Bonne Année 2015
Puisqu'on et le 31 décembre, l'envie de dresser un bilan de cette année écoulée s'impose.
Joies, peines, sourires, crèves-cœur, grands moments de bonheur......cette année fut riche en émotions, sûrement pas plus que les précédentes, mais c'est sur une note désabusée que je termine cette année.
En regardant bien, cette année fut à bien des égards très dure à gérer. Oh bien sûr, elle fut jonchée de moments merveilleux, inoubliables, gravés là, au fond du cœur, ce genre de moments qui font que tu te dis que la vie est belle, que tout le reste n'est que garniture. Moments que tu aimerais revivre, tout en sachant que c'est leur caractère unique qui fait leur valeur.
Complicité avec mes collègues, ces ptits gars de Chaux-de-Fonds, que je ne vois plus, mais avec lesquels je passe encore de nuits entières au téléphone.
Richesse d'échanges, avec mon aîné, dont la philosophie ne cesse de m'impressionner, me rappelant que le vie n'est qu'un jeu, ou tu perds, ou tu gagnes, mais tu en sors toujours transformé.
Fous rire, avec ma fille, dont l'humour et la légèreté ne cessent de me surprendre. Elle semble si forte, à toujours être là pour moi, substituant à mes yeux son rôle d'enfant à celui, pas toujours évident, de parent.
Confiance, avec mon ptit, lui qui me dit toujours que si il est là c'est pas pour rien, qu'il est un pilier sur lequel je peux me reposer, assurant sa force dans ma fragilité.
Sécurité, dans les bras d'Olivier C., avec lequel tout devient si facile, ramenant la vie à l'essentiel , lui qui ne s'embarrasse pas de superflu, me montrant la valeur de sa simplicité.
Fièreté de mes trois qui chacun leur tour ont avancé, taillant leur morceau péniblement par moments, si aisément par d'autres.
Plein de merveilleux souvenirs jalonnent cette année qui s'achève.
Plein de mauvais aussi. L'impression de tourner en rond. Quand les enfants vont bien ,c'est Olivier qui fuit. Quand il revient, c'est le travail qui pose problème. Quand on loue mon efficacité professionnelle, c'est cette solitude qui revient....
Dans les coups durs que cette année m'a amenés, j a' pu compter sur les personnes qui m'ont toujours accompagnée. Marie-Jo tout d'abord, qui a une fois de plus assisté à un naufrage en plusieurs étapes, mais qui n'a cessé de tendre la main pour me repêcher. Mes parents, toujours là si il faut, deux rochers sur lesquels je sais que je peux m'appuyer, mais que j'ai peur de briser. Christine, qui m'a secouée tellement de fois qu'elle en a bientôt plus de bras...
S'il est vrai que mon aîné est rentré définitivement à la maison, il n'est pas encore revenu à son état normal, et c'est avec anxiété que j'aborde son avenir. Sortira-t-il de cet enfer? Relèvera-t-il ce défi, qui consiste à construire sa vie, avec toutes les épreuves que cela comporte? Aura-t-il al force de relever si il tombe? Saura-t-il se tourner vers les bonnes personnes en cas de besoin?
Mon petit qui a enfin trouvé sa voie, arrivera-t-il à tracer son chemin, à commencer par signer un contrat d'apprentissage? Bien décidé à perdre du poids, parviendra-t-il à sculpter ce corps qu'il considère actuellement comme un handicap? Souffrant de solitude, aura-t-il la chance de vivre sa première histoire d'amour?
Ma fille qui paraît heureuse aux côtés de son ami, réussira-t-elle cet examen pratique qui fera d'elle une ASE professionnelle? Assumera-t-elle financièrement cette vie qu'elle vit à fond, parfois sans réfléchir, mais toujours avec la même rage?
Olivier C. Cet homme que je considère toujours comme l'homme de ma vie. Aura-t-il un jour la force et l'envie d'assumer pleinement notre histoire? Saurai-je lui amener ce dont il a vraiment besoin? le Destin sera-t-il enfin clément avec nous?
2015 s'avance lentement.
Avec son lot de joies, de peines, de sourires, de crèves-cœur, de grands moments de bonheur.
