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mon jardin secret

la totale

26 Novembre 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

 la totale

Alors que je pensais avoir touché le fond, alors qu'il me semblait ne pas pouvoir tomber plus bas, et n'avoir d'autre choix que rebondir ou tout abandonner, alors que j'imaginais que rien de pire ne pouvait arriver, mon fils, la chair de ma chair, le sang de mon sang, s'est arrangé pour me rappeler que la Vie ne s'arrête jamais de démontrer son caractère cruel.

Dans son mal-être et sa détresse, auxquels j'ai largement contribué en n'étant pas la maman dont il avait besoin, cet homme à qui j'ai donné la vie il y a maintenant plus de 21, rongé par une culpabilité et un désespoir sans retour, dans sa quête d'autodestruction lente mais ô combien efficace, cet homme disais-je, on a failli le perdre.

Pas dans ce départ pour un autre monde qu'on appelle la mort, heureusement pour lui (et pour nous!!), mais le perdre dans le sons où il s'est inconsciemment réfugié dans un monde qui n'est pas le nôtre.

A-t'il fait exprès de consommer ce LSD?

L'a-t'on piégé?

S'est-il trompé de verre?

On ne le saura jamais, et ce n'est pas important. Pas dans le monde dans lequel il s'est réfugié.

Comment aider celui qui fut mon bébé, alors que par le passé je n'ai jamais pris le temps de m'arrêter sur ses appels à l'aide? Avec quelles armes puis-je lutter contre ce mal que je lui ai fait?

Oh bien sûr, je sais bien que je ne suis pas la seule à avoir imprimé mon empreinte destructrice sur lui. C'est vrai qu'en tant qu'aîné de la fratrie il fut le plus sensible de mes trois enfants. Je me rends bien compte que son parcours semé d'embûches a laissé des traces indélébiles au fond de lui, et qu'à un moment ou un autre de sa vie il a été blessé par une grande partie de son entourage.

Ça n'enlève rien à cette culpabilité qui m'habite.

Je suis sa mère. La personne, paraît-il la plus importante pour la construction d'un garçon. Et j'ai échoué.

Le fait de me retrouver derrière cette porte verrouillée, dans cet hôpital psychiatrique, sans savoir si je reverrais mon fils un jour, ni dans quel état je le reverrais, sans savoir comment faire pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas, fut un électrochoc.

Plus violent que tout discours, plus rude que toute lamentation à propos de ma culpabilité devant l'échec.

Plus rien d'autre n'a existé, en dehors de cette spirale infernale qui m'entraînait en enfer.

Comme je comprends sa détresse, et ce qui l'a entraîné dans ce monde auquel nous n'appartenons pas, ce monde auquel nous n'avons pas accès.

C'est maintenant qu'il refait surface que je trouve le courage d'écrire, ce qui m'était juste impossible jusqu'à présent (ok, j'avoue, c'est aussi parce que j'avais plus d'ordi!!!), tant la détresse de ne rien pouvoir faire pour lui me rongeait.

Pour une maman ( pour moi en tous cas), rien n'est pire que voir son enfant souffrir en sachant qu'on ne peut rien faire.

Rien.

Sauf peut-être le voir souffrir et se dire qu'on est responsable de sa détresse.

Un souvenir me hante:

Quelques jours après sa naissance, mon incapacité à m'occuper correctement de ce bébé si fragile, pourtant si fort, m'a amenée à commencer à douter de mes talents de Maman. Et à m'en ouvrir à celui qui était mon mari à l'époque. Tous les soirs quand il rentrait, c'est en larmes que je lui confiais mon desoeuvrement, ma panique face à ce petit être tellement dépendant de moi et de ma maladresse.

Patiemment, chaque soir mon mari essayait de me rassurer, me disant que tout allait bien, que c'était normal, qu'il fallait que je me calme et que tout irait bien. Jusqu'au soir où, excédé, il m'a dit;

"J'ai réfléchi toute la journée, si vraiment tu te sens pas capable de t'occuper de notre fils, je suis d'accord, on a qu'à le donner."

L’électrochoc ressenti à ce moment-là m'a permis de réagir, et d'assumer enfin ce bébé, que j'ai désiré si longtemps, ce ptit homme dont la Vie m'avait fait cadeau, cet amour qui n'avait rien demandé mais qui avait tellement droit au meilleur.

Donner mon bébé? Ça jamais!!! Plutôt mourir!!!

Que n'ai-je pas suivi ce conseil. Quelles furent ces raisons obscures qui me poussèrent à garder coûte que coûte ce bébé pour lequel je n'ai jamais été la maman dont il avait besoin?

Combien de souffrances lui aurais-je épargnées si en mère indigne telle que je suis je l'avais abandonné, au lieu de m'entêter dans mon délire de "j'aime-mes-enfants-et-je-les-assume"???

La seule chose dont je suis absolument sûre, c'est qu'il ne serait pas là où il est si j'avais accepté l'inévitable et préféré laisser le soin à une autre de lui donner ce dont il avait besoin.

Savoir que mon fils souffre dans sa chair et dans son âme uniquement parce que par vanité je lui ai refusé une vie de calme, ce sérénité, de bonheur.

Sauver ce qui peut l'être, essayer malgré tout de faire face et de lui donner le maximum, transformer cet enfer en vraie chance pour lui de reconstruire sa vie sur de bonnes bases.

