que j'obtienne des réponses, principalement depuis que j'ai exprimé mon désir de ne plus parler de l'accompagnement que j'offre à Olivier...

Bref....Beaucoup de situation dans lesquelles je me dis que moi je ne réagirais pas comme eux, et cela crée chez moi des déceptions, de la frustration, et je le crains, de la rancoeur.

Pourquoi suis-je autant dans cette attente de ces marques d'affections que visiblement je ne dois pas mériter à leurs yeux???

Pourquoi je n'arrive plus à me contenter de cette lumière que je percevais dans leurs yeux ou le ton de leur voix, me laissant croire que mon aide ou mes sollicitations leur étaient bénéfiques.

Pourquoi me sens-je de plus en plus seule, incomprise, délaissée et inintéressante à leurs yeux??

Lutter contre cette frustration permanente me fait beaucoup de mal, et je cherche un moyen d'y échapper. 

Ne plus voir personne ne m'y aide pas beaucoup, tout au plus, cela me rassure parce que je n'ai plus aucune attente. Donner sans retenue, sans attentes, c'est la clé pour trouver un semblant de sérénité, mais quand cela devient une habitude, pour les autres, de recevoir sans scrupules et sans rien donner en retour, ce n'est plus du don, c'est de la servitude.

De par la nature même de la relation que j'entretiens avec Olivier, il est clair que je ne suis pas près de sortir de cette frustration. Malgré tout le respect qu'il me porte, et je sais qu'il en a pour moi, je reste comme une conne à espérer qu'un jour il sera à nouveau mon partenaire, mon "Homme", mon conjoint. Je sais qu'il ne voit pas notre relation de cette façon, et l'entendre me parler des poufs qu'il saute dans son périple me laisse un goût amer, me fait me poser tellement de questions:

Pourquoi? pourquoi ne lui suffis.je pas? pourquoi a-t-il ce besoin de liberté affective, physique, amoureuse et énergétique? pourquoi ne comprend-il pas que j'ai mal de ne plus pouvoir le voir, le toucher, le respirer? pourquoi son regard a-t-il changé à mon sujet? pourquoi ne suis-je pas assez bien pour lui, malgré tout le bien qu'il dit de moi???

Pourquoi ne puis-je pas lâcher prise pour cet amour impossible? pourquoi ne reprends-je pas ma liberté affective, physique, amoureuse et énergétique? pourquoi ne puis-je envisager un avenir amoureux et sexuel avec un autre homme? pourquoi ai-je tellement peur de le perdre, alors que c'est justement la raison pour laquelle il est parti?

MAIS QUE'EST-CE QUE J'AI FAIT POUR QU'IL S'ELOIGNE DE LA SORTE????

Ces questions, auxquelles s'ajoutent celles concernant l'éloignement de ma fille, celui de mes amis, me font me demander si je ne suis pas en train de devenir folle.

Obsessionnelles, elles tournent en boucle dans ma tête, et je n'y trouve aucune réponse. 

Les livres que je lis m'encouragent à trouver le bonheur en moi, à ressentir l'Energie Universelle, à me remplir de bienveillance, d'amour, de sérénité.

Moi je veux bien, mais comment puis-je y parvenir si je constate jour après jour que je ne suis qu'une merde aux yeux de ceux que j'aime.

Je lis en ce moment un livre ( la Prophétie des Andes) qui m'encourage à me relier à cette Energie, et de cette façon 'obtiendrai ce que je demande, la vie me l'offrira.....

J'ai bien envie d'y croire, mais je me rends compte que cette Energie tient avant tout compte du libre-arbitre de chacun, on ne peut avoir d'impact sur les sentiments....du coup, je vois bine que cet amour des autres ne me sera pas apporté, y croire serait une nouvelle fois source de frustrations, de déceptions, de rancoeurs....

Du coup, ben je me sens comme un serpent qui se mord la queue. Je demande de l'amour pour me sentir bien, mais il faut que je  me sente bien pour mériter cet amour, dont j'ai besoin. 

