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Que faire?

6 Septembre 2015 , Rédigé par Michèle

Maintenant que j'ai perdu mon dernier fils, qu'Olivier ne répond même plus à mes messages, que je m'apprête à déménager alors que je ne sais même pas si j'aurai un appartement, maintenant que j'ai tout perdu, je réalise que ma vie est un trou noir dans lequel je m'enfonce chaque jour un peu plus.

On dit qu'il faut avoir un but ou un rêve pour avancer, moi je n'en ai plus. Longtemps j'ai croché pour mes enfants, rêvant d'un jour impossible au cours duquel je ferais une fête, entourée de ma progéniture, de leurs familles, de mes descendants, et pourquoi pas d'Olivier....

Ce rêve, comme tous les autres, j'en ai fait mon deuil. Dans la douleur, les larmes et la solitude.

Je sais maintenant qu'il ne suffit pas d'y croire pour que ça se passe.

Plus de rêves, pas d'envie, je prends conscience que ma vie à l'avenir ne sera plus qu'une suite de jours, de nuits, sans joie, sans rires, sans personne avec qui partager...quoi?

J'ai fait ce deuil, oui. Ce que je n'arrive pas, c'est me projeter dans l'avenir. J'ai trop peur. Peur de cette solitude, de cette vie qui m'attend, de me retrouver seule avec moi-même, maigre coquille vide qui n'arrive plus à s'intéresser à ce qui l'entoure.

Que vais-je faire de tout ce temps? Comment occuper ces journées si longues, si tristes, si fades? Ne viens pas me dire cher lecteur que je devrais faire du bénévolat, ou m'investir dans une société.

J'ai donné. De l'attention, de l'amitié, de l'amour. Avec les résultats que l'on sait. Tellement bien que l'on me fuit.

Et quand je vois que ce que j'ai à donner fait pareillement de mal, je pense qu'il vaut mieux que je reste en retrait.

Que vais-je faire de tous ces sentiments qui m'animent encore? Toute cette tendresse, cet amour, cet humour qui m'étouffent jour après jour et dont personne ne veut plus?

Arriverai-je à les dominer, les reléguer dans un coin de mon coeur, les museler, jusqu'à n'en faire qu'un tas de cendres?

Et dans ce cas, qu'adviendra-t'il de moi?

Je préférerais mourir plutôt que devenir une vielle femme revêche, jalouse, méchante et agressive.

Pourtant je n'ai pas le courage de mettre fin à mes jours. Je sais bien que c'est la seule option qui me reste, que que ceux que j'aime vivront mieux de me savoir au cimetière plutôt que dans leurs pattes à pleurer sur mon sort en ressassant toujours les mêmes histoires.

Lâche jusque devant la mort. Ce n'est pas la mort qui me fait peur, c'est le chemin pour y parvenir. Mes convictions sont telles que pour moi une autre vie s'ouvrira à moi, que la mort ne sera qu'un passage, que je renaîtrai sous une autre forme, mais que mon âme sera la même. C'est-à-dire que les souffrances que je ressens seront toujours là à ma renaissance. Dans ce cas, à quoi cela servira-t'il de mourir, si c'est pour continuer à souffrir?

Autant ne pas provoquer cette mort qui de toute manière viendra à moi, et attendre sagement mon heure. C'est juste une question de confort.

En attendant, continuer à laisser mon coeur battre, mes poumons respirer, mes muscles agir.

Essayer de ne pas penser à ce qui aurait pu être, à ce qui ne sera jamais. Me réjouir pour ceux que j'aime. Leur souhaiter de ne jamais comprendre ce que je ressens.

Et arrêter d'essayer de trouver un sens à ma vie. Il n'y en a pas, il n'y en aura jamais.

C'est ça mon destin, faut juste que je l'accepte, car accepter l'inévitable c'est le seul chemin qui conduit à la sérénité.

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Et si c'était vrai??

5 Septembre 2015 , Rédigé par Michèle

Et si c'était vrai??