Quitte à ne plus en faire partie, quitte à en crever, mais tout faire pour l'aider à VIVRE sa vie, et non plus la subir.

Le chemin sera long, difficile, éprouvant. Pour lui, pour son frère, pour sa sœur, pour ceux qu'il aime.

Moi comme d'hab, avec ma maladresse je vais de nouveau lui faire du mal, c'est inéluctable.

Pourvu que ceux qui sont là pour l'aider sachent lui montrer la route à suivre pour se sortir de mon emprise.

Quand on a des enfants, on ne souhaite rien de moins que le meilleur pour eux. Quand on est incapable de le leur donner, faut avoir l'honnêteté de le reconnaître et laisser à d'autres le soin de le leur apporter.

Même si cette prise de conscience vient 21 ans trop tard, j'essaie de me rassurer en me disant qu'au moins chez moi elle est venue.

C'est pas ce qui marche le mieux, mais avec le temps je me dis que ça viendra.

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le bon choix?

5 Juillet 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

le bon choix?

Voilà. Cette histoire qui me fait tant de mal, et qui me fait tant de bien, cette histoire donc n'est pas finie. Différente, plus sereine, moins passionnée, plus sûre aussi, moins idéalisée.

Cet homme que j'aime, je l'ai déjà tellement souvent répété, me rend complètement décérébrée. Incapable de réfléchir quand il s'agit de lui, je n'aspire qu'à la sécurité de ses bras dès que je me trouve en sa présence. Est-ce un crime?

Après avoir versé toutes les larmes de mon corps sur notre relation que je croyais finie, après m'être épanchée auprès de ceux que j'aime, après avoir cru mourir de chagrin, voilà que je suis de nouveau pleine d'espoir.

Oh bien sûr, ce ne sera plus jamais comme avant . Je l'aime, il m'aime, mais j'ai compris que je dois le laisser respirer, ne plus l'étouffer avec mes idées tellement ridicules de partage de vie et de romantisme.

Son indépendance, il y tient, et je lui dois de respecter ce côté de lui que j'aime aussi.

Mes excès me perdront, c'est clair. Incapable de réprimer mes souffrances, c'est Julien qui a fait les frais de mon inconséquence.

Ce pauvre gamin n'a rien demandé. Pourtant combien de larmes a-t'il essuyées, combien d'heures a-t''il passées à me consoler....Aveuglée par le chagrin, en mère indigne et tellement égoïste, c'est auprès de lui que j'ai trouvé le réconfort. C'est lui qui m'a vue le plus souffrir. Passant totalement à côté la fin de scolarité, zappant complètement son camp d'été, plus rien d'autre ne comptant à mes yeux que ma douleur, j'avoue avoir totalement failli à son égard.

Tellement coupable de ne penser qu'à moi et mes ptites douleurs, sans voir le mal que je lui ai fait.

Pourtant jamais de ma vie je n'ai voulu le blesser. Enfermée dans ma bulle, c'est malgré tout ce qui s'est passé. Et c'est tout naturellement qu'il m'en veut, trop déçu de me voir retomber dans les bras d'Olivier.

Comment lui expliquer? Comment lui faire comprendre que je ne fonctionne qu'aux sentiments, que sans l'appui et la Force d'Olivier je ne suis rien?

Que même si il a été un pilier stable durant ces jours de souffrance, mon fils reste à mes yeux un enfant, un ado, que je devrais protéger et non enfoncer?

Il m'a vue pleurer, il a fait les frais de mon comportement déplorable à son égard, et la colère qu'il ressent, même si c'est tellement légitime, cette colère fait mal car elle me rappelle que je ne suis qu'une sale égoïste, ne reculant devant rien pour arriver à mes fins.

Me pardonnera-t'il un jour de ne penser toujours qu'à moi? J'en doute. Il a trop souffert de me voir mal, et cette histoire est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Je voudrais tellement effacer ce mal, qu'il oublie ces deux ans que nous avons passées dans la douleur (ma douleur), je n'aspire qu'à devenir la maman qu'il mérite.

Ce sentiment d'injustice qui l'habite, cette impression de n'être qu'un kleenex à mes yeux, je les porte en moi comme une culpabilité. Culpabilité d'égoïsme, culpabilité d'humanité, culpabilité de négligeance.

Et c'est lui qui devra grandir et se construire avec ce bagage.

Je sais qu'il s'en remettra, que sur son chemin il trouvera des personnes qui joueront ce rôle que j'ai négligé. C'est un bon ptit gars, plein de ressources, qui va continuer à avancer, malgré tout.

Ce sera un grand homme, je n'en doute pas un instant.

C'est juste que je lui ai fait du mal, sans m'en apercevoir, sans le vouloir, et qu'il ne méritait pas ça.

Hélas pour lui, je suis sa maman. Une maman qui ne mérite pas ce ptit gars.

Un ptit gars qui aurait tellement mérité une autre maman. Une vraie, une maman qui se soucie de lui, qui fasse passer son bonheur à lui avant tout. C'est raté, et c'est la croix qu'il aura à porter. Toute sa vie.

Pardon mon fils. Je t'aime, mais ça ne suffit pas.

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changer l'histoire

22 Juin 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

changer l'histoire

En y repensant, je pense que mon histoire est une erreur. Pourquoi le Destin m'a-t'il donné la vie, pour quelle raison ai-je survécu à une naissance difficile, qui faillit tuer ma mère? Dans quel but cette embolie pulmonaire ne m'a-t'elle pas tuée? Bon, d'accord, le Destin voulait que je donne la vie à mes 3 enfants, Il a sûrement un plan tout prêt pour leur futur.

