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Deuxième année

27 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma vie de femme mariee

Deuxième année

Nous commençons notre deuxième année de mariage à la Brévine. Complètement immergée dans mon noueau rôle de maman, je nage dans le bonheur. Mon fils est un adorable bébé, et c'est pour moi une expérience riche en émotions que de le voir grandir, s'ouvrir à la vie en découvrant chaque jour un peu plus de ce monde qui l'entoure, et cette nouvelle vie qui se développe en moi me conforte dans cette idée folle que je serai une bonne mère... Mon mari, que je vois peu, est pareil à lui-même. Un bon père, qui prend le temps de jouer avec Matthias, un travailleur infatiguable, un ami fidèle à ses copains de beuverie. Pas alcoolqiue, mais bon noceur, il rentre bourré un à deux soirs par semaine, ce qui donne lieu à des disputes quelques fois violentes( je me rappelle qu'une fois il a cassé un biberon de notre fils, histoire de "me montrer qui commande chez lui", ce qui me plongera pendant deux jours dans une peur viscérale d'avoir remis les pieds dans l'enfer vécu avec Vait). Mais je me fais une raison: mon mari m'aime, il est fier de la tite famille que nous formons, et surtout je l'aime cet homme, il me fait rire, me rassure (la plupart du temps!), me fait bien l'amour, j'essaie de me montrer digne de ce bonheur qu'il me donne, tout en me disant que je le mérite pas... C'est en septembe 94, six semaines après la naissance d'Océane que nous déménageons (dans ce qui va devenir pour moi au fil des années une prison), aux Prises pour reprendre la ferme de son père. Je suis sur un nuage, mes deux enfants disposeront du plus beau terrain de jeu qui soit (la nature), mon mari donnera enfin un sens à sa vie, moi j'aurai enfin de l'occupation (oubliée ces heures de sieste de Matthias passées à me demander comment je vais m'occuper), et, bonne nouvelle, Patrick, mon beau-frère habitera avec nous, pour des raisons pratiques (son domaine est plus près de chez nous que de chez ses parents)... Je suis curieuse de vivre cette cohabitation, persuadée que ça sera un plus enrichissant pour mes enfants de grandir dans cette famille "élargie", me réjouissant de cette complicité (logique) qui va s'installer entre lui, mon mari et moi, pressée d'apporter à ces deux hommes détruits par un même drame une famille unie, pleine de joie, de rires, de...disons-le bonheur. Ce que j'ignorais, c'est qu'ils n'en voulaient pas de cette famille à deux balles. Le lendemain de notre déménagement, à l'heure d'aller chercher les vaches au pré (il était logique que ce soit à moi de le faire, Olivier ayant autre chose à faire), Océane réclame son biberon. Ni une ni deux, je me dépêche de le lui donner avec un stress grandissant ( persuadée que je suis que c'est le bon choix de faire passer notre fille avant les animaux, surtout qu'en général Océane est rassasiée en mois de dix minutes), surtout que je vois Olivier par la fenêtre qui se dirige vers les vaches pour les ramener. Paniquée à l'idée d'être en retard, consciente de ne pas répondre à l'attente de mon mari, je remets ma fille dans son lit, et pique un pas de course pour rattrapper mon homme en lui disant: "pardon, je suis en retard, mais c'est bon, je rentre les vaches, tu peux faire autre chose pendant ce temps." Sa réponse fut pour moi une vraie baffe: "Fous le camp, j'ai pas besoin de toi, démerde!"... C'est en forêt que j'irai verser mes premières larmes, à l'abri des regards, essayant de comprendre l'attitude injuste de mon mari. Ces mots, prononcés sur le coup de la colère, résonnent encore en moi, première demonstration de sa part de mon incapacité à le seconder efficacement (il dira un jour à ma famille que ce que je fais même un singe y arriverait mieux que moi), premier signe de mépris pour la peine que je me donne à assimiler un métier que je déteste, premier rejet de ces efforts que je fais pour lui plaire. L' humiliation est d'autant plus grande que les voisins ont assisté à cette scène. Ce jour-là, je sors de la forêt bien décidée à ne jamais reproduire cette situation, ayant assimilé que je dois faire passer les besoin de mon homme avant ceux de mes enfants... Grave erreur, dont les victimes innocentes seront marqués par cette idée que le travail passe avant eux.Ce n'est que le lendemain que mon mari me reparlera en me faisant comprendre que si je veux rester auprès de lui, il faudra que je le laisse me guider, me commander, me dire ce que j'ai à faire, ne jamais m'opposer à lui, accepter de lui obéir, sous peine de me trouver à la rue si je faillis à ses volontés. J'accepte, terrorisée à l'idée de voir mes enfants grandir sans leur papa à cause de moi. Cette seconde année de mariage est marquée par tellement d'autres scènes comme celle-ci, au cours desquelle mon mari en sort vainqueur à chaque fois, appuyé par son frère, qui trouve très intéressantes nos disputes, et à qui je n'arrive pas à faire comprendre mon besoin d'intimité pour fonder une vraie famille. Au fil du temps, j'ai rapidement arrêté d'essayer de montrer mon désaccord avec mon mari. Je me rends compte que je suis incapable de tout, que mes décisions sont toujours mauvaises, que je suis "bête comme mes pieds", qu'il n'y a que lui qui sait. Moi je laisse ce sentiment de sous-estime de moi m'envahir, si il gueule de cette façon c'est qu'il a raison, je suis une merde, mon mari et son frère me l'ont bien fait comprendre. C'est dans cet état d'esprit que je passe mon premier hiver là-bas, passant régulièrement 18 heures par jour à soigner les animaux, m'occuper de nos enfants, faire à manger, le ménage, la lessive, essayant encore en plus de faire de notre maison un vrai foyer... Sans jamais une quelquonque reconnaissance de la part de mon mari on de son frère pour tout ce que je m'épuise à faire. De leur point de vue, je suis une "flemme", une de ces "pétasse de ville", qui "fout rien de ces journées". Epuisée, je n'ai plus la force de réagir... Cet état de fait, il me faudra 18 ans pour m'en défaire...

