les copains
Karine
Karine c'est la compagne du meilleur copain d'Olivier, son témoin de mariage. Divorcée, un enfant, elle a déjà une drôle de réputation quand elle commence sa relation avec son Olivier, quand elle entre dans nos vies. Généreuse, ouverte(!), paysanne dans l'âme, travailleuse, honnête, franche, soignée, gaie, joviale, accordéoniste de talent(!), aux petits soins pour sa famille, dévouée, intelleigente, gracieuse,....elle a toutes les qualités. Je comprends vite que je dois m'en faire une amie. Toute façon on me demande pas mon avis... Les deux Olivier sont copains, une belle amitié qui dure depuis leurs quinze ans, c'est pas moi qui vais mettre un terme à leur complicité(!!!). Mon Olivier lui trouve toutes ces qualités, et tant d'autres, je comprends un peu plus tard que je suis pas de taille à lutter contre elle. Avec sa façon particulière, elle s'approprie notre famille. Insidieusement, mais sûrement. Moi, dans ma bulle de "je-suis-amoureuse-rien-ne-peut-gâcher-ce-bonheur..."je laisse faire. Elle s'invite chez nous. Pour le café, pour le dîner du dimanche, pour les fêtes qui rythment l'année(anniversaires, fête nationale, Noël, novel-an, les mi-étés....), elle me confie ses enfants plusieurs jours de suite, pendant les foins, pendant les vacaces scolaires, à la moindre occasion sous prétexte qu'elle a trop de travail pour s'en occupre... avec pour motivation officielle que son Olivier refuse de faire du spécial si son copain n'est pas de la partie. Officielle parce qu'en réalité son jeu est pervers. Je découvre qu'en fait mon mari est fou d'elle. Qu'il ne voit de beau qu'elle, qu'il ne pense qu'à elle. Elle le sait et ça lui plaît. Elle use de son influence sur lui. Pour lui montrer que je vaux rien, qu'il serait tellement plus heureux avec elle, que son bonheur à lui dépend d'elle. elle lui fait miroiter un avenir radieux si il me quitte pour elle. Lui fait croire qu'elle est une vraie femme, capable de lui donner des choses que moi je refuse... Si bien qu'au bout de quelques mois de ce petit jeu mon mari se lance: La seule façon qu'il a trouvée de satisfaire son attirance pour elle est un échangisme. Je couche avec son copain, il a enfin l'occasion d'assouvir ses fantasmes. Je refuse, évidemment. Qu'importe pour lui, il a le temps. Il m'aura à l'usure. Toutes ces fois où il me fera l'amour en me bassinant ses "faisons-le, tu verras ce sera bien, toi qui aimes ça tu vas adorer, imagines: il te sautes et tu jouis en pensant à moi...." Il lui faudra une année et demie pour me convaincre. Lasse des cette pression, je cède. Tout en sachant que c'est la fin de mon couple. Il met tellement d'assiduité à me faire céder que je sais à ce moment-là que j'ai perdu. Perdu mon mari, ma famille, mes illusions de couple fidèle et attaché quoiqu'il arrive. Je le mets en garde là-contre, il refuse de m'entendre. Se met en colère même. Souvent et c'est à peu près à ce moment qu'il commence à m'insulter, à me mépriser. Oh il l'avait déjà fait auparavant, mais jamais aussi ouvertement. Là il ne se gêne plus. Je me dis alors que pour pas le perdre faut que j'accepte cet échange. Ok. Je le fais, mais ne m'en parle plus après. Promis, c'est juste une fois, après juré je passe à autre chose. Tu parles! Faudra répéter la même transaction 4 fois, dont une nuit complète. Karine, elle est bien contente, elle a expérimenté les prouesses sexuelles de mon mari. Ca lui plaît, mais c'est elle qui mettra un terme à ces agissements. En couchant avec d'autres copains de son Olivier, laissant le mien avec le coeur brisé. Combien de larmes versées sur mon épaule, au nom de cet amour délaissé, combien de sms ai-je écrits à sa demande(il ne sait pas écrire de sms), d'amoureux transi afin de la récupérer... Mais son jeu n'en finit pas. Elle recommencera à venir chez nous, me faisant croire qu'elle est mon amie, à chaque fois qu'elle sent que mon homme se détourne d'elle. Moi je laisse faire... J'ai perdu mon mari dans cette histoire, mais j'ai trouvé l'Amour. Son Olivier, qui m'a..."surprise en bien" au cours de ces échanges, me laisse pas indifférente. Condamnés tous deux à passer pas mal de temps à nous occuper ensemble de nos enfants (pendant que nos moitiés vont s'afficher dans les mi-étés...), nous nous rapprochons. Dangereusement. Une complicité grandissante nous unit. Un amour fou aussi. Impossible. Mais ô combien fort. Des sms, de plus en plus fous, de plus en plus explicites, à un rythme effréné. Des rencontres, aussi. Pas nombreuses, mais toujours très intenses. Jusqu'au jour où Karine fouille le natel de son Olivier... Elle fera son possible pour ruiner notre relation, jurant vengeance face à moi, qu'elle dit prendre pour une amie... Le temps nous dira si l'amour existant entre son Olivier et moi aura eu raison d'elle,, mais je ne regrette rien. Le Destin fera ce qu'il a à faire. Elle se dit détruite, moi je pense surtout qu'elle s'attendait pas à ce coup-là, il n'y a jamais eu d'amour entre eux... Mais j'attends qu'elle dégage, c'est lui que je veux pour finir ma vie, c'est moi qu'il veut pour finir la sienne. Au nom de quoi on aurait pas le droit d'être heureux ensemble???