Mais maintenant qu'ils sont là, presque adultes, sains de corps et d'esprit, pourquoi faut-il que je reste en vie? A souffrir comme une bête, chaque jour plus cruel que le précédent, alors que je n'ai plus rien à apporter à personne, sauf peut-être cette sérénité qui fait dire aux autres: heureusement que je suis pas comme elle.

Mon destin se résume-t'il uniquement à ça? un exemple de décadence à SURTOUT ne pas suivre?

Un modèle d'éducation pour mamans en mal de punition (attention mon enfant, si tu continues tu vas finir comme elle)??

Toute ma vie j'ai essayé de vivre normalement, suivant le courant que les autres empruntaient avec joie, essayant de me fondre dans la masse, avec l'échec que l'on sait.

Pourquoi faut-il encore continuer? n'ai-je pas assez souffert, assez pleuré, assez encaissé???

Oh comme je regrette ce soir-là où Olivier O. a mis ses mains autour de mon cou pour serrer, serrer... Curieusement, je n'ai rien senti. Pas de douleur, juste cette appréhension de me dire que c'est enfin fini. Hélas, dans un moment de lucidité, il a desserré ses doigts, laissant passer le peu d'air nécessaire à ramener la vie dans ce corps que je déteste et qui me fait honte.

Pourquoi s'est-il arrêté? la vie aurait été tellement simple pour vous tous, si il avait continué.

Il serait parti en taule quelques années, forcé de vendre son domaine, mais en taule il aurait appris un autre métier, qui lui aurait permis de s'épanouir à sa libération.

Mes enfants auraient été envoyés dans ma famille, seule chance pour eux d'avoir enfin droit à une éducation stable, pleine d'amour et de respect, La seule chance pour eux de sortir de semblant de vie que j'ai réussi à leur donner, faute de mieux.

C'aurait été une vraie chance pour eux de tourner la page sur cette enfance ratée, remplie de traumatismes et de chagrin.

Moi morte, Olivier C. serait débarrassé de ce boulet que je représente à ses yeux. Oh bien sûr, il le dit pas, il est trop bien pour ça, mais je sens bien que mes sms et mes demandes incessantes pèsent de plus en plus sur ses épaules qu'il a pourtant larges mais pas prévues pour ça.

Tous ceux que j'aime n'auraient qu'à y gagner de me voir au fond du trou. Une fleur de temps en temps sur ma tombe, histoire de soulager la conscience, mais quelle liberté! Quel soulagement de ne plus risquer de me vois arriver n'importe quand, devoir perdre du temps pour échanger des banalités tellement pathétiques qu'elles en deviennent ridicules.

J'ai bien compris le rire de ceux que je côtoie. Ce n'est pas mes blagues qui les font rire. c'est le pathétique de ma personne, le ridicule de mes tentatives pour me faire apprécier, la stupidité de ce que j'ai à donner...

Maintenant que mes enfants sont grands et n'ont plus besoin de moi, pourquoi faut-il encore vivre, dans ce monde qui ne m'apporte plus rien, auquel je n'apporte plus rien???

Si seulement Olivier O. n'avait pas desserré ses mains, ma vie se serait arrêtée, et maintenant, un peu plus de 2 ans après, bien peu de monde se rappellerait de moi. ou alors en se disant ouf! la vie est belle maintenant.

Ce blog ne serait pas. Si toi lecteur as trouvé de quoi te divertir, maintenant que c'est fait, je demande au destin de me donner cette liberté dans l'au-delà. je n'ai plus rien à donner dans ce monde, laisse-moi partir, rien de bon ne plus sortir de moi.

PUT*** POURQUOI A-T'IL DESSERRE SES MAINS?????

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En deuil

9 Mai 2014 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

En deuil

Faire le deuil de mes rêves. Défi impossible qu'il faut pourtant relever....

Oublier ce désir d'une famille unie, soudée, complète, à laquelle j'ai cru si fort à chacune des naissances de mes ptits anges. C'était sans compter sur les "travers" et les insultes de mon mari. Bien sûr, j'aurais dû mettre un halte-là à cette violence verbale. Evidemment j'aurais dû exiger le respect auquel je pensais avoir droit. En aucun cas je n'aurais dû me taire et subir. Mais la peur de perdre ce que je voulais construire a eu raison de ma détermination. J'avais une famille, par mon silence et ma patience je l'ai perdue.

Jamais je n'aurais une autre chance de construire un havre de paix pour mes enfants, pour moi-même, pour l'homme que j'aime.

Remiser cette envie d'un amour fort, réciproque, durable.... J'y ai cru, avec mon mari, tellement fort que je n'ai pas pris le temps de me demander si ce qu'il m'apportait serait ce dont j'aurais besoin. Idéalisant cet homme, refusant de voir qu'il n'était pas comme je voulais qu'il soit, me trompant lourdement sur lui, reniant le fait qu'il n'était pas fait pour moi, c'est trop tard que j'ai réalisé que nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. J'ai fait une croix sur mon mariage, dans la douleur et le regret.