Lutte incessante dans mon esprit, dans mon corps, dans mon coeur. insolvable problème dans ma recherche de sens à donner à ma vie.

Elle est bien belle cette Energie, mais en quoi pourrait-elle m'aider si personne na envie de la voir en moi??? pour quelle raisons devrais-je m'en remplir, si personne ne pense qu'elle mérite d'être chargée à mon contact???????

 

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solitaire

4 Novembre 2021 , Rédigé par Michèle

Alors que jusqu'à présent, et tu es bien placé pour le savoir cher lecteur, j'ai toujours parlé de mes prises sans tabou, pudeur, ou même honte, je me rends compte que maintenant, ce qui me fait du mal ne sort plus. Raconter ma vie et mon passé ne m'a jamais posé de problèmes, au contraire, je trouvais une sorte de réconfort à revivre oralement ou par écrit mes galères, et je sentais que les oreilles attentives tiraient quelque chose de mes expériences malheureuses...ou du moins, j'avais l'impression d'avoir cette faculté d'interpeller, voire faire réfléchir mes interlocuteurs.

Ca c'était avant...

Avant quand je pensais avoir encore une petite place dans ce monde. Toute petite, mais cela me suffisait.

Les interactions avec mon entourage de ces dernières semaines viennent de me prouver qu'une fois de plus je me fourvoyais gravement.

Penser avoir une quelconque importance dans la vie de ceux que j'aime...Non mais !!! Pour cela il aurait fallu avoir quelque chose de beau à répandre...

Et bien évidemment, il aurait fallu que je regarde ailleurs que mon nombril, je me serais épargné bien des désagréments. 

Quand je pense à toutes ces années au cours desquelles je pensais avoir droit à un minimum d'attention, j'ai vraiment honte. Comment ne me suis-je pas aperçue avant que mes histoires et ma petite personne n'avaient pas le moindre intérêt?? Penser le contraire est d'une prétention grossière, malhonnête, et impardonnable.

Enfin...pas tout à fait...

Je m'explique:

Tant qu'en parlant de moi je laissais la possibilité aux autres de me dicter ma conduite, faisant en sorte de suivre leurs bons conseils, comme une gamine incapable de savoir ce qui est bien ou mal, tant que je leur laissais le droit de me manipuler, le droit de me dire ce que j'avais à faire et que j'obéissais à leurs directives, mes déboires et mes souffrances leur semblaient intéressantes, rassurantes, et me voir me ridiculiser dans mes souffrances leur donnait ce sentiment de bien-être, les confortant qu'au moins, eux, ne se mettraient jamais dans les positions que je leur dévoilais.

Bref, tant que je restais un jouet de leur bienséance, on me laissait le droit de me raconter, on m'y encourageait même, se délectant de me voir fragilisée, se réjouissant de me manipuler au gré de l'humeur, de la météo, de je ne sais quoi encore: 

-Tu ne devrais pas t'accrocher....Laisse tomber...Oublie ce mec...A ta place, je l'aurais envoyé balader... Achète cette voiture...Prends cet appartement.. Fais ce job... Pense à toi...Sors, fais des rencontres...Amuse toi...Arrête d'aider cette personne...Cesse de l'aimer...Ne côtoie plus cette personne.....

Tant que je suivais aveuglément ces bons conseils, j'étais leur poupée, leur jouet.

Depuis ma retraite, et la prise de conscience que ma vie, c'est moi qui la vis, depuis le départ d'Olivier et cette prise de conscience que personne autour n'a envie de comprendre ce que je vis, j'ai pris de la distance avec ces "Bien-penseur-de-ce-qui-est-le-mieux-pour-moi (!!)"...je me rends compte que faire les choses comme je les sens et non comme on me les dicte fait grincer des dents.

Oh mince...mon entourage est en train de perdre ce qui faisait leur bien, à savoir, me dicter sans scrupules ce qui leur paraît convenable, sans se demander si cela me convient.