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Nadine

26 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle

Nadine

Ma nièce, seconde fille de Marie-Jo, Nadine reste pour moi depuis dix-neuf ans, une énigne totale. Mais que se passe-t-il sous ces longs cheveux noirs, derrière ces grands yeux noisette, que cache ce sourire??? Adorable petite fille, un esprit vif pour ne pas dire fulgurant, un humour destroy, Nadine passe une enfance que, vue de l'extérieur, je qualifierais de belle. Bien dans sa peau, jusqu'à la puberté, elle réagit comme sa maman au début de la transformation de son corps...Comme une huitre protégeant sa perle, elle se ferme. Bien qu'ayant nettement moins de contact avec elle qu'avec sa soeur, c'est une jeune fille que je perçois comme taciturne, triste, pleine de jolies choses dans sa tête qu'elle refuse de partager...avec moi en tous cas. C'est un jour où je passe chez ma soeur absente que je découvre avec surprise une autre Nadine. Joviale, drôle, à l'écoute de son interlocutrice, généreuse en paroles et en don de soi, je ne l'avais jamais vue comme ça... Quel bon moment passé ce jour-là! Au cours de mes visites suivantes chez Marie-Jo, je trouvai à nouveau la Nadine dont j'avais l'habitude, me saluant à peine, se cachant dans sa chambre. Que se passe-t-il chez elle??? Que cache ce comportement??? C'està loccasion d'une absence de sa maman alors que j'étais passée boire un café que j'ai compris... C'est seule, quand aucun membre de sa famille n'est présent qu'elle devient cette adorable jeune femme que j'apprécie. Est-elle naturelle avec moi ou joue-t-elle un rôle? Qui est la vraie Nadine? J'en sais rien, et c'est pas mon rôle d'essayer de percer les secrets de sa personnalité. Ce qui est sûr, c'est que j'adore ces moments de trips déjantés, qui ne font rire que nous, j'adore ces moments d'echange avec elle, c'est une personne ouverte, sensible, généreuse, une très belle personne. J'espère que la vie ne la malmènera pas, elle ne le mériterait pas. Merci Nadine, tu écoutes sans juger, et c'est ppour moi le plus précieux des cadeau.