Mais je n'ai pas fait tout de suite une croix sur cet amour dont j'ai tant besoin. Comme une idiote, j'ai cru à ce qu'Olivier C. m'écrivait. Je suis tombée dans le panneau. M'accrochant à cette histoire à laquelle je ne croyais plus, après qu'il m'eût promis sa sincérité. J'ai laissé libre cours à mes sentiments, encouragée par ces si beaux messages, ces si tendres mots, ces si intenses moments passés ensemble.

Il faut me rendre à l'évidence: encore raté.

Il ne veut plus de moi, refuse de répondre à mes tentatives ridicules de renouer le contact, prétextant une surcharge de travail pour expliquer son silence et ses absences. Je sais bien qu'il faut que je le lâche, que je ne dois plus penser à lui, que je ne dois plus accepter son attitude. Trop dur!!! Trop mal!!! Trop impensable!!!

Ma copine Lucie m'a confié un truc qui a marché pour elle: écrire sur un morceau de bois tout ce que je recherche chez un homme, le garder sur moi 3 jours, et le jeter dans une rivière, elle assure que c'est de cette façon que la Vie lui a amené son Laurent.... Totalement risible...ridicule....c'est que des conneries...

Mais finalement, qu'est-ce que j'ai à perdre d'essayer??? Au pire il ne se passe rien, au mieux ma vie change, et j'oublie cet Olivier c. qui ne quitte pas mes pensées, dont le silence me fait tant de mal.... Ok, j'essaie...trouver un morceau de bois, réfléchir à ce que j'attends, ce dont j'ai besoin.....

Oulah! je sais bien ce que je veux pas ou plus, mais ce que je veux???

????

Après mûre réflexion, je trouve. Je note, sans m'arrêter. Plus de place sur mon bout de bois. Mince!! mais je crois que je n'ai rien oublié. Rien de vital en tous cas...

En relisant, adjectif après adjectif, tout ce que j'ai noté et qui représente ce que je rêve de trouver chez cet homme idéal, je me rends compte d'un détail. Que dis-je, une anecdote, voire une peccadille:

Tout ce que j'ai écrit, je sais où le trouver.

Chez cet homme que je connais depuis plus de 20 ans. Cet homme qui, année après année a fait partie de ma vie, tout discrètement pour commencer, de plus en plus présent par la suite, devenant une autre partie de moi. Me confortant (hélas!) dans cette obsession que nous sommes faits l'un pour l'autre. Sans tricher, je sais que c'est lui, je le sens depuis bien longtemps, et j'en suis encore plus persuadée maintenant. Le seul pour qui mon coeur bat depuis 16 ans, avouons-le. Et pour lequel je souffre tellement.

Olivier C !!!

Lui qui ne veut plus de moi !!!

Cruel Destin que le mien, qui me condamne à souffrir de cette insupportable torture qu'est la solitude de sentiments à sens unique.

Faire le deuil de mes rêves, c'est plus qu'un drame, c'est mon destin.

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une page qui se tourne

24 Août 2013 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

une page qui se tourne

Voilà. C'est une nouvelle page de ma vie qui se tourne. Ce coup-ci, j'ai compris. Compris que c'est la fin. La fin d'une histoire merveilleuse, une histoire qui m'a transportée aux plus hauts sommets de l'émotion, une histoire tellement banale, tellement belle en même temps. Cet homme que j'aime depuis maintenant bientôt seize ans, cet homme qui m'a donné tant de choses, avec lequel je me suis découvert des qualités que j'ignorais, dans les bras duquel je me suis révélée femme comme jamais je n'aurais soupçonnné la possibilité avant, cet homme à qui j'ai donné mon coeur, mon âme, ma vie, mon corps... Cet homme n'est pas pour moi. Pas dans cette vie. Pas maintenant. Pas encore. J'y ai cru pourtant. De toutes mes forces. avec l'évidence qu'on est faits l'un pour l'autre. Formant un tout, chaque fois qu'on est ensemble, incomplets lorsqu'on est séparés.

Toutes ces belles choses écrites par sms...combien de fois je lui ai dit de ne pas écrire ça, que j'allais y croire, que c'était trop beau pour être vrai, qu'un jour il se rendrait compte que je méritais pas ces attentions, qu'il était trop bien pour moi...combien de fois il m'a répondu, me disant qu'il était sincère, qu'il pensait tout ce qu'il écrivait...combien de fois je l'ai cru, me berçant d'illusions, me disant que ça y était, j'aurais enfin droit à ce rayon de soleil...

Refusant de voir cette évidence que tout ça n'est pas pour moi. Oh au cours de ces années, je sentais bien au fond de moi cette petite voix qui me lâchait pas et qui disait de pas me laisser prendre... Comme une conne, je l'ai fait taire, me disant que cette voix se trompait, m'arrangeant pour ne pas l'écouter.

Qu'on se mette d'accord: je ne remets pas du tout en cause sa sincérité, loin de là. Je sens cette connexion entre nous quand on se voit. Je sens ce sentiment qu'il peine à exprimer, je sens qu'il est là, ne demandant qu'à sortir pour grandir.Le problème dans cette histoire, c'est qu'on ne se voit plus.

Il ne veut pas parler de nous à ses enfants, préférant attendre leur émancipation, par peur de les perdre. Ok, je lui mets pas la pression, je refuse de le forcer de quoi que ce soit, surtout vis-à-vis de ses enfants. ça je comprends, c'est un père avant tout, et c'est tout à son honneur, ajoutant une qualité supplémentaire à cette liste déjà longue de ce qui fait de lui un homme exceptionnel.

