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Encore :-(

22 Août 2015 , Rédigé par Michèle

Encore :-(

Au cours de cette magnifique semaine passée en compagnie de Christine si loin de chez moi, j'ai u le temps de refaire un tour dans mon passé. J'ai déconné grave, je m'en rends compte, surtout avec Olivier, qui a été, il faut bien le reconnaître, d'une patience exceptionnelle avec moi, d'autres que lui auraient déjà porté plainte pour harcèlement.

Il ne m'aime plus, ses sentiments ont disparu, il me l'a dit.

Punaise ça fait mal, mais il faut bien l'accepter, il ne sert à rien de continuer à se battre contre du vent.

Soit, c'est gonflée d'une nouvelle confiance en mi que je suis rentrée de vacances.

Julien me quitte, Matthias se bat seul contre ses démons, Océane a sa vie, tout comme Olivier.

Plus personne n'a besoin de moi, il me faut trouver un sens à ma vie.

Je vais commencer par déménager, construire un un nid, un foyer pour moi toute seule, un endroit où je serais bien à l'abri de la cruauté de ce monde qui m'entoure.

Je vais aussi essayer de trouver un autre taf, dans la coiffure par exemple, histoire de continuer à voir un peu de monde, parce que faut bien l'avouer, c'est pas au milieu de la nuit que j'ai l'occasion de me changer les idées en rencontrant de nouvelles personnes.

Je suis même prête à oublier Olivier, à ne plus lui écrire, à ne plus pleurer quand je pense à lui.

Adieu le passé, bonjour l'avenir. J'avais réussi à assumer mon départ, les conditions dans lesquelles tout s'était déroulé, j'y pensais de plus en plus rarement, j'étais presque arrivée à ne plus culpabiliser à propos du mal que j'ai fait à mes enfants (presque, parce que je sais que je me sentirai toujours coupable d'avoir bousillé leurs vies).

Bref, j'étais prête à tourner la page, essayer d'aller de l'avant, laisser le passé à sa place.

C'était une fois de plus aller trop vite. et sans compter avec Karine, qui s'est rapprochée de Julien par le biais de leur club d'accordéon.

Au nom de cet amour de la musique, il passe quelques après-midi en sa compagnie à jouer et partager des partitions, il progresse à pas de géants, moi je suis trop fière de lui pour y trouver à redire, ça lui fait du bien, et c'est toujours une amie à ses yeux.

Je me fous pas mal de cette pouf, et de ce qui peut lui arriver de bien ou pas.

Sauf que sans que je m'en rende compte, elle a réussi là où mon ex a échoué. Elle me fait passer pour la salope de service aux yeux de mon fils, lui racontant sa version des événements, la souffrance qu'elle a enduré, la trahison de celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie, lui expliquant qu'elle était victime de mes manipulations, tout comme son papa, que la méchante c'est moi, mais que malgré tout elle m'a pardonné.

Julien, évidemment, me regarde désormais avec des reproches dans les yeux, ne comprend pas pour quelle raison je lui ai menti aussi effrontément, est déçu de mon comportement.

Il va falloir me replonger dans cette période sombre de mon histoire que j'essaie vainement d'oublier.

Ressasser une fois encore toutes ces émotions, tous ces souvenirs, revivre cet enfer.....j'ignore si j'en aurai la force.

Mais là je suis en train de perdre mon fils.

Il souffre de se rendre compte que finalement je suis pas la personne qu'il croyait que j'étais. Une fis de plus, j'ai déçu une personne importante à mes yeux, quelqu'un que j'aime plus que tout, mais pour qui je n'ai pas été digne.

Ce n'est pas le regard qu'il pose sur moi qui me fait mal, c'est savoir que plus jamais rien ne sera comme avant.

Jusqu'à présent, j'avais cette certitude que qui qu'il arrive, Julien et mi on serait toujours là l'un pour l'autre.

Désormais ça ne sera plus le cas.

Je suis seule à partir de maintenant, ne me restent plus que les yeux pour pleurer.

J'ai tout perdu. A quoi ça sert de se battre sans personne à ses côtés?

J'ai souvent tenu le coup pour Julien, me disant qu'il avait besoin de moi, que je ne pouvais pas abandonner, pour lui.

Je n'ai plus de raison de continuer.

Mon but: en finir au plus vite, quitter ce monde que je ne comprends plus, auquel je n'apporte que du négatif.

Partir, pour soulager un peu de la misère de ce monde.......

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Sardaigne

14 Août 2015 , Rédigé par Michèle

Sardaigne

Cette année, ma copine Christine a subitement éprouvé le besoin d'aller se recueillir sur la tombe de son beau-père, inhumé en Sardaigne, sa terre natale.

Je n'ai pas compris pour quelles obscures raisons, elle a décidé d'effectuer ce pèlerinage en ma compagnie. Vu que mon porte-monnaie est aussi vide que mon lit quand je n'y suis pas, elle a pris à sa charge toutes les dépenses inhérentes à ce voyage.