Charla
Charla, c'est mon tit frère depuis vingt-cinq ans. Une belle gueule, une réputation sulfureuse, un passé lourd, un coeur solitaire... Tout ce qu'il faut pour me faire craquer. Oh qu'on se rassure, c'est le seul homme de mon entourage avec lequel j'aie jamais eu envie de coucher. Non, Charla, c'est quelqu'un qui me considérait comme sa bonne copine, même pas comme sa soeur (il en a déjà deux!). On s'entendait bien, de trip en trip, le fou rire n'était jamais loin quand on était réunis. La même passion pour le Viêt Nam, un intérêt commun pour la moto (de cross, s'il vous plaît!), une même vision de la femme parfaite...Une complicité inouïe avec ce mec que j'avais jamais vu avant (mais dont j'avais déjà entendu parler...) est née presque instantanément quand on s'est connus. Avec lui, je me sentais en sécurité, je sais que rien ni personne n'aurait pu me faire de mal. Je me sentais respectée, écoutée, appréciée... On s'étonnait des fois de s'entendre si bien, on en rigolait. Je savais que je pouvais être moi-même, il ne m'aurait jamais jugée. Le nombre de fois où il est venu comme modèle au salon pour une apprentie... Le nombre de fois où il m'a laissé conduire sa voiture(une Opel Manta II divine!!!) alors qu'il refusait catégoriquement de la prêter à ses copains... Sans parler de nos soupers du lundi qu'on aurait raté pour rien au monde. après un reps que je passais des heures à préparer, Martial allait se coucher et nous restions tous deux au salon, à discuter des heures,, partant dans des trips que nous seuls comprenions, essayant de remonter le moral de l'autre quand il n'allait pas bien, nous racontant l'un à l'autre sans tabou... Je l'ai perdu de vue au moment où j'ai quitté la Sagne, mettant fin sans le vouloir à une merveilleuse amitié. On se revoit de temps en temps, mais c'est plus pareil. Par égard pour la jolie famille qu'il forme avec Esther et leurs deux enfants. Je n'ose même pas parler du bon vieux temps avec lui, ça ne ferait que réveiller des souvenirs oubliés, qu'Esther ne comprendrait pas. Repenser à lui me plonge dans une nostalgie profonde, un désarroi inexpliquable. Pour moi il fut et reste un héros, un ami, un ange gardien, un symbole de ce qu'un homme devrait être avec une femme... C'est ma façon de voir cette amitié, et je préfèrerais ne pas lui demander de quelle façon lui l'a vécue, je voudrais pas entacher la plus belle parce que improbable et surprenante amitié qui ait existé entre un autre être vivant et moi.
Olivier P.
A la fin de cette longue période durant laquelle j'attends toujours Vait la peur au ventre, je recommence à sortir. Oh très peu... Juste la fête villageoise de La Sagne, où je me rends avec Turco, pendant que Marie-Jo reste à la maison avec Edith. J'essaie de m'amuser, mais le coeur n'y est pas. Cette musique, ces gens qui boivent, tout ce bruit avec lequel tu peux pas discuter...pourtant je reste... Et là, un Olivier(premier d'une série!!!), s'approche de moi et me cause. Cet Olivier-là, c'est le frère d'une bonne copine d'Evelyne. Mignon, très intelligent, un sens de l'humour un peu tordu...la mayonnaise prend. On finira cette fête villageoise attablés, à discuter de tout et de rien, bien après que la musique se soit arrêtée... Le courant passe bien entre nous. Il a une vision de la vie et du monde qui nous entoure qui me convient, je parle de tout avec lui, je me sens en confiance, je me livre pas, mais il m'aide à me reconstruire. La relation qui nous unit est purement platonique, et pendant deux mois on se téléphonera presque tous les jours, on se verra deux à trois fois par semaine, il ira jusqu'à m'emmener aux Brenets dans un cabaret bien connu où on se rend compte que ce sont des travestis qui assurent le spectacle, au grand effroi d'Olivier...Que de bons moments passés avec lui, sans ambiguités, j'aurais voulu aller plus loin avec lui, mais il a toujours refusé... C'est ptêtre pour cette raison qu'il reste pour moi une des plus belles histoire d'amitié que j'aie entretenu avec un homme. Merci Olivier P., tu as su, avec ta patience et ton amitié m'aider à me reconstruire, tu fus un ami fidèle, auquel je pense encore avec gratitude.
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