Maintenant que sa fille a fini son apprentissage, elle habite de nouveau chez lui. Elle refuse toute relation entre son père et moi, elle se vante devant ses copines (dont ma fille) que tant qu'il n'aura pas trouvé une autre femme que moi elle restera là, à le surveiller, l'empêchant de prendre deux ou trois heures de son temps pour venir me trouver, persuadée que je suis néfaste pour lui, que je ne donnerai aucun bonheur à son papa.

Donc, on ne se voit plus, il ne veut pas mentir à sa fille pour quelques heures passées près de moi.

Son fils est lui aussi à la maison. Ils travaillent ensemble, normal. Mais pas pratique pour écrire des sms...

Donc il n'écrit plus non plus. Moi j'essaie de garder un lien, si ténu soit-il, un tout petit fil, qui me donne l'illusion que tout est encore possible, que rien n'a changé, passant mon temps à attendre un sms qui ne vient pas, espérant recevoir cette petite icône sur mon natel, si petite, si pleine de promesses...en vain. Une ou deux fois par semaine, j'ai de la chance. Une ou deux fois par semaine mon coeur s'emballe. C'est peu. Tellement peu. Et ça fait mal.

A-t-il encore des sentiments pour moi? Pense-t-il encore à moi? Est-il encore lui aussi persuadé que nous sommes faits l'un pour l'autre???

Tant de questions pour si peu de réponses...

C'est pour cette raison que j'ai peur de l'avoir perdu. Peur de voir s'envoler ce coin de soleil auquel j'ai cru. Peur de voir s'envoler cette dernière chance pour moi de vivre enfin un peu de ce que je cherche vainement depuis que j'en ai entendu parler.

J'y crois encore, je refuse de lâcher prise. J'ai beau essayer, j'y arrive pas. Comme un enfant qui refuse de voir son rêve s'envoler, s'accrochant à ce rêve comme si sa vie en dépendait.

Pourtant je le sais, je peux pas continuer de cette façon éternellement. Faudra que je lâche, ça fait trop mal. Trop mal de lâcher. Trop mal de continuer. Je souffre. J'ai mal et quoi que je fasse (lâcher, pas lâcher), rien ne change. J'ai toujours mal.

Ne plus rien ressentir. M'endormir jusqu'à tout oublier, fermer mes yeux et laisser le temps faire son oeuvre, me réveiller avec un regard neuf, avec cette sensation d'un cauchemar dont on se rappelle juste que c'était désagréable.

M'endormir pour ne plus souffrir...

Dans ses bras, évidemment!!!

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Etre une autre

13 Juillet 2013 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Etre une autre

Comme j'envie ces personnes qui assument ce qu'elle sont, sans états d'âme, sans se soucier du regard de l'autre, sans revenir sur leur position par crainte du rejet, surtout qui n'en font pas une maladie si ce qu'elles sont ne correspond pas à leur entourage.

Sois toi-même, qu'ils disent....Ok, mais pour ça faut déjà être...Comment on fait quand y'a rien, qu'on est juste une coquille vide, quand ce qui nous animait (l'amour, la joie, la colère...les émotions) est mort, tué par le mépris, les moqueries, l'indifférence...par le rejet, quand ça fait tellement mal d'être pointé du doigt qu'on préfère se cacher, plutôt que d'affronter ce monde auquel il faut appartenir, mais qui ne correspond à rien???

On a tous une richesse intérieure, qu'ils disent encore...les cendres, c'est une richesse? J'ai beau essayer, chercher au fond de moi, fouiller les tréfonds de mon âme, les abysses de mon coeur, (au point que ça en devienne une obsession)... Rien. Pas une étincelle, aucun élan, plus d'envies, plus de désirs... Vide. Le néant total. Rien à offrir aux autres, aucune raison de me faire apprécier de mes consors. Rien en tous cas qui m'appartienne, qui fasse de moi quelqu'un d'unique, d'irremplaçable.

Oh bien sûr, à force de faire semblant, j'arrive à berner ceux qui m'entourent..un moment. Juste le temps de donner le change... Jusqu'à ce moment où on se rend compte du vide qui m'habite. Du creux de mon intérieur. Et se passe comme d'habitude la même scène, celle que je redoute à chaque fois, celle qui me tue intérieurement à petit feu: je lis la stupeur, la déception, le désintérêt.... Comme d'hab, la personne en face de moi cherche un prétexte, parfois avec beaucoup de diplomatie. le plus souvent très brutalement, une excuse, une raison de s'éloigner. Et de se tenir le plus loin possible de moi.

Combien d'amitiés, d'amours, de relations avortées de cette façon!

Le plus drôle, c'est qu'à chaque fois, je plonge. Je réfléchis pas, je fonce...et je me ramasse. Sans jamais apprendre. Sans non plus tirer les leçons qui s'imposent.

Comme j'aimerais être une autre...

Quelqu'un qui s'en fout, quelqu'un qui se sait assez fort pour ne pas s'attacher aux autres, pour ne pas souffrir du regard désapprobateur, quelqu'un enfin qui n'a besoin de personne pour exister.

Quand j'étais petite, je me disais souvent que j'étais handicapée, et que personne ne me le disait, que tout le monde faisait semblant que j'étais "normale", alors que le tare dont je souffrais était flagrante. Un peu comme quand t'as de la salade entre les dents et que tout le monde fait mine de rien, pour pas te mettre dans l'embarras. Et j'ai passé pas mal de temps à observer les autres, à chercher quelle était ma différence, quelle était ma tare... Sans jamais rien trouver, sauf que mon entourage était vachement fort pour me cacher la vérité...