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Matthias

26 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma famille

Matthias

Mon fils. Mon aîné, le premier petit-fils de mon papa.C'est pleine d'illusions (perdues à l'heure actuelle) que j'accueille dans mon coeur, dans ma tête, dans ma vie ce petit être totalement dépendant de moi. Sa première année de vie se passera pour moi comme dans un rêve... A sa disposition complète, je calque mon rythme de vie sur le sien. J'essaie dans un premier temps de le nourrir au sein, mais je me trouve vite dépassée par ce choix (il pleure encore, a-t-il assez mangé? je viens de lui donner, pourquoi pleure-t-il? et ces douleurs quand il tète!!! )... Premier abandon d'une belle résolution, premier échec. Mais quel soulagement de lui donner son premier biberon! Pas d'angoisse quant à la quantité absorbée, aucune douleur, que du bonheur... Très rapidement, je tisse avec lui un lien très fort, un lien que je pense indestructible... Lorsque sa soeur pointe le bout de son nez, nous avons, Matthias et moi, un impressionnant passif d'heures passées dans le canapé serrés l'un contre l'autre, période de sa vie dont je garde un tendre souvenir. Il est mon premier né, il est ma réussite. Il grandit sous ma coupe. Un peu moins pressé que sa soeur, il commencera à marcher en même temps qu'elle, apprendra à parler au même moment qu'elle. Je le vois comme une chose fragile, je le lâche pas, au détriment d'Océane... Soucieuse de son bien, je m'applique à l'aider en tout. Je m'en rends pas compte sur le moment, mais je l'étouffe. C'est au cours de sa première année d'école enfantine que sa maîtresse nous rend attentifs à son problème de psychomoticité. Ce problème, je le reçois comme un coup de poing à l'estomac (Mon fils? un problème? c'est impossible! Mon fils est parfait, c'est sa maîtresse que déraille...). C'est avec émotion que je prends conscience que si Matthias a développé ce problème, c'est a cause de mon comportement, Mère poule que je suis, j'ai fait de mon adorable fiston un être dépendant, fragile,déficient psychomoteur... A nouveau par mon égoïsme je détruis ce que j'aime. Il lui faudra deux ans de thérapie pour rattrapper le retard accumulé. Il grandit gentiment, et c'est à nouveau trop tard que je prends conscience d'un autre problème: mon fils a pris du poids. Trop. Le médecin n'en revient pas, il est passé en deux ans d'un poids légèrement au-dessous de la moyenne à une obésité morbide. Qu'on essaie de soigner. Par des régimes, par du sport, par une obsession de ma part d'inverser cette tendance. Rien ne lui est épargné, du séjour à l'hôpital des enfants à Bienne aux quinze jours en unité pédiatrique de l'hôpital de Chaux-de-Fonds où il suivra un programme spécialement développé pour lui...qui se soldera par un cuisant échec. Moi qui ai souffert d'un problème de poids au cours de mon enfance, je vis très mal cette situation. Son corps me rappelle tous les jours ces insultes reçues en pleine figure, la méchanceté des gens "bien portants"...Je sais que je suis responsable (une fois de plus!) de sa maladie. Au lieu de l'aider, je le laisse tomber. Je me sens coupable de lui faire du mal jour après jour. Je m'éloigne de lui, lui laissant seul gérer sa scolarité catastrophique, ses problèmes d'adolecsence, sa maladie, le laissant grandir tout seul, refusant de répondre à ses appels à l'aide. Prise dans une vie que je n'assume plus, qui me tue lentement mais sûrement, avec ce travail que je déteste, aux côtés d'un homme qui ne me respecte plus, aux prises avec un beau-frère nuisible parce que mesquin, me débattant pour ne pas sombrer, je ne suis plus une maman, je deviens un être vivant luttant pour sa survie. Mes trois enfants ne sont plus pour moi une source de joie ou de bonheur. Ils deviennent un poids trop lourd à porter pour moi seule (signalons au passage qu'à part leur dire oui à tout par peur de plus être aimé, mon mari ne s'impliquera jamais dans leur éducation). C'est Matthias qui en souffrira le plus, abandonné à ses problèmes par une mère qui lui avait sapé don développement. Il se forge en lui un caractère d'une force phénoménale. Souvent blessé, il ne s'avoue jamais vaincu, la rage au ventre, il se bat jour après jour pour exister, par lui seul. Un coeur d'or, il est prêt à tout sacrifier pour ceux qu'il croit ses amis, ce qui lui vaut parfois des ennuis, mais ne l'empêche pas de revenir à la charge. Perçu comme un écorché vif au cours de son enfance, lui plus que tout autre a appris à encaisser tous les coups de la vie, à se relever à chaque fois, à arriver à ses fins coûte que coûte. Je le voyais traverser la vie avec panache, fier de lui et sans coups durs, j'en ai fait un battant, ayant appris à se protéger de tout. Pas craintif, méfiant. quelqu'un qui sait que la vie est parfois belle, souvent moche, jamais fade. Il a en lui une rage de vaincre née d'un abandon total de celle qui lui a donné la vie. Et ça aussi j'en suis pas fière.

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Océane

25 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma famille

Océane

L'une de mes plus belles réussites en ce bas-monde, c'est ma fille. Personne merveilleuse, elle m'apporte ce sentiment que j'ai pas totalement raté cette vie. Même si on l'attendait pas si vite, même si on s'est posé durant quelques heure la question de garder ce bébé ou pas, même si notre relation est passionnée et impossible à vivre par moments, elle est ma fièrté cachée, mon trésor secret. La façon dont j'ai été sa maman au cours de sa petite enfance est lamentable. Sous prétexte que son frère aîné était plus dépendant qu'elle, on peut dire qu'elle s'est élevée toute seule. Adorable bébé, je me rappelle le coeur serré ces heures passées seule dans son relax, alors que je traisais, mon temps libre se résumant aux siestes de mes deux ptits bouchons. C'est la conscience lourde que tous les soirs j'allais à l'écurie, en sachant que mon rôle n'était pas d'être ouvrier de ferme, mais d'être la meilleur maman qui soit pour mes enfants. Seulement leur papa ne voyait pas les choses de cette façon... Je me suis donc pliée aux exigeances de mon mari, et ça c'est la plus grave erreur que j'aie faite dans ma vie de maman. Océane ne semble pas souffrir de cette situation, elle grandit seule, très indépendante (avait-elle le choix???), et développe un caractère de fonceuse, que rien n'arrête. Elle apprend à parler avec son tonton (l'incruste que nous hébergeons...), en répétant des phrases telles que" Ta mère c'est la merde, Ta mère est folle..." . Victime innocente de cette gueguerre entre mon beauf et moi. Comme une lâche, je ferme les yeux, au lieu de fuir au bout du monde avec mes deux bouchons. En grandissant, ce caractère indépendant qu'elle a été forcée de développer (pour sa survie) devient piquant, désagréable, et ingérable par moments. Ce mal que je lui ai fait en pensant faire au mieux et en restant avec son papa si longtemps!!! Malgré tout, c'est devenu une merveilleuse personne. Jolie (canon, même!), un sourire franc et spontané, une personnalité hors du commun, celui qui partagera sa vie sera un homme comblé. Elle ne donne pas son coeur à n'importe qui, mais si elle le donne c'est une amie fidèle, dévouée, capable de soulever des montagnes pour le bonheur de ceux qu'elle aime. Un sens de l'humour caustique mais tellement drôle, elle sait mettre une ambiance à faire pâlir de jalousie Jean-Charles Simon dans n'importe quel endroit. Me dire que je suis en partie à l'origine de cette adorable jeune femme me remplit de fièrté...avant de me rappeler que ce qu'elle est, c'est à elle qu'elle le doit, et qu'à part la vie, je lui ai rien apporté de bon. En divorçant, je lui ai fait (comme à ses frères) bien plus de mal qu'au cours des dix-huit années précédentes. Et c'est le coeur lourd que je pense à elle qui a choisi de rester auprès de son papa. Victime innocente de ma maladresse, son caractère indépendant l'aidera à surmonter toutes les vicissitudes de la vie. Par ma conduite impardonnable, j'en ai fait quelqu'un de fort, c'est peut-être le plus beau cadeau que je lui ait fait. Et ça, j'en suis vraiment pas fière.