Moi qui n'ai jamais vu la mer, jamais pris l'avion, c'est avec mille scrupules et questions que j'ai accepté cette semaine hors du temps.

Pourquoi moi? Que lui apporte notre amitié? Serai-je à la hauteur? Ne vais-je pas plutôt la décevoir? Que vais-je pouvoir lui donner que son mari ou sa fille lui refusent?

Dormir dans le même lit qu'elle, ne va-t'il pas poser problèmes? je ronfle, je bouge, je me lève souvent, sans compter les odeurs qui émanent de mon corps bouffi et plus du tout humain.

J'ai à peine accepté son offre que je le regrette déjà.

Christine, c'est ma copine, une amie chère, à laquelle j'ai confié tellement de chagrins, tellement d'espoirs, tellement de larmes.

En partant avec elle, je vais perdre une des plus belles amitiés de ma vie. Je le sais, je le sens. Mais il est trop tard pour faire machine arrière. Les billets d'avion sont commandés, payés, nominatifs.

Je ne parlerai pas ici des circonstances dans lesquelles je fais ma valise cette première semaine d'août. Matthis toujours à PF, Julien à mi-chemin entre chez son papa et chez moi, Océane en célibataire éplorée parce qu 'Adri est parti 10 jours en vacances, Un bordel monstre dans mon appart en préparation du déménagement dont je n'ai toujours pas la date, sans oublier qu'Olivier est passé il y a 3 jours pour me rendre les clés dont il a décidé de ne plus se servir.

Je songe sérieusement à annuler ce voyage, je n'ai pas le coeur à partir et les laisser tous, je sais bien qu'à mon retour la situation n'aura pas évolué, je sens bien qu'Olivier m'aura oubliée, définitivement. Je sais bien aussi que j'aurai perdu Christine.

En partant, je perds encore un peu plus ceux que j'aime, mais je ne peux pas me défiler.

Alors soit. Je partirai. Le coeur gros, l'âme en peine, mes espoirs, une fois de plus, déçus. Mais je partirai.

Là bas, tout est merveilleux. L'hôtel est magnifique, les gens super gentils, les paysages à couper le souffle, la mer, ben c'est la mer, je l'ai enfin vue, je peux mourir tranquille.

Sauf que c'est avec Olivier que j'aurais voulu découvrir cette partie aquatique du monde.

C'est avec lui que j'aurais voulu me promener sur la plage, dormir dans cet hôtel, goûter le douceur de vivre à l'italienne, visiter ces petits villages tellement authentiques, admirer le coucher du soleil, main dans la main,comme tous les amoureux que nus crisons le soir sur la jetée.

Je passe cette semaine le coeur déchiré, serré chaque fois que je croise un couple, les larmes au bord des yeux devant chaque nouveau paysage que cette île magnifique nous offre.

C'est là-bas que je réalise que jamais plus un homme ne me dira je t'aime, plus jamais je ne m'abandonnerai à la sécurité de bras qui me serrent, plus jamais je ne serai belle dans les yeux de quelqu'un. Non pas que ça eût été le cas jusqu'ici, mais cet espoir qu'un jour moi aussi je passe par là s'éteint, lentement, inexorablement, froidement.

Oh bien sûr, j'ai la chance d'avoir une famille, des parents, des soeurs, des enfants, qui comptent à mes yeux, bien plus que souvent je ne le reconnais, j'ai des aies, fiables, pour le moment, mais je sais que ça sera pas éternel quand on connait mon talent naturel de tout gâcher, j'ai des collègues en or, des connaissances respectables.

C'est désormais avec toutes ces personnes que je vais faire ma vie.

Mais un homme, un vrai, que j'aimerais et (oh miracle!) qui m'aimerait, faut bien s'en rendre compte, ce n'est pas pour moi.

Il me faut désormais fermer mon coeur à tout élan de tendresse, d'amitié, d'amour.

Et me veiller à ne pas tomber dans le piège de l'amertume, de la rancoeur, de la jalousie.

Cette semaine passée loin de la maison fut, je le reconnais, merveilleuse. Sur tous les points.

Me retrouver seule au bord de cette mer dont j'ai si souvent rêvé, à contempler le lever du soleil, de la musique plein la tête, m'a permis de retrouver le fil de mes pensées, rompu jusqu'à présent.

Oui, j'aurais voulu une famille unie, des rires d'enfants plein la maison, un mari pas forcément tendre, mais présent, une raison d'être fière de ce que j'aurais construit, quoi.

Au lieu de ça, je me retrouve seule à me débattre pour le bien de mes enfants, à lutter contre mes sentiments, à jouer la comédie devant ceux que j'aime (oui oui, moi ça va, merci!!), à chercher un moyen de fermer mon coeur, ce coeur que refuse de m'obéir.

J'ai découvert au cours de cette semaine magique, que la force dont j'ai besoin pour y arriver ne viendra pas de l'extérieur. Qu'il me faudra la trouver en dedans, mais je ne sais pas où.