Ce handicap, je l'ai trouvé finalement. Toute seule, comme une grande.

Cà n'a pas de nom, médicalement ça n'existe pas. C'est même pas un problème d'ordre social, c'est "sentimental". C'est une incapacité chronique (par excès de confiance et de naïveté), maladive, à nouer des liens forts et solides avec les autres.

J'ai beau essayer, me forcer à m'ouvrir aux autres, lire, écouter la musique, m'informer des nouvelles de ce monde, tout ce genre de trucs, rien n'y fait.

Rien de ce qui sort ne vient de moi.

Plus maintenant.

Plus après avoir été moquée, raillée, ridiculisée, humiliée...

Mon intérieur est mort, brûlé par le feu de l'autocritique, gelé par la souffrance d'être sans relief, sans profondeur... Vide.

Etre une autre, pleine de vie, d'émotions, de générosité...juste une heure, ça doit être trop cool.

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Echec

6 Juillet 2013 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Quand on regarde ma vie de plus près, on s'aperçoit vite qu'un mot, un seul, la régit: L'échec. Echec dans les relations aux autres, dans ces interactions qui lient un être humain "normal" aux autres êtres de son espèce.

Quarante-quatre ans, et quoi de plus? aucun ami à qui confier ses plus secrètes pensées (qui par moments sont tellement envahissantes qu'on a l'impression d'étouffer), aucune épaule solide sur laquelle s'appuyer quand la vie est si lourde qu'on a l'impression de s'enfoncer sous terre (ce qui en soit ne serait pas une mauvaise chose...), aucune raison d'être fier de se lever le matin, ou juste de se promener la tête haute...

Juste une accumulation d'erreurs, de mauvais jugements, d'occasions loupées, de regrets...

Oh bien sûr, cher lecteur, tu me diras que c'est pas vrai, que j'ai réussi un CFC (à la 2ème tentative...), que trois enfants sur cette terre sont en bonne santé grâce à moi (ou par ma faute, c'est selon...), que j'ai un taf qui paie bien (c'est drôle, quand on y pense, le travail de nuit, c'est ce qui me convient le mieux, au moins je dérange le moins de personnes possible, cachée dans l'ombre de ces usines vides, n'est-ce pas...)...

Mais qu'est-ce que c'est la réussite??? un examen de CFC passé avec brio? je suis pas la seule à l'avoir raté... et c'est pas la fin du monde. Une belle et grande maison pleine de rires d'enfants, avec la voiture de sport garée devant et la piscine derrière??? dans ce cas, les villes sont pleines de gens ratés... Des enfants bourrés de diplômes et super actifs, tellement qu'ils n'ont pas le temps de te voir???

Pour moi la réussite c'est pas ça. La réussite, à mes yeux, c'est regarder sa vie avec fierté, en se disant qu'on est allé au bout de ses rêves, qu'on a fait ce qu'il fallait, et que la vie a été généreuse avec soi...

Moi j'ai une vie vide. Vide d'amis, vide d'amour, vide de sens, vide de buts, vide de rêves.

Une scolarité loupée. Un CFC raté. Un mariage catastrophique. Des enfants paumés. Des amitiés avortées. Une solitude pesante, dans mes relations aux autres comme dans une vie de couple pathétique autant qu'inexistante, en dehors de quelques heures par semaine...

Le problème, de nouveau, c'est pas les autres, c'est moi. Moi et ma vision de ce monde dans lequel je n'arrive pas à me reconnaître, à m'intégrer.

Comme je voudrais trouver dans mon passé une seule raison de dire que ma vie n'est pas vaine (me ne parle pas, cher lecteur de mes enfants, ils ont grandi tous seuls, et ce que je leur ai donné c'est juste de la souffrance, assez pour qu'ils soient armés pour assurer leur survie)...

J'ai beau chercher, je trouve rien. Y'en a qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent avec brio et sans en avoir l'air.

Moi je rate tout. Famille, amour, amitié, travail, finances...et j'en passe.

Longtemps je me disais que ça viendrait, que la roue finit toujours par tourner, qu'il faut un peu de temps... Chimères.

Oui, la roue tourne. Pour toujours revenir à son point de départ. Oui, il faut du temps. Pour se rendre compte que rien ne change. A force d'y croire, j'oublie qu'il ne suffit pas de vouloir, qu'il faut pouvoir...à condition d'en être capable. A condition de le mériter.

Maintenant je n'y crois plus. J'arrête. Ne plus me réjouir de ce que ne viendra pas. Ne plus rêver à des illusions qui ne sont pas pour moi. Ne plus m'investir dans des rapports humains qui ne sont voués qu'à l'échec.

Echec. Que voilà un mot qui me caractérise. Et que mon entourage n'hésitera sûrement pas à utiliser s'il s'agit de me présenter.

Moi je subis l'échec avec honte, avec ce sentiment lancinant de devoir me cacher de la face du monde, ne pas montrer cette tare, ne pas crever de jalousie face à ceux dont la vie est une réussite.

La vie est une compétition. Que je perds tous les jours. Dans tous les domaines.

A quoi bon lutter???