Par ce nouvel article, tu vas, cher lecteur, et si ça n'est déjà fait, prendre la vraie mesure de la gravité de du dérangement de mon cerveau.

Je m'explique:

Non seulement coupable d'avoir détruit ma famille et fait le mal qu'on sait à mes enfants, spécialement à mon petit, lequel rappelons-le a passé la majeure partie de son adolescence à sécher mes larmes et consoler mon chagrin d'avoir perdu l'homme de ma vie, voilà que le passé resurgit à ma porte d'une façon tellement...saugrenue que je ne peux m'empêcher de penser qu'une fois de plus le Destin s'acharne à me faire payer je-ne-sais quelle dette venue d'une autre vie.

Mon petit dernier, donc, ce ptit homme avant l'heure, privé d'une enfance normale par ma faute, à qui je n'ai rien épargné, ni mes soucis financiers, ni mes démêlées avec Olivier O, ni mes peines de cœur avec Olivier C., encore moins mes problèmes de femme frustrée sexuellement, cet ptit bonhomme qui demandait des poules ou des canards pour ses anniversaires, qui adorait la couleur rose, qui s'en allait gaiement chez sa "gramounette" chaussé de ses ballerines neuves à paillettes à l'âge de 4 ans, cet adorable petit ange, adore son accordéon.

Jusque-là rien de bien tragique me diras-tu avec raison, cher lecteur.

Sauf qu'il joue de cet instrument une fois par mois avec le club des Verrières, une bande de dindes assoiffées de ragots et pratiquement toutes périmées, dont la présidente n'est autre que....cette chère Karine!!! (là je te renvoie, cher lecteur, à l'article du même nom afin de te rafraîchir la mémoire à son sujet).

Et c'est là que ça se corse: cet été, il a fait part de son désir d'aller passer un après-midi de temps en temps chez celle qu'il considère encore comme son "amie" (cf. le nom ci-dessus) dans le but de parfaire sa technique quant à la maîtrise de cet instrument qui, je l'avoue, s'il surpasse et de loin tous les autres instruments de musique, n'en reste pas moins un complet mélange de mécanique et de sensibilité complètement étranger à la pauvre néophyte que je suis.

Ne voyant rien de dangereux (je dirais même rien du tout parce qu'aveuglée par ma propre *souffrance*) à ce que mon fils passe du temps avec elle, je l'encourage même à aller s’exercer chez elle, tout à mon bonheur de simplement penser aux beaux concerts privés auxquels j'aurai droit à son retour.

Evidemment, c'était l'envoyer dans la gueule du loup. Jamais je n'aurais pensé qu'elle ose s'en prendre aux enfants. Bon, il a 16 ans, bientôt 17, c'es plus un bébé, mais c'est pas encore un homme, et ce qu'il a appris l'a ébranlé autant je pense que de sécher mes larmes, ou de m'entendre me lamenter au sujet de ma vie qui n'est qu'une suite de malchance et d'injustices (tiens..faudra que je travaille là-dessus un de ces jours).

Car Madame, dans son infinie bonté, n'a pas résisté à la tentation de se faire bien voir par mon fils, et ne s'est pas fait priée pour raconter SA version de ce qui s'est passé entre nos couples il y a un peu plus de 3 ans maintenant. Non contente de lui raconter combien elle a souffert de ma trahison et de mes mensonges (en me faisant passer pour la salope de service, sinon c'est pas drôle) elle a décrit sa peur d'Olivier O., raison pour laquelle elle avait, selon elle, accepté ces échanges. Déjà c'est pas beau de dire à un fils que son père est un psychopathe.... Mais bref, peut-être que mes commentaires sur son père avaient déjà bien préparé le terrain, je ne le nie pas.

Elle a continué sur sa lancée en prétendant avoir eu le sentiment à l'époque d'avoir été envoûtée, tellement elle se sentait seule et déprimée. Ce qui l'a amenée à consulter un spécialiste de ces choses-là (je ne l'appellerai pas sorcier, mais c'est tout comme).