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Celle que j'aurais voulu être

25 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Celle que j'aurais voulu être

C'est en deuxième année d'école que j'ai pris conscience des différences qui existent entre les êtres humains. Avec un peu d'observation, n'importe qui peut se rendre compte que c'est aux plus jolies filles et aux garçons les plus mignons que la maîtresse parle et sourit. Nous les moches on a droit de temps en temps à un regard contrit, le plus souvent à une ignorance méprisante. Et c'est pas un truc qui passe en grandissant. Surtout si comme moi on s'endort le soir en rêvant d'un corps de Barbie, d'un sourire Hollywoodien, d'un esprit vif et enjoué...pour se réveiller le lendemain avec un visage qui fait honte, un corps difforme, un esprit lent et triste... Mais comment font-elles toutes ces femmes qui jouent de leurs imperfections, qui en font des points forts, qui sont sûres d'elles, même avec des dents en avant, des bourrelets de graisse, un long nez, un esprit coincé et un sens de l'humour comparable à celui d'un four micro-ondes??? Il est vrai qu'on rencontre rarement tous ces défauts réunis dans la même personne, sauf chez moi. Ces femmes, bien dans leurs corps, bien dans leurs têtes, ont toutes la même réponse : "Le regard des autres, tu t'en fous", "L'important c'est toi si tu te sens bien", "Tu peux pas plaire à tout le monde", "Personne n'est parfait"...Mais bien sûr!!! Si c'était facile de s'accepter et de se faire accepter, ça se saurait... Moi, c'est avec assurance que j'aurais voulu traverser cette vie. Cette assurance qu'on sent chez toutes ces personnes qui savent que leur physique est un avantage, pas une tare. Cette assurance qui fait se retourner sur elles tous les regards (d'admiration, pas de pitié!). Cette assurance d'arriver toujours à obtenir ce qu'elles veulent d'un simple claquement de doigts... Je sais ce que toi, lecteur tu vas me dire: "..." Tu perds ton temps, ce que je vois dans le miroir tous les matins ne me convient pas. Et malgré tous mes efforts( sport, maquillage, look, entraînements d'élocution et j'en passe...), les surnoms de mon enfance et de mon adolescence (La grosse Sandoz, Le thon, Hulk...) reviennent à ma mémoire chaque fois que je vois mon image. J'évite donc le plus possible les miroirs, les vitrines, tout ce qui sur terre est suceptible de me rappeler que je ne corresponds pas à cette image que je voudrais projeter. Et j'évite le plus possible de sortir de ma maison, on a pas à montrer des choses moches. Je pense que si j'avais été comme je l'aurais voulu, mon histoire serait différente. Pas mieux, pas pire, juste différente. Toute façon, je saurai jamais si j'ai raison ou pas, on peut pas revenir en arrière. J'ai pas ce que les autres femmes ont, faut que je fasse avec (ou plutôt sans!!!). M'accepter est impossible, reste pour moi à assumer le regard des autres, c'est le plus grand défi auquel je suis confrontée. Je perds pas espoir, un jour peut-être quelqu'un m'aimera pour ce que je suis, pas pour ce qu'on voudrait que je sois... L'avenir me le dira...