Je me sens comme une construction en allumettes, mais sans colle. Prête à m'effondrer au moindre souffle, bancale, sans fondations.

Pourtant va bien falloir trouver un moyen de continuer à tenir debout.

On dit souvent qu'il suffit de donner un sens à sa vie pour trouver la force de continuer à se battre.

Je ne sais pas quel sens a ma vie, quel sens lui donner. Si même Olivier, alors qu'il m'a tellement aimée ( à ses dires....) ne veut pas de ce que j'ai à donner, je ne comprends pas pour quelle raison je devrais continuer à vivre. Je reste persuadée que le monde se porterait mieux sans moi, pourtant je n'ai pas non plus la force de mettre fin à cette vie.

Que faire de ce temps passé sur cette terre? Comment occuper toutes ces heures qui se profilent devant moi? Par les larmes, évidemment, mais cela suffira-t'il?

Ne plus rien attendre de la vie, même à mon âge, alors que j'ai touché du bout des doigts ce bonheur qui m'est à présent refusé, voilà un challenge que je n'ai ni le courage ni l'envie de relever. Pourtant voilà à quoi se résume mon quotidien à présent. Oublier mes rêves, mes espoirs, mes souvenirs.

Survivre, accepter, respirer. Tant pis pour tout ce que j'aurais voulu vivre.

Reprendre pied, et continuer. jusqu'au bout.

Seul espoir: Que ça ne dure pas trop longtemps.

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Tourner la page

2 Août 2015 , Rédigé par Michèle

Tourner la page

Voilà. Ma vie fout le camp, je n'ai plus de repères, plus d'envies, plus de raisons de me battre.

Mon aîné, cet être que j'ai juré de protéger et d'aimer toute ma vie au moment même où j'ai posé les yeux sur lui, ce fils que aurait dû devenir un homme un vrai, est définitivement perdu.

Perdu pour lui, perdu pour la société, perdu pour moi. Schizophrène, il n'aura jamais droit à une vie normale, pas de famille à lui, pas d'avenir, il sera toute sa vie un poids pour le société.

J'ai longtemps essayé de ne pas le voir, de fermer les yeux sur cette triste réalité, là je n'ai pas le choix. Je dois bien admettre que par le mal que je lui ai fait durant son enfance, il sera marqué à vie.

Echec supplémentaire dans le chapelet que je mets un point d'honneur à broder depuis ma naissance, celui-ci est à mon sens le plus dramatique. J'ai bousillé la vie de mon fils.

Tu vas me dire, cher lecteur, que non, ça n'est pas ma faute, qu'il faut que j'arrête de me rendre responsable de tout ce qui foire dans la vie de mes enfants, que leurs choix sont les leurs, et que je n'ai pas à revenir dessus. --c'est gentil, mais tellement erroné.

Je n'ai pas su être la maman des mes enfants. C'est aussi simple que ça.

Mon plus grand regret dans cette vie que je m'obstine à continuer de vire ( va savoir pourquoi) c'est d'avoir par trois fois essayé de me prouver que je pouvais être une mère.

Jamais je n'aurais dû faire des enfants. Je savais bien pourtant que je n'arriverais pas à faire de la chair de ma chair des adultes raisonnables et responsables.

Mon comportement de malade mentale a entraîné ces trois pauvres enfants sur des pentes tellement glissantes que je ne pense pas qu'ils arriveront à les gravir. Pas avec ce que je leur ai donné en tous cas.

J'ai toujours pensé que l'amour était plus fort que tout. Ben non.

L'amour ne suffit pas.

Je n'ai pas encore compris ce qu'il faut de plus, ce que les autres ont en plus pour réussir là où moi je rate, et à mon âge je pense que c'est pas dans cette vie que j'aurai la solution.

Ma fille, grâce à son caractère en acier trempé, s'en sort pas trop mal, c'est vrai. Mais c'est parce qu'elle a compris très tôt le danger que je représentais, et qu'elle a su prendre ses distances. Refusant très jeune mes ingérences, elle a appris à se débrouiller seule très vite.

Mon cadet, quant à lui, je pense que des années de psychanalyse ne parviendront pas à faire disparaître chez lui ce sentiment tellement fort de culpabilité que moi seule ai suscité chez lui.

Les torrents de larmes que j'ai versés devant lui, qu'il a si tendrement effacés de mes yeux sont autant de poignards plongés dans son coeur si doux, si fragile, si jeune...

C'est une bonne chose qu'il parte habiter avec son papa, en coupant ce cordon qui nous lie, c'est lui qu'il parviendra à protéger.

Je ne parlerai pas d'Olivier C., cet homme qui restera à jamais l'homme de ma vie, mais qui ne veut plus de moi.

J'ai tout perdu. A supposer que j'aie eu quelque chose à un moment dans ma vie, évidemment.

Plus rien à perdre, plus rien à garder, plus personne à aimer. Plus personne qui m'aime.

C'est la vie.

C'est ma vie.

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