Echec
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Moral de merde

4 Novembre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Moral de merde

Que je déteste ces moments-là! Ces moments où je suis seule, et que mes idées deviennent de plus en plus sombres, jusqu'à ne devenir qu'obsessions, désirs secrets de compter dans la vie de quelqu'un, d'être aussi importante aux yeux de ceux que j'aime qu'ils sont importants pour moi...

Ces moments-là arrivent sans prévenir, insidieusement, et il est trop tard de lutter contre une fois qu'ils sont installés. Généralement, ils sont précédés d'une sorte d'euphorie, d'un sentiment rassurant au cours duquel je me considère comme chanceuse de vivre ce que je vis. Suit une sorte d'espoir, une impression que les choses vont changer, qu'enfin la vie (ou le Destin?) va se décider à me donner un peu de ce que j'attends, que la roue tourne et qu'enfin je vais me sentir bien...

Consciente qu'il FAUT absolument que je change mon point de vue sur mes attentes de "bonheur", viennent ensuite les questions: Pourquoi y aurais-je droit? Qu'est-ce qui me fait penser que les choses vont changer? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter qu'elles changent? Pourquoi j'arrive pas à me contenter de ce que j'ai? Pourquoi personne autour de moi ne semble comprendre ce que je ressens, au lieu me répondre à chaque fois que je dois prendre sur moi une situation que je refuse de toutes mes forces, au lieu de me montrer une fois de plus que je suis une éternelle insatisfaite???

C'est à ce moment que les réponses affluent, tel un fleuve gonflé par l'orage, qu'aucune force ne peut stopper.

C'est ma personnalité qui ne mérite pas l'attention des autres, de ceux qui comptent vraiment pour moi, je sais que si je dis pas ce que j'attends les autres ne le devineront pas. Et de quel droit je leur imposerait ma vision des choses? Je ne suis rien pour mériter leur attention. Oh bien sûr, chaque contact avec ce monde dans lequel je suis pas bien me laisse penser que j'ai un côté de moi qui plaît aux autres, mais qu'est-ce que je leur apporte? Quelle trace de moi est-ce que je leur laisse? Prise dans mes délires de femme à l'ego surdimensionné, je n'arrive plus à donner aux autres ce qu'ils attendent de moi. C'est l'image de quelqu'un de prétentieux, d'égoïste, de creux que je donne à ceux que j'aime. Au fond, ça doit être ce que je suis, j'en sais rien. Alors que je me sens totalement à l'inverse de cette image. Je me perçois comme quelqu'un de fade, d'insignifiant, de terne.

Incapable d'assumer cette personnalité, j'en fais des tonnes en société. Trop. Au point d'éclipser les autres, d'oublier qu'ils existent, mon besoin d'exister est tellement fort que rien d'autre ne compte pour moi.

Ce qui me renvoie à cette question: Qui suis-je pour imposer la torture de ma présence à tous ces gens que j'aime??? Ne se porteraient-ils pas mieux sans moi?Pas sans me voir uniquement, non. Sans redouter de me croiser n'importe quand,de me voir débouler sans prévenir, d'avoir affaire à moi. Ne vaudrait-il pas mieux en finir avec la vie? Mettre un terme à mes souffrances, couper l'herbe sous le pied de ce Destin qui joue avec mes sentiments, avec mon ressenti, avec mes espoirs les plus fous???

Cà serait trop simple, trop facile: Un peu trop de Dafalgan, un saut depuis la fenêtre, un coup de rasoir sur le piognet....Mais ça demande du courage, un courage que je n'ai pas. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis "réveillée" avec le rasoir dans les mains, où j'ai refermé la fenêtre en vitesse, où j'ai vomi après avoir goûté un cocktail imbuvable...

Non, décidément je n'ai même ppas ce courage, pourtant je sais au fond de moi que ma disparition serait un soulagement. Pour moi, évidemment. Pour ceux que j'aime aussi. Surtout pour eux. Plus besoin de faire semblant de m'apprécier, de s'échiner à me faire croire que je compte pour eux, de jouer ce jeu stupide et lassant où je les quitte épuisés de supporter ma présence.

Alors je continue. Mes idées sont un trou sans fond, que je n'arrive pas à canaliser. Une spirale infernale, à laquelle rien ni personne ne peut mettre un frein. L'image que j'ai de moi en prend chaque fois un coup. Jusqu'où vont-elles me mener? Aurai-je toujours la force de reprendre pied? On dit qu'une fois qu'on est tombé assez bas, on ne peut que remonter. Ce bas dont on parle, n'en ai-je encore pas vu le fond?

On dit aussi que tout ce qui tue pas rend plus fort. Où est-elle cette force? Dans ma "liberté de penser"??? Où est-elle cette liberté quand l'esprit tordu qui me caractérise me ramène toujours à cette conclusion: Je ne suis rien, je ne vaux rien, je n'ai rien à donner à ceux que j'aime. Dans ce cas, au nom de quoi est-ce que je prends le droit de m'imposer aux autres, à ceux qui comptent pour moi?

Cercle vicieux pas excellence, ce dynamisme-là me torture chaque fois que je suis seule. Et vu que j'ose pas demander de l'aide, ça me tue. Pas en vrai, bien sûr, ça serait trop beau... Non, ça tue le plus beau de ma personnalité, le spontané de mon moi, ça dessèche mon coeur, je sens qu'à l'intérieur, je deviens vide. Au bord des larmes la plupart du temps, je n'arrive plus à m'émouvoir pour ce monde froid, que je comprends de moins en mois, que j'essaie de fuir de plus en plus.

