generalites
ma santé
De nature assez robuste, j'ai eu par le passé plusieurs épisodes au cours desquels j'ai eu affaire aux médecins. Trop de cholestérol dès l'âge de 10 ans, un zona dans la foulée, une embolie pulmonaire à 18 ans, une phlébite à 30 ans...sans parler des ptits bobos propres à tout être humain normalement constitué. Les "incidents" de mon enfance, je m'en rappelle pas trop, sauf des douleurs insoutenables dues au zona, que si j'y pense j'arrive à revivre, sorte de démangeaisons irritantes, de brûlures sans feu, de cette sensation d'avoir la peau arrachée à chaque mouvement. L'embolie pulmonaire, c'est autre chose. Un sentiment d'étouffement permanent, l'impossibilité de reprendre son souffle, la douce sensation de se sentir partir, sans que rien ne se passe...Surtout cette douleur (incomparable par rapport au zona...), ce point dans le poumon, comme si un couteau y avait été planté, et y était remué sans jamais s'arrêter. Paraît que j'ai failli en mourir, moi j'ai pas eu cette impression. Je me rappelle de cette nuit à l'hôpital où j'ai fait une crise... J'arrivais plus à respirer, j'ai sonné l'infirmière, mais vu qu'une de mes trois voisines de chambre n'arrêtait pas de sonner, personne ne s'est déplacé pour venir voir ce qui se passait. C'est une autre voisine de chambre qui s'est levée (alors qu'elle était en lit strict) et qui est allée chercher de l'aide en disant: "la jeune est en train de s'étouffer"...je lui dois la vie, sans elle, je m'en rappelle, je me serais laissée partir, j'étais en train d'arrêter de lutter quand le médecin est arrivé...Combien de fois par la suite ai-je regretté la venue du médecin cette nuit-là!!! Combien de tourments aurais-je évité...Mais bon, je suis là, faut bien que je fasse quelque chose de ma vie... En y réfléchissant bien, ça m'a permis de donner la vie à trois enfants... C'est pour cette raison, je pense, que je suis encore là. Et c'est quand oncle Gérard (avec lequel j'ai jamais eu de lien particulier...) est venu me voir à l'hôpital que j'ai réalisé que j'avais failli partir... Si lui est venu, c'est que ça devait être grave.Tout ça est bien loin, je me suis juré de ne plus avoir de grave pépin de santé, et même si il m'arrive encore souvent de me réveiller paralysée au milieu de la nuit, c'est pas moi qui vais aller consulter, je suis sûre qu'un souci de santé, plus on y pense et plus c'est grave. De toute manière, si c'est vraiment sérieux, c'