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Ma maman

25 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma famille

Ma maman

Ma maman et moi, c'est une longue histoire... Que dire de cette femme qui m'a donné la vie???? C'est une femme exemplaire. Mettre au monde quare filles, les éduquer, les supporter à l'adolescence, en faire des adultes responsables (trois sur quatre, c'est énorme!), ça force le respect... Et c'est une personne respectable. En tous points. Mariée à un homme bon, mais un homme quand même, elle n'a jamais perdu cette foi en l'amour, en la tendresse, en la possibilité de donner un sens à sa vie en se tournant vers les autres.Sa force, elle la tire de sa famille. A ma naissance, terriblement déçu d'avoir de nouveau donné le jour à une fille, et passé ce temps de déception, elle retrousse ses manches, et s'occupe de moi avec la même douceur qu'elle utilise pour mes soeurs. Je grandis dans un foyer plein de rires, de malice, de tendresse partagée, c'est elle qui nous unit, mes soeurs et moi. Oh bien sûr, ce sentiment d'injustice que je traîne depuis ce temps-là, elle en est sûrement un peu responsable, elle mettait un point d'honneur à "ne pas faire de différences entre nous, mais je sentais bien qu'avec moi ça passait pas...c'était un peu forcé, rarement spontané...(C'est encore le cas maintenant, et c'est bizarre, mais c'est dans son contact avec mes enfants que je le ressens le plus... ). Je ne lui en veux pas , elle a fait de son mieux, et c'est vrai que j'étais très demandeuse de marques d'affection... Au cours de cette période pénible pour n'importe quelle mère qui s'appelle l'adolescence, elle a fait preuve d'une patience et d'un courage qui font qu'elle mérite le nom de MAMAN. Toujours là, fidèle à ses principes de droiture et de respectabilité, elle nous a inculqué un respect de l'autre, une foi en l'humanité, un sens du devoir à accomplir qui pour ma part me poursuivent encore aujourd'hui. Mais c'est vrai qu'occupée comme je l'étais avec Martial, j'ai négligé ce lien si important qui se tisse entre une mère et sa fille au moment où cette dernière devient femme. Pas de discussions intimes avec elle, pas de fous rires incongrus, pas de moments de vie partagés entre nous. Juste une cohabitaton difficile (j'ai c'est vrai un sale caractère, mais je l'assume), faite d'une attenet déçue de se part, d' un dédain déplacé et injuste de ma part. Elle qui a accueilli Martial sous son toit comme le fils qu'elle n'a jamais eu, ce fut un coup très dur pour elle quand je suis partie vivre à la Chaux-de-Fonds. Non seulement, je la décevais une fois de plus, mais elle a dû faire le deuil de cet avenir qu'elle voyait radieux pour moi. De déception en déception, elle a tenu bon, je sais qu'à l'heure actuelle est sera là pour moi ("parce que c'est ce qui se fait de la part d'une maman pour sa fille"). Elle a vécu mon maraige et mes maternités comme une bénédiction, la pauvre, je sentais bien qu'elle me voyait "casée" pour le reste de ma vie, ou de la sienne, au moins... Du fait que j'allais pas souvent vers elle quand les enfants étaient petits, elle a beaucoup souffert de savoir que mes beaux-parents étaient toujours fourrés chez moi, se sentant une "demi-grand-maman" aux yeux de mes gosses, alors que l'autre grand-maman les a vus grandir jour après jour... c'est devenu un reproche au moment où mon mari voulait plus voir mes parents, elle m'a dit "reste avec Tes beaux-parents et cette famille O., tu sembles tellement les apprécier plus nous, tes parents, qui t'aimons"...Cette phrase est restée longtemps gravée dans ma mémoire, elle comportait toute la déception et le dépit de me voir m'éloigner d'elle, tant de chagrin dans le ton de sa voix, tant de douleur qu'une fois de plus je lui avais causée, bien malgré moi. J'ai toujours eu ce sentiment de pas être à la hauteur. de décevoir mon entourage, de pas faire ce qu'on attend de moi. Mais j'ai toujours eu aussi cette sensation de pas être comprise. Ma maman et moi, c'est une longue longue histoire de déceptions, de chagrins, de colères, d'actes ratés. C'est, je pense, surtout une longue suite de malentendus, de non-dits, qu'une barrière invisible a placés entre nous. Je dois le respect à cette femme qui m'a souvent jugée, condamnée sans appel. C'est mon amour de fille que je lui donne.