C'est sereinement que je l'attends, entourée des personnes importantes à mon équilibre, consciente des dangers qui me guettent, confiante dans ma façon de les recevoir.
Car si 2014 fut une année riche en émotions, j'y ai survécu. Je suis encore là pour en parler, me remémorer.
Peut-être plus forte, peut-être pas.
Plus riche d'expériences, certainement.
Abîmée mais pas cassée.
Seule mais tellement bien entourée.
Puisse cette année à venir faire de moi une personne meilleure, digne de ceux que j'aime, capable de leur rendre ce qu'ils m'ont donné jusqu'à présent. Puisse la vie continuer son cours, puissé-je en profiter pleinement.
Ne pas oublier que chaque jour qui passe apporte une richesse.
A moi de trouver laquelle.
Et à toi, cher lecteur, que le meilleur de la Vie te soit offert, pour les 365 jours qui arrivent. Pour le reste, on verra en temps voulu.
BONNE ANNÉE 2015. Simplement. Sincèrement.
surtout ne pas lâcher !
Mon dernier article parlait de cette colère qui me ronge, sans raison, insidieusement, froidement.
Parlait aussi de ma vie qui s'améliore, de mon aîné qui, semblait-il allait mieux, de ma fille qui vit sa vie, de mon dernier, qui trouvait sa voie, d'Olivier, enfin, qui se rapprochait.
Article écrit dans un élan, que dis-je dans une tornade de soulagement, la roue, semblait-il, avait tourné.
C'était, évidemment, parler trop tôt. C'était il y a quelques jours. C'était une éternité.
Une fois de plus, tout est à refaire. Je pensais, aux dires des médecins qui sont responsables de lui, passer la dernière semaine de ma vie à aller voir mon fils en HP, à le rassurer sur son avenir, pouvoir enfin le ramener à la maison, pas forcément guéri, mais assez bien pour qu'il puisse se mettre à construire sa vie. Avec ou sans moi, vivre enfin cette vie qu'il subit depuis si longtemps. Se réjouir de ses succès, de sa victoire, de près ou de loin, mais y assister, coûte que coûte.
Cela ne sera pas. Pas pour le moment en tous cas.
Comment réagir à l'annonce du prolongement de son internement? Comment ne pas s'effondrer alors que le K.O. est si proche? Comment continuer à croire en lui, alors qu'il dit préférer la mort plutôt que cette épreuve? Où trouver la force de l'aider à se relever, de continuer sa lutte, de reprendre confiance en lui?
Dure, tellement injuste, mais tellement raisonnable, cette décision, qui lui appartient, je n'ai pas à revenir dessus. Convaincu par les médecins qu'il est trop tôt pour lui d'être confronté au monde réel, il a accepté de reporter sa sortie. Il n'en reste pas moins déçu, persuadé qu'il s'agit là d'un échec dans sa lutte pour revenir. Il me revient d'accuser le coup, sans fléchir, et avant tout de le pousser à reprendre sa lutte, ce combat qu'il mène depuis plus de deux mois, seul, dans sa tête, dans son cœur, dans son âme.
Croire en lui, faire confiance à cette personnalité têtue et bornée (j'ai des souvenirs de mercredis après-midi passés à me battre avec lui pour faire ses devoirs sans succès!!), continuer, surtout, ces courses épuisantes là-bas, qui me privent chaque fois de la moitié de mon énergie...
S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.
Mon petit, qui s'épanouissait dans ce stage trouvé presque par hasard, au contact de ces personnes âgées qui lui importent tant, qu'il appelle si tendrement ses "petites merguez coiffées de meringues"...
Il fallait le voir partir travailler en sifflotant, heureux de découvrir une nouvelle journée pleine de jolies surprises en leur compagnie. Le voir revenir le soir, fatigué, mais rempli d'histoires à raconter sur les événements de sa journée. Soleil dans mes ombres, sa bonne humeur me faisait du bien, me rappelait que la vie ne s'arrête pas à un seul enfant, même si il est en détresse.