Nombre de personnes auxquelles j'ai expliqué ma démarche de prendre mes distances l'ont mal compris, l'ont mal pris. 

Tellement de gens que je croyais mes amis, mes soutiens, mes rocs, m'ont tourné le dos. Me pensant ingrate, égoïste, et ne prennent même plus la peine de me contacter, ne serait-ce que pour me demander comment je vais- J'ai beau leur écrire, pour prendre de leurs nouvelles, c'est très rare qu'on me réponde un "je vais bien", la plupart du temps, je n'ai aucun retour.

La leçon à tirer de ce fait, c'est que oui, mes souffrances et galères n'intéressent personne quand je décide de les gérer selon mon instinct, et non selon le leur. 

Soit.  Comment alors encore oser parler de mon quotidien? Comment avoir encore ce toupet de communiquer ce que j'ai en-dedans? 

J'ai toujours eu peur de déranger les autres, j'ai la preuve que depuis tout ce temps c'était le cas... Oh comme j'ai Honte!!!!

toutes ces années pendant lesquelles je pensais avoir des amis et une famille sincères, alors que je n'étais qu'un bouffon à leurs yeux, voire un boulet..

Comment ai-je pu me tromper à ce point sur ceux que j'aimais, dont l'opinion avait de l'importance pour moi... Gagner leur gentillesse, en obéissant les yeux fermés à leurs injonctions faisait de moi leur objet, et je réalise en écrivant ces lignes à quel point j'ai dû être ridicule à leurs yeux. 

A toi cher lecteur, je confie que jamais ô grand jamais je n'exprime ici une colère ou une amertume à leur égard. Au contraire, je pense sincèrement que n'importe qui autour de moi a agi de manière naturelle, et va savoir, j'aurais sûrement agi aussi de la sorte avec une personne aussi faible et sans intérêt que moi, qu'on soit d'accord.

Non, la colère que je ressens c'est vis-à-vis de moi que je la dirige. Colère, honte, complexe, tous les adjectifs négatifs sont bon à prendre pour exprimer ce que je ressens au fond de moi.

Le truc arrangeant dans cette prise de conscience, c'est que vu que j'ai pris mes distances avec tout mon entourage sans exception, en dehors de mon petit, que lui, doit vivre un enfer de me voir tous les jours, ben je n'ai pas à présenter mes excuses d'avoir été si conne depuis tant d'années...

Du coup, ma solitude toute récente, je la vis comme un soulagement, et je n'ai pas envie d'y mettre un terme.

J'interagis avec les autres quand je n'ai pas le choix, genre pendant mes cours, dans mon futur travail, pour les réunions de famille...Passé ces moments, je me sens de mieux en mieux seule, j'apprends à me faire plaisir, même si c'est encore difficile parce que je ne sais toujours pas ce qui me fait du bien.

Mes jours passent tous pareils, télé, bruit de fond qui m'empêche de réfléchir, siestes entrecoupées de remords face à ce stupide comportement devenu habitude et tellement dérangeant pour les autres....

Envie d'en finir, encore plus qu'avant, parce que je ne vois pas comment je pourrais encore apparaître devant tout ce monde que j'ai amusé sans imaginer que je suis un véritable fardeau pour eux.

Qu'on oublie que j'ai existé me conviendrait bien, pouvoir disparaître sans que personne ne s'en rende compte, serait le top. 

J'ai gêné et emmerdé tous mes proches pendant si longtemps, je sens bien que ça ne serait que leur rendre une part de leur liberté si je ne m'en approche plus.

Ma retraite m'a fait beaucoup de bien, le départ d'Olivier Ph encore plus.

C'est grâce à ce départ que j'ai compris que mon entourage n'a jamais voulu me comprendre ou me venir en aide, mais s'est servi de moi pour juger, condamner, et me faire exécuter les sentences selon leurs codes, sans tenir compte de ma sensibilité, de mes besoins, et de mes envies.