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Mon Papa

25 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #les hommes de ma vie

Mon Papa

Mon papa c'est un homme bien. Pour moi, il est l'homme parfait. La chance qu'on a eue mes soeurs et moi, c'est qu'il était paysan. Ce qui fait que la plupart du temps il était à la maison, quand on rentrait de l'école. Occupé, mais toujours là. Le premier souvenir que j'ai de lui tout seul avec moi, c'est un jour où maman était partie (je me rappelle plus où...), et moi je jouais aux légos. Je devais avoir quatre ans. Evidemment, ma construction n'était pas comme je la voulais, et j'avais piqué une crise de rage... Je pleurais, je criais, je lançais ces saloperies de briques rouges à travers la cuisine...Jusqu'à ce que mon papa arrive voir ce qui se passait. Très occupé, il commença par me gronder, mais quand je lui eus exppliqué pour quelle raison je crisais de la sorte, il prit, patiemment, le temps de me montrer comment m'y prendre pour arriver au résultat espéré. J'ai encore au fond du coeur ce sentiment d'importance que j'ai ressenti à ce moment-là. Lui, que maman nous recommandait toujours de pas déranger, avait pris du temps pour moi. Pas pour une de mes soeurs, qui n'hésitaient jamais à lui demander du temps, non. Juste pour moi... Mon papa c'est le héros de mon enfance. J'ai toujours pu compter sur lui, même s'il n'approuvait pas mes choix, j'ai toujours su qu'il serait là pour moi. Maman me disait souvent: "Bien sûr, sa seule fille blonde (mes soeurs sont brunes), tu es sa préférée!" J'ai toujours pris ça comme un reproche. Oh bien sûr, lui me calculait pas, il préférait de loin passer du temps avec Marie-Jo, qui se comportait comme un garçon, qui avait la force de faire tout ce qu'il lui demandait, qui courait chaque fois qu'il avait besoin de l'une d'entre nous. C'en était presque devenu une compétition entre nous: laquelle de nous deux arriverait à lui rendre service... Jusqu'à ce qu'il prenne l'habitude de n'appeler que sa Marie-jo... Ma fièrté de gamine, c'était d'avoir les même initiales que lui... Je pense que c'était le fruit du hasard, mais moi ça me donnait l'impression que j'existais. En grandissant, je me suis éloignée de lui, il avait toujours autant d'importance pour moi, mais j'avais compris que ça servait pas à grand chose de le lui montrer. J'ai suivi mon chemin, je suis partie de la maison, je suis partie de la Sagne en le mettant dans une position incofortable ( j'avais demandé à mes parents de veiller sur Martial que je savais détruit par mon départ...), mais quand Vait est reparti au Kosovo et que j'avais pas d'argent pour m'acheter à manger, c'est lui, mon héros, qui venait me chercher tous les samedis à la sortie du travail pour me ramener à la maison. J'ai encore une énorme gratitude pour tous ces kilomètres qu'il a faits pour moi à cette époque, semaine après semaine, alors qu'il avait pas forcément le temps...il le prenait. Pour moi. Le jour de mon mariage, après la fête, je me souviens qu'il m'a dit: " Ce soir je peux enfin dormir tranquille, j'ai marié mes quatre filles"... J'ai toujours voulu être la fille qui lui donnerait son premier petit-fils. Ce fut le cas, mais à cause du peu de temps dont je dispiosais en étant femme de paysan, je pouvais pas (et j'avais pas le droit) aller rendre visite à mes parents assi souvent que je l'aurais voulu, ce qui fait que mon papa a vu grandir mes enfants à distance. C'est un regret pour moi, une fatalité pour lui...J'ai failli ne plus avoir de contact avec lui, au moment où il a vendu ses terres, que mon mari imaginait déjà pouvoir explioter un jour.... Ce fut la "guerre " entre ces deux homme que j'aimais, mon mari refusant de le voir (Trou d'cul de Sandoz, il m'a volé mes terres, Ton père n'est qu'un connard, il préfère vendre ses terres à un étranger plutôt qu'à sa famille, c'est un radin, un moins que rien...), alors que mon papa a fait ce qu'il pensait être mieux pour lui. A l'occasion d'une fête de famille, où j'avais dû me rendre seule avec les enfants parce que mon mari voulait plus de contact avec " Ces deux vieux cons de Sandoz", mon papa, innocemment, me demanda pour quelle raison mon "ptit con de mari" n'était pas venu...STOP!!! votre guerre de ptits coqs me fait du mal, je suis entre vous, je vous aime tous les deux, je veux pas avoir à choisir entre l'un ou l'autre! Avec le temps, les choses se sont tassées, ils ont recommencé à se voir en famille, mais ça n'était plus pareil. L'hypocrisie de mon mari rendait les choses tendues entre mon papa et moi, je savais que si je me rapprochais de lui mon mari n'hésitait pas à me le reprocher ensuite...à sa façon. A l'annonce de mon divorce, j'ai cru l'avoir perdu définitivement, lui qui a qualifié mes problèmes de couple de "gamineries", lui qui, en tout homme qui se respecte, n'a pas compris mon désespoir de pas arriver à rendre un homme heureux. Passée la déception de me voir à nouveau prendre la fuite au lieu d'assumer une situation qui d'après lui n'était pas insupportable, passé ce choc, il a fini par accepter cette situation. Pareil à lui.même, il n'en parle pas, sauf pour me faire part de son souci parce que j'ai pas de travail. Cet état le mine, et je le sais,, mais une fois de plus, il est là, tel un roc sur lequel je peux m'appuyer. De déceptions en déceptions pour lui, j'ai suivi mon chemin, j'ai conscience de ne pas avoir été à la hauteur de ce qu'il attendait. Peut-être un jour il sera fier de moi, comme il est fier de mes soeurs. Je mise pas là-dessus pour continuer ma vie, mais ça serait cool que mes choix lui conviennent.

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Olivier O.

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #les hommes de ma vie

Olivier O.