Un jour, son prof de classe s'est entretenu avec sa chef. Tant l'un que l'autre n'ont pas tari d'éloges sur sa personnalité douce, patiente, parfaite pour ce métier. Sa bonne volonté sans failles à effectuer toutes les tâches, même les plus répugnantes, avec un entrain plaisant. Son respect de la hiérarchie, enfin, faisant de lui un employé et collègue modèle. Il avait enfin trouvé sa voie, se surprenant à croire à une place d'apprentissage qui lui garantirait un avenir sûr fait d'un métier sur mesure pour ce ptit gars tellement sensible.
Ma fierté à penser qu'au moins lui serait à l'aise dans la Vie, sans aucun autre souci que lui souhaiter que ça dure le plus longtemps possible, peut-être même toute sa vie, qui sait?
Cela ne sera pas non plus. Pour le moment en tous cas.
La décision est tombée, sa candidature pour une place d'apprentissage sur ce site n'a pas été retenue.
Recommencer les dossiers de postulation, les CV, les lettres de motivation, les entretiens, les contacts, les refus, les faux espoirs d'engagement,....sans fléchir, chaque fois avec le même espoir, chaque fois en y croyant, en faisant confiance à ce bout d'homme pour qu'il arrive à s'insérer dans la société.
S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.
Par bonheur, ma fille va bien.
Coulant le parfait amour avec son ami (quoique!), décidée à mener à bien la réussite de son examen en vue de son CFC, elle fait partie de ces gens si précieux sur lesquels je peux compter. Toujours présente avec des sms ou des message FB très drôles, elle cache ses souffrances pour mieux soigner les miennes. Ce n'est pas son rôle, elle et moi le savons, mais elle l'assume à la perfection. Unique, adorable, c'est ma plus belle réussite.
Olivier, quant à lui, semble se rapprocher, il vient plus souvent, répond plus volontiers à mes SMS, avoue avoir "besoin" de passer du temps avec moi. Mais cela suffit-il? Peut-on vraiment construire un avenir juste avec quelques heures par semaine passées ensemble? Je crois à notre histoire, lui plus vraiment. Rien de plus à ajouter.
Sauf que sans lui je n'aurais pas la force de continuer. Présent quand ça lui chante, je m'efforce de me contenter de ce qu'il me donne, consciente que rien ne l'oblige à prendre du temps pour moi. J'essaie de relativiser, de me dire qu'un jour viendra où nous serons enfin réunis. Faudra vraiment un jour que je m'attelle à prendre du recul par rapport à lui. Imprimer une bonne fois pour toutes que même si je suis, comme il me l'a confié l'autre jour, *la femme qui aura le plus compté dans sa vie*, que je ne suis plus pour lui cette femme "merveilleuse" qu'il écrivait que j'étais il y a encore moins de deux ans de cela. Ses sentiments étaient vrais, il a vraiment été très épris, ça je n'en doute pas. Etaient, mais ne sont plus, soyons réalistes. Faudra un jour que je lâche cette histoire, comme une petite fille lâche une histoire de prince charmant en grandissant. Me faire à l'idée que tous ces rêves n'étaient que balivernes et billevesées. Accepter un avenir de solitude, sans la force de ses bras, la tendresse de son regard, la gentillesse de ses paroles.
S'atteler à la tâche, ne plus réfléchir, foncer.
Surtout ne pas lâcher!
Tenir pour Matthias, pour Océane, pour Julien.
Après le mal que je leur ai fait, je leur dois bien ça.
colère froide
Alors que tout rentre dans l'ordre, que mon fils va mieux et s'apprête à quitter l'hôpital pour vivre pleinement cette nouvelle vie, que ma fille se donne corps et âme à son nouveau travail et file le parfait amour dans les bras de son Adri, que mon petit a enfin trouvé une place de stage qui lui convient et s'épanouit au contact de personnes âgées et dépendantes que je m'assume de plus en plus dans ce travail aussi inattendu que fascinant, alors que l'homme de ma vie, enfin, ressent le besoin de passer plus de temps auprès de moi, alors que la roue tourne, semblerait-il, je ne comprends pas cette colère sourde au fond de moi, qui gronde, gronde, gronde...
D'où vient cette colère? Pourquoi prend-elle autant d'importance?
Je n'ai plus de raison de m'insurger contre la fatalité qui a mis mon fils aîné K.O., manquant de gâcher cette vie pourtant déjà bien mise à mal depuis si longtemps. Son combat contre la maladie il l'a gagné, et devant lui s'ouvrent des portes que même dans ses rêves les plus fous il n'avait jamais essayé d'ouvrir.