Ce Monsieur, que je connais mais qui bizarrement ne me salue plus depuis mon départ (un de plus, décidément je fais l'unanimité chez ces paysans du haut-vallon), tout au bonheur de donner son avis, lui a confirmé qu'effectivement (là je cite tel qu'on me l'a rapporté):

"un mauvais sort à été jeté contre toi, de la part d'une femme de la Vallée de la B**, qui ne t'aime pas et qui te souhaite du mal. cette femme a emprunté un grimoire à sa mère afin d’œuvrer à te maudire"

Evidemment, de là à penser que la femme en question c'est moi, il n'y a qu'un pas que *Madame* s'est empressée de franchir.

Je ne reviens pas sur les doutes de mon fils, qui a mis trois semaines avant de me demander si vraiment j'ai fait ça (c'est dire si cette histoire l'a perturbé), ni sur les bonds que ma maman a faits lorsque je lui en ai touché deux mots (là je te laisse avec ton imagination, cher lecteur).

Non. Je me demande si, à l'époque toujours, cette bonne femme n'aurait pas demandé à cette connaissance versée dans l'ésotérisme de faire un retour de sort, en me nommant, m'accusant de tous les maux et calamités qui, selon elle auraient détruit sa vie.

Oui, je sais, je déraille. Mais si c'était vrai? Si, dans un effort pour la protéger elle, le mauvais sort dont elle aurait été la victime, avait été retourné contre moi?

Si toutes ces galères et souffrances qui me fragilisent jour après jour et qui finiront pas me détruire, n'étaient que le résultat d'incantations et de sortilèges destinés à me punir pour, une fois n'est pas coutume, un acte que je le jure je n'ai pas commis???

Coupable, je suis. D'avoir détruit ma famille et mes enfants. de n'avoir pas su résister à u amour que je croyais plus fort que tout. de n'avoir pas respecté mon serment de rester unie à mon mari jusqu'à la mort. d'avoir pensé à moi avant de penser à mes enfants.

Mais de la magie noire???

C'est vrai, j'avoue avoir un penchant pour l'ésotérisme. Ondes, énergies, potions de grand-mères, prières à l'Univers, foi en Le Destin. Oui, je possède quelques livres traitant du sujet. Oui, j'ai quelque pierres dont je me suis servie pour aider mes enfants à passer certains mauvais moments, pour m'aider à trouver une paix autant illusoire que factice.

Il suffit de lire quelques articles de ce blog pour se rendre compte que je n'ai pas besoin de magie noire pour faire du mal autour de moi, je n'ai qu'à aimer les autres pour transformer leur vie en enfer. Rappelons que je suis la reine dans ce domaine.

Reste que même si je n'y crois qu'à moitié, cette probabilité que je sois envoûtée ou maudite existe, et expliquerait bien des galères.

Ce n'est pas u moyen que je cherche pour minimiser mes responsabilités, bien au contraire. Si vraiment un sort a été jeté contre moi, je ne connais rien ni personne qui puisse le lever. Faut que je vive avec.

Le problème, ce n'est pas ce sort qui pèse sur moi. Le problème c'est qu'une fois de plus mon fils est mêlé à des choses qui ne le concernent pas, et il est en première ligne. Il va devoir apprendre à vivre avec le doute que sa mère est une sorcière malfaisante. Parce qu'évidemment, l'autre a tellement bien ficelé son histoire que mes dénégations ne l'ont pas convaincu. Et plus je vais essayer de lui faire comprendre jamais je ne ferais une chose pareille, plus le doute grandira dans son esprit.

Comme je disais en début d'article, je suis dérangée, certes. Maladroite, stupide, égoïste, et j'en passe. Mais jamais méchante.

Le plus beau dans cette histoire???

Madame m'a pardonné!!! et voudrait redevenir mon amie.

Ouf! je vais pouvoir mourir heureuse, je n'ai finalement pas tout perdu

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