Que je déteste ces moments-là...

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Celle que j'aurais voulu être

25 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Celle que j'aurais voulu être

C'est en deuxième année d'école que j'ai pris conscience des différences qui existent entre les êtres humains. Avec un peu d'observation, n'importe qui peut se rendre compte que c'est aux plus jolies filles et aux garçons les plus mignons que la maîtresse parle et sourit. Nous les moches on a droit de temps en temps à un regard contrit, le plus souvent à une ignorance méprisante. Et c'est pas un truc qui passe en grandissant. Surtout si comme moi on s'endort le soir en rêvant d'un corps de Barbie, d'un sourire Hollywoodien, d'un esprit vif et enjoué...pour se réveiller le lendemain avec un visage qui fait honte, un corps difforme, un esprit lent et triste... Mais comment font-elles toutes ces femmes qui jouent de leurs imperfections, qui en font des points forts, qui sont sûres d'elles, même avec des dents en avant, des bourrelets de graisse, un long nez, un esprit coincé et un sens de l'humour comparable à celui d'un four micro-ondes??? Il est vrai qu'on rencontre rarement tous ces défauts réunis dans la même personne, sauf chez moi. Ces femmes, bien dans leurs corps, bien dans leurs têtes, ont toutes la même réponse : "Le regard des autres, tu t'en fous", "L'important c'est toi si tu te sens bien", "Tu peux pas plaire à tout le monde", "Personne n'est parfait"...Mais bien sûr!!! Si c'était facile de s'accepter et de se faire accepter, ça se saurait... Moi, c'est avec assurance que j'aurais voulu traverser cette vie. Cette assurance qu'on sent chez toutes ces personnes qui savent que leur physique est un avantage, pas une tare. Cette assurance qui fait se retourner sur elles tous les regards (d'admiration, pas de pitié!). Cette assurance d'arriver toujours à obtenir ce qu'elles veulent d'un simple claquement de doigts... Je sais ce que toi, lecteur tu vas me dire: "..." Tu perds ton temps, ce que je vois dans le miroir tous les matins ne me convient pas. Et malgré tous mes efforts( sport, maquillage, look, entraînements d'élocution et j'en passe...), les surnoms de mon enfance et de mon adolescence (La grosse Sandoz, Le thon, Hulk...) reviennent à ma mémoire chaque fois que je vois mon image. J'évite donc le plus possible les miroirs, les vitrines, tout ce qui sur terre est suceptible de me rappeler que je ne corresponds pas à cette image que je voudrais projeter. Et j'évite le plus possible de sortir de ma maison, on a pas à montrer des choses moches. Je pense que si j'avais été comme je l'aurais voulu, mon histoire serait différente. Pas mieux, pas pire, juste différente. Toute façon, je saurai jamais si j'ai raison ou pas, on peut pas revenir en arrière. J'ai pas ce que les autres femmes ont, faut que je fasse avec (ou plutôt sans!!!). M'accepter est impossible, reste pour moi à assumer le regard des autres, c'est le plus grand défi auquel je suis confrontée. Je perds pas espoir, un jour peut-être quelqu'un m'aimera pour ce que je suis, pas pour ce qu'on voudrait que je sois... L'avenir me le dira...

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Le Viêt Nam

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Le Viêt Nam

Après des années passées à me demander le pourquoi de cette vie, le but ultime de L'Univers, après avoir remis en question l'existence même de Dieu, ma vérité m'est apparue. Petit-à-petit. La réincarnation: L'idée que cette vie-là n'est pas un but en elle-même, mais fait partie d'un tout, d'une succession d'épreuves imposées à l'âme pour lui permettre d'arriver un jour enfin à quelque chose de plus...???

Enfin bref, je pense sincèrement que mon âme ne se résume pas à cette vie, qu'elle a voyagé dans le temps, qu'elle s'est accomplie en d'autres lieux, en d'autres siècles...Devin egyptien, sorcière médiévale, révolutionnaire français...tout est permis, on a en général pas de souvenirs de nos vies antérieures. Moi j'ai été soldat américain tombé au Viêt Nam...Et pourquoi pas??? Voilà qui expliquerait ma fascination pour cette guerre. l'intérêt pour tout ce qui s'y rapporte, l'admiration sans bornes de tous ces vet revenus de là-bas, complètement détruits, mais toujours vivants... Même cet incongru sentiment de soulagement chaque fois que j'entends un hélico (alors que jamais dans cette vie je ne suis montée dans un engin pareil!) trouve sa raison d'être dans ce raisonnement.

D'accord, une fois de plus je passe pour une allumée du ciboulot, une foldingue qui se raconte des histoires et qui finit par y croire, une tarée qu'a passé trop de temps derrière la télé. J'assume. C'est mon trip, ma conviction, mon espoir fou. C'est surtout une façon de me dire que si j'en suis là dans cette vie, c'est parce que au Viêt Nam j'ai été amené à commettre des horreurs, payables dans cette vie. C'est ptêtre faux, mais moi j'y crois, ça m'aide à supporter ces souffrances intérieures, ces injustices et ces larmes versée sur la méchanceté des gens... Certains, pour avancer, croient qu'il y a deux mille ans de ça une femme est tombée enceinte par le Saint-Esprit... Qu'on me prouve que je me trompe et je m'inclinerai...

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