Plus de raison non plus de me fâcher chaque fois que je pense à ma fille, au contraire elle est devenue une jeune femme extraordinaire, tournée vers l'autre plus que sur elle-même, compréhensive, empathique, (certaines fois plus que d'autres, j'en conviens!!)
Encore moins de raison de m'emporter pour mon petit qui me remplit de joie quand je le vois partir travailler en sifflotant, revenir le sourire aux lèvres, et commencer de sortir avec des copains de son âge.
Plus aucun prétexte non plus d'exploser au travail, ce travail pour lequel je me suis battue afin de m'y faire une place, même mes collègues les plus anciens saluent l'efficacité de mes services, (je pense même avoir gagné le respect de mes chefs!!).
Quand au chagrin que j'ai ressenti tellement souvent au sujet de cet homme que j'aime, il a su, en quelques semaines le balayer par sa présence attentive et tendre, de même que ces doutes qui ne manquaient pas de m'assaillir des qu'il était loin de moi. Il m'aime, je le sais. Le reste n'est qu'une question de temps.
Or donc, cette colère que je sens s'animer en moi au point d'en étouffer, quelle est-elle?
Quelle en est l'origine?
Se peut-il que pendant toutes ces années où je me suis battue contre ce sentiment d'injustice dans le but d'éviter de devenir une personne méchante et aigrie cette colère ait été déjà présente, mais cachée sournoisement, attendant le bon moment pour sortir et exploser???
Je n'ai jamais eu conscience de cette colère tapie au fond de moi, trop occupée je pense à lutter contre l'injustice latente de cette vie que je pensais cruelle.
Cette colère me fait peur.
Comment arriver à gérer ce que je ne connais pas? De quelle façon canaliser cette violence qui m'anime? Que sa passera-t'il si je la laisse me vaincre?
Pourtant la tentation est grande de me laisser envahir par cette violence.
Me laisser aller, envahir, la laisser gonfler, éclater, ravager tout ce que j'ai essayé de construire, ramener à zéro tous mes efforts de patience et compréhension, de respect et gentillesse..
Tout cela m'est intolérable, inadmissible, inimaginable.
Pourtant je suis incapable de lutter plus longtemps. Ma force, celle-là même que j'ai engagée dans tellement de batailles (avec les succès et les échecs que l'on sait), celle à laquelle j'ai fait si souvent appel, cette force disais-je, semble m'avoir quittée.
Je me sens totalement démunie.
Moi qui pensais arriver au bout des galères, enfin hors d'atteinte de mes doutes et de ce négatif qui me consumaient, de manière à pouvoir un peu profiter de ce que la Vie a à m'offrir. Me voilà devant une nouvelle bataille. Peut-être la plus grande de ma vie.
Vaincre cette colère qui grandit chaque jour un peu plus en moi, n'en faire qu'une "bouchée", la transformer.
La transformer, je veux bien, mais en quoi? Comment? De quelle façon faudra-t'il que je m'y prenne????
Par l'amour, la patience, la tendresse, le respect. Je le sais.
Seulement pour la vaincre cette colère, il faudrait déjà comprendre d'où elle vient. Par quels chemins elle a atterri au fond de moi. Comprendre les pluies qui l'ont fait germer.
Comprendre son ennemi, c'est le vaincre de moitié.
Rassembler la force qui me reste, replonger dans la bataille, reprendre des coups, en redonner. Recommencer. Encore.
Espérer la victoire, mais surtout, surtout, ne pas perdre sans avoir essayé de gagner.
Car seul celui qui ne fait rien ne gagne rien.
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Publié depuis Overblog
Passer une partie de sa nuit à ressasser de vieux souvenirs....ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé. Bizarrement, un coin du voile de ma vie s'est levé, ramenant à ma mémoire des moments oubliés, ravivant certaines blessures, recréant certains fous rire comme si j'y étais encore, faisant naître une nostalgie bien légitime mais ô combien douce.