Et je réalise que leurs codes ne sont pas les miens, et que si j'ai autant galéré tout au long de ces années, c'est pas parce que je n'ai pas eu de chance, c'est juste parce que je n'ai pas fait les choses selon mon destin.

Ma mission sur terre, ce n'est pas faire en sorte que tout le monde se sente rassuré par mes erreurs en se disant qu'au grand jamais ils ne feraient les mêmes, non, ma mission c'est faire bouger les mentalités en faisant les choses selon moi, et en montrant que ça marche. 

Quitte à perdre tous ceux que j'aime. Apprendre à ne vivre que pour moi est un défi monumental, mais il va bien falloir que je m'y colle, c'est actuellement la seule opportunité qui s'offre à moi.

Laisser parler mon moi intérieur me fait perdre tous ceux qui comptent à mes yeux, ma famille, mes amis, celui que j'aime. Ne plus pouvoir me manipuler à leur guise les déçoit, et leur fait perdre tout l'intérêt qu'ils avaient pour moi. sans ces manipulations, je ne leur suis plus d'aucune utilité, puisque c'est la seule chose qu'on me trouve de positif. On n'étais d'accord de me voir que pour faire de moi ce que l'in voulait, maintenant que je l'ai compris et que je suis bien décidée à ne plus me laisser influencer, on ne veut plus de moi nulle part, et c'est la preuve que je n'ai rien apporté à tout ce petit monde depuis tout ce temps.

Tant pis, j'ai perdu ceux que j'aime, c'est le prix à payer pour redevenir celle que je suis. 

Du coup, vu sous cet angle, ma solitude devient une amie, non pas un poids lourd, et je la vis bien.

 

Oh bien sûr...par moments j'oublie ce dont j'ai pris conscience ces dernières semaines, et j'ai envie de revoir mes amis, mes enfants, ma famille. Bien sûr j'ai envie de sentir les bras d'un homme me serrer, ses mains sur moi, son corps s'abandonner en moi, revoir le désir dans les yeux de l'homme que j'aime....envie de recommencer à voir du monde...

Puis je me rappelle ce que je suis, ce qu'on veut que je sois, cette incompatibilité entre les 2, et je me ravise.

Non, je ne flancherai pas. Non, je ne contacterai personne aujourd'hui pour savoir comment ça va, non, je n'essaierai pas de voir quelqu'un qui n'en a pas envie.

NON je ne communiquerai pas, je ne raconterai plus ce que je vis, je le garderai pour moi. 

Il est temps de mettre de la distance entre ce que je ressens et ce que je partage. Mon cœur saigne, il se sent seul et abandonné, il ne s'en remettra pas, mais je ne le dirai plus.

Cela n'intéresse personne, surtout depuis depuis que j'ai décidé de n'en faire qu'à ma tête.

Ma souffrance, je la porte désormais en moi tel un trésor, précieux, qui m'appartient et que je chéris. Je ne la partagerai plus, ce monde ne le  mérite pas.

Toi-même cher lecteur, pose-toi la question: 

Me lire ne réveille-t'il pas en toi un désir malsain de juger ma vie en te disant " Merci de ne pas être comme elle, de ne pas être si conne, si vide, si insignifiante. Merci de ne pas être aussi ridicule, aussi stupide, de ne pas tomber dans les pièges qu'elle s'est posés elle-même---Merci d'être moi, suis pas parfait(e), mais au moins je ne suis pas ELLE "

Sois honnête. Ta présence ici te rassure..non, tu n'es pas moi, tu ne connais de mes souffrances que ce que j'en dis ici, et tu as cette chance d'être quelqu'un de bien, que ton entourage aime et respecte. 

Je t'envie, cher lecteur. ta vie, même avec les épreuves que tu subis, a au moins le mérite d'avoir un sens. La mienne ne sert à rien, et la quitter ne changerait rien à la bonne marche de ce monde... Au contraire !

 

 

 

 

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