Olivier O. fut mon mari pendant 19 ans. On s'est connus à un bal, à l'époque où j'etais encore avec Martial. Complètement bourré, il m'avait invitée à danser. Pendant la première danse, il m'a tout de suite avoué son amour, ce dont il ne se rappelait déjà plus le lendemain matin...Il passera six mois à me courtiser, me faisant du pied au resto où toute l'équie se retrouvait le soir, me suivant aux toilettes pour me déclarer son amour, pour me supplier de quitter Martial, jusqu'à ce que je parte de la Sagne. Il alla jusqu'à me téléphoner chez mes parents un dimanche, alors que je vivais avec Vait, absent ce jour-là...Terrorrisée pas la réaction de mon homme, je l'avais proprement envoyé balader, ce qui me valut un énième sermon de la part de ma mère. C'est quand j'ai recommencé à sortir que nous nous sommes retrouvés, et c'est vrai qu'il ne me fallut pas longtemps pour tomber dans ses bras de beau parleur. Je le savais paysan, mon intention n'était pas de faire un si long chemin avec lui.. Je voulais juste m'amuser... C'est au bout de trois mois de fréquentations qu'il m'a demandé un enfant. Que j'ai pas mis long non plus à accepter. Toute façon j'avais pas de plan de carrière et pas de plan tout court... Nous avons commencé notre relation fin juillet et début décembre j'étais enceinte. Tout est allé si vite, trop vite, j'avoue avoir été pressée de changer de vie. Notre mariage eut lieu en avril, en août Matthias était né. Une année et quelques jours pour trouver un homme, le marier et lui faire un enfant. Plutôt rapide, non??? Ce qui m'a plu à l'époque chez cet homme c'est son vocabulaire (il n'a jamais prononcé une seule grossièrté avant notre mariage), sa douceur (il était capable de me serrer dans ses bras pendant une heure sans essayer quoi que ce soit d'autre), son sourire franc (!), ses attentions, son respect d'autrui,... Faut dire que j'étais une proie facile, encore pas remise de l'enfer que j'avais vécu avec Vait. Tout était trop beau pour moi, un rien me faisait craquer. Attention, je dis pas que j'ai été manipulée, j'assume totalement avoir voulu ce mariage. A ceux qui me disaient que c'était précipité je répondais que je voyais pas pour quelle raison faudrait attendre, pour moi c'était l'homme de ma vie. Mon erreur? Avoir refusé de regarder en face la réalité. J'ai pas droit au bonheur, à l'époque je le savais pas encore...

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Le Viêt Nam

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Le Viêt Nam

Après des années passées à me demander le pourquoi de cette vie, le but ultime de L'Univers, après avoir remis en question l'existence même de Dieu, ma vérité m'est apparue. Petit-à-petit. La réincarnation: L'idée que cette vie-là n'est pas un but en elle-même, mais fait partie d'un tout, d'une succession d'épreuves imposées à l'âme pour lui permettre d'arriver un jour enfin à quelque chose de plus...???

Enfin bref, je pense sincèrement que mon âme ne se résume pas à cette vie, qu'elle a voyagé dans le temps, qu'elle s'est accomplie en d'autres lieux, en d'autres siècles...Devin egyptien, sorcière médiévale, révolutionnaire français...tout est permis, on a en général pas de souvenirs de nos vies antérieures. Moi j'ai été soldat américain tombé au Viêt Nam...Et pourquoi pas??? Voilà qui expliquerait ma fascination pour cette guerre. l'intérêt pour tout ce qui s'y rapporte, l'admiration sans bornes de tous ces vet revenus de là-bas, complètement détruits, mais toujours vivants... Même cet incongru sentiment de soulagement chaque fois que j'entends un hélico (alors que jamais dans cette vie je ne suis montée dans un engin pareil!) trouve sa raison d'être dans ce raisonnement.

D'accord, une fois de plus je passe pour une allumée du ciboulot, une foldingue qui se raconte des histoires et qui finit par y croire, une tarée qu'a passé trop de temps derrière la télé. J'assume. C'est mon trip, ma conviction, mon espoir fou. C'est surtout une façon de me dire que si j'en suis là dans cette vie, c'est parce que au Viêt Nam j'ai été amené à commettre des horreurs, payables dans cette vie. C'est ptêtre faux, mais moi j'y crois, ça m'aide à supporter ces souffrances intérieures, ces injustices et ces larmes versée sur la méchanceté des gens... Certains, pour avancer, croient qu'il y a deux mille ans de ça une femme est tombée enceinte par le Saint-Esprit... Qu'on me prouve que je me trompe et je m'inclinerai...