Je revois mes grand-mamans, auxquelles un jour j'avais décidé de plaire...c'est donc le plus naturellement du monde que je profitai d'être seule pour dire à la première qu'elle était ma préférée, et que j'aimais passer du temps avec elle. Tellement occupée qu'elle fût, ma confidence n'eut pas l'effet escompté. tout au plus une réaction pareille à l'annonce d'un lever de soleil un matin d'août. Sans me décourager, quelques jours plus tard, c'est avec l'autre grand-maman que j'eus pareille conversation. A ma grande surprise, je fus gratifiée d'une magistrale gifle, avec ces mots: ça t'apprendra à rester honnête, on n'arrive à rien avec les flatteries! C'est, je pense, une des plus grandes leçons de vie que j'aie reçues. C'est à ce moment là que j'ai compris la gravité de l'hypocrisie, même si il me faudra quarante ans passés pour m'empêcher d'y avoir recours. Et encore...! Il n'empêche, je ressens encore l'humiliation d'avoir été démasquée, sans parler de la brûlure cuisante sur ma joue.
Je me remémore les tas de bois empilés patiemment par l'oncle Henri, derrière la maison, bois qu'il fendait à coups de hache, et que rarement nous allions ramasser pour l'aider. pas souvent, parce qu'on avait de la peine à empiler correctement, ce qui faisait qu'à un moment ou un autre le tas s'affaissait. alors l'oncle nous envoyait assez rapidement voir en cuisine si le café de la pause cuisait bien.
Le grand papa de la Sagne, qu'on évitait de regarder roules ses cigarettes, parce qu'il tremblait trop si il se sentait observé, mais qui finissait toujours par y arriver. Une volonté de fer. Mais je me rappelle de lui comme d'un homme digne.
L'autre grand papa, bien sûr que je m'en rappelle, un homme gentil, drôle, respecté de tous, connu comme le loup blanc, faut dire qu'il mettait un point d'honneur à veiller qu'on sache qui il était. C 'était un homme qui aimait les gens, et qui savait se faire aimer d'eux. Il avait toujours une boîte de Gaba sur lui, et nous en offrait de temps en temps. Je me rappelle encore le goût de ces petites pastilles losange, que nous sucions avec plaisir.
Un anniversaire me revient en mémoire:
Je devais fêter mes quatre ans. A moins que ce soient mes cinq ans? Peu importe. J'avais reçu un disque sur lequel était enregistrée l'histoire du vilain petit canard. Accompagné d'un livret qui reprenait la même histoire en image, et dont on pouvait suivre le texte écrit.
Très profondément touchée par ce pauvre caneton qui cherchait un ami mais que tout le monde repoussait à cause de don apparence, je me rappelle avoir pleuré des heures sur cette histoire. Pauvre petit canard. Malheureusement pour lui, j'avais décidé que je serais son amie. La seule, mais son amie quand même. Je mis donc un point d'honneur de ne jamais le quitter. Même pendant la nuit. J'eus donc la bonne idée de mette le livret et le disque sous mon oreiller, pensant protéger ce pauvre canard de la méchanceté du monde...
Est arrivé ce qui devait arriver...
Le lendemain, le livret était chiffonné, le disque cassé. Plus jamais je n'entendrais l'histoire que j'aimais tant. Plus jamais je ne verrais ce pauvre petit animal en quête d'amitié. Plus jamais je me réjouirais de le voir grandir et devenir le prince de la mare....
Comme ces souvenirs sont lointains maintenant.
Mais doux à ma mémoire. C'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie que je me replonge dans cette enfance pas si malheureuse que ça, pas si exceptionnelle que ça, juste c'est la mienne, avec ses bons et ses mauvais moments, ses bonnes et ses mauvaises leçons, ses bons et ses mauvais intervenants.
Aurais-je un jour le droit de me pencher sur ma vie actuelle, en me remémorant cette partie d'existence si difficile, mais finalement pas si terrible? me rappellerai-je de tous ces gens autour de moi, qui sont là pour m'aider, ou au contraire m'enfoncer?
Aurai-je un jour l'occasion de dire à propos de maintenant:
C'était le bon temps???
Parce qu'on a tendance à oublier les mauvais moments au profit de bons, je pense que oui.
Sauf si le Destin ne m'en laisse pas le temps, mais ça c'est une autre histoire.....
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