Publié depuis Overblog
Passer une partie de sa nuit à ressasser de vieux souvenirs....ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé. Bizarrement, un coin du voile de ma vie s'est levé, ramenant à ma mémoire des moments oubliés, ravivant certaines blessures, recréant certains fous rire comme si j'y étais encore, faisant naître une nostalgie bien légitime mais ô combien douce.
Je revois mes grand-mamans, auxquelles un jour j'avais décidé de plaire...c'est donc le plus naturellement du monde que je profitai d'être seule pour dire à la première qu'elle était ma préférée, et que j'aimais passer du temps avec elle. Tellement occupée qu'elle fût, ma confidence n'eut pas l'effet escompté. tout au plus une réaction pareille à l'annonce d'un lever de soleil un matin d'août. Sans me décourager, quelques jours plus tard, c'est avec l'autre grand-maman que j'eus pareille conversation. A ma grande surprise, je fus gratifiée d'une magistrale gifle, avec ces mots: ça t'apprendra à rester honnête, on n'arrive à rien avec les flatteries! C'est, je pense, une des plus grandes leçons de vie que j'aie reçues. C'est à ce moment là que j'ai compris la gravité de l'hypocrisie, même si il me faudra quarante ans passés pour m'empêcher d'y avoir recours. Et encore...! Il n'empêche, je ressens encore l'humiliation d'avoir été démasquée, sans parler de la brûlure cuisante sur ma joue.
Je me remémore les tas de bois empilés patiemment par l'oncle Henri, derrière la maison, bois qu'il fendait à coups de hache, et que rarement nous allions ramasser pour l'aider. pas souvent, parce qu'on avait de la peine à empiler correctement, ce qui faisait qu'à un moment ou un autre le tas s'affaissait. alors l'oncle nous envoyait assez rapidement voir en cuisine si le café de la pause cuisait bien.
Le grand papa de la Sagne, qu'on évitait de regarder roules ses cigarettes, parce qu'il tremblait trop si il se sentait observé, mais qui finissait toujours par y arriver. Une volonté de fer. Mais je me rappelle de lui comme d'un homme digne.
L'autre grand papa, bien sûr que je m'en rappelle, un homme gentil, drôle, respecté de tous, connu comme le loup blanc, faut dire qu'il mettait un point d'honneur à veiller qu'on sache qui il était. C 'était un homme qui aimait les gens, et qui savait se faire aimer d'eux. Il avait toujours une boîte de Gaba sur lui, et nous en offrait de temps en temps. Je me rappelle encore le goût de ces petites pastilles losange, que nous sucions avec plaisir.
Un anniversaire me revient en mémoire:
Je devais fêter mes quatre ans. A moins que ce soient mes cinq ans? Peu importe. J'avais reçu un disque sur lequel était enregistrée l'histoire du vilain petit canard. Accompagné d'un livret qui reprenait la même histoire en image, et dont on pouvait suivre le texte écrit.
Très profondément touchée par ce pauvre caneton qui cherchait un ami mais que tout le monde repoussait à cause de don apparence, je me rappelle avoir pleuré des heures sur cette histoire. Pauvre petit canard. Malheureusement pour lui, j'avais décidé que je serais son amie. La seule, mais son amie quand même. Je mis donc un point d'honneur de ne jamais le quitter. Même pendant la nuit. J'eus donc la bonne idée de mette le livret et le disque sous mon oreiller, pensant protéger ce pauvre canard de la méchanceté du monde...
Est arrivé ce qui devait arriver...
Le lendemain, le livret était chiffonné, le disque cassé. Plus jamais je n'entendrais l'histoire que j'aimais tant. Plus jamais je ne verrais ce pauvre petit animal en quête d'amitié. Plus jamais je me réjouirais de le voir grandir et devenir le prince de la mare....
Comme ces souvenirs sont lointains maintenant.
Mais doux à ma mémoire. C'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie que je me replonge dans cette enfance pas si malheureuse que ça, pas si exceptionnelle que ça, juste c'est la mienne, avec ses bons et ses mauvais moments, ses bonnes et ses mauvaises leçons, ses bons et ses mauvais intervenants.
Aurais-je un jour le droit de me pencher sur ma vie actuelle, en me remémorant cette partie d'existence si difficile, mais finalement pas si terrible? me rappellerai-je de tous ces gens autour de moi, qui sont là pour m'aider, ou au contraire m'enfoncer?
Aurai-je un jour l'occasion de dire à propos de maintenant:
C'était le bon temps???
Parce qu'on a tendance à oublier les mauvais moments au profit de bons, je pense que oui.
Sauf si le Destin ne m'en laisse pas le temps, mais ça c'est une autre histoire.....
/image%2F0175898%2F201210%2Fob_23b9ed693ecd64253a4542b7adb50312_jdxqs9uo-jpg.jpg)