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Karine

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #les copains

Karine

Karine c'est la compagne du meilleur copain d'Olivier, son témoin de mariage. Divorcée, un enfant, elle a déjà une drôle de réputation quand elle commence sa relation avec son Olivier, quand elle entre dans nos vies. Généreuse, ouverte(!), paysanne dans l'âme, travailleuse, honnête, franche, soignée, gaie, joviale, accordéoniste de talent(!), aux petits soins pour sa famille, dévouée, intelleigente, gracieuse,....elle a toutes les qualités. Je comprends vite que je dois m'en faire une amie. Toute façon on me demande pas mon avis... Les deux Olivier sont copains, une belle amitié qui dure depuis leurs quinze ans, c'est pas moi qui vais mettre un terme à leur complicité(!!!). Mon Olivier lui trouve toutes ces qualités, et tant d'autres, je comprends un peu plus tard que je suis pas de taille à lutter contre elle. Avec sa façon particulière, elle s'approprie notre famille. Insidieusement, mais sûrement. Moi, dans ma bulle de "je-suis-amoureuse-rien-ne-peut-gâcher-ce-bonheur..."je laisse faire. Elle s'invite chez nous. Pour le café, pour le dîner du dimanche, pour les fêtes qui rythment l'année(anniversaires, fête nationale, Noël, novel-an, les mi-étés....), elle me confie ses enfants plusieurs jours de suite, pendant les foins, pendant les vacaces scolaires, à la moindre occasion sous prétexte qu'elle a trop de travail pour s'en occupre... avec pour motivation officielle que son Olivier refuse de faire du spécial si son copain n'est pas de la partie. Officielle parce qu'en réalité son jeu est pervers. Je découvre qu'en fait mon mari est fou d'elle. Qu'il ne voit de beau qu'elle, qu'il ne pense qu'à elle. Elle le sait et ça lui plaît. Elle use de son influence sur lui. Pour lui montrer que je vaux rien, qu'il serait tellement plus heureux avec elle, que son bonheur à lui dépend d'elle. elle lui fait miroiter un avenir radieux si il me quitte pour elle. Lui fait croire qu'elle est une vraie femme, capable de lui donner des choses que moi je refuse... Si bien qu'au bout de quelques mois de ce petit jeu mon mari se lance: La seule façon qu'il a trouvée de satisfaire son attirance pour elle est un échangisme. Je couche avec son copain, il a enfin l'occasion d'assouvir ses fantasmes. Je refuse, évidemment. Qu'importe pour lui, il a le temps. Il m'aura à l'usure. Toutes ces fois où il me fera l'amour en me bassinant ses "faisons-le, tu verras ce sera bien, toi qui aimes ça tu vas adorer, imagines: il te sautes et tu jouis en pensant à moi...." Il lui faudra une année et demie pour me convaincre. Lasse des cette pression, je cède. Tout en sachant que c'est la fin de mon couple. Il met tellement d'assiduité à me faire céder que je sais à ce moment-là que j'ai perdu. Perdu mon mari, ma famille, mes illusions de couple fidèle et attaché quoiqu'il arrive. Je le mets en garde là-contre, il refuse de m'entendre. Se met en colère même. Souvent et c'est à peu près à ce moment qu'il commence à m'insulter, à me mépriser. Oh il l'avait déjà fait auparavant, mais jamais aussi ouvertement. Là il ne se gêne plus. Je me dis alors que pour pas le perdre faut que j'accepte cet échange. Ok. Je le fais, mais ne m'en parle plus après. Promis, c'est juste une fois, après juré je passe à autre chose. Tu parles! Faudra répéter la même transaction 4 fois, dont une nuit complète. Karine, elle est bien contente, elle a expérimenté les prouesses sexuelles de mon mari. Ca lui plaît, mais c'est elle qui mettra un terme à ces agissements. En couchant avec d'autres copains de son Olivier, laissant le mien avec le coeur brisé. Combien de larmes versées sur mon épaule, au nom de cet amour délaissé, combien de sms ai-je écrits à sa demande(il ne sait pas écrire de sms), d'amoureux transi afin de la récupérer... Mais son jeu n'en finit pas. Elle recommencera à venir chez nous, me faisant croire qu'elle est mon amie, à chaque fois qu'elle sent que mon homme se détourne d'elle. Moi je laisse faire... J'ai perdu mon mari dans cette histoire, mais j'ai trouvé l'Amour. Son Olivier, qui m'a..."surprise en bien" au cours de ces échanges, me laisse pas indifférente. Condamnés tous deux à passer pas mal de temps à nous occuper ensemble de nos enfants (pendant que nos moitiés vont s'afficher dans les mi-étés...), nous nous rapprochons. Dangereusement. Une complicité grandissante nous unit. Un amour fou aussi. Impossible. Mais ô combien fort. Des sms, de plus en plus fous, de plus en plus explicites, à un rythme effréné. Des rencontres, aussi. Pas nombreuses, mais toujours très intenses. Jusqu'au jour où Karine fouille le natel de son Olivier... Elle fera son possible pour ruiner notre relation, jurant vengeance face à moi, qu'elle dit prendre pour une amie... Le temps nous dira si l'amour existant entre son Olivier et moi aura eu raison d'elle,, mais je ne regrette rien. Le Destin fera ce qu'il a à faire. Elle se dit détruite, moi je pense surtout qu'elle s'attendait pas à ce coup-là, il n'y a jamais eu d'amour entre eux... Mais j'attends qu'elle dégage, c'est lui que je veux pour finir ma vie, c'est moi qu'il veut pour finir la sienne. Au nom de quoi on aurait pas le droit d'être heureux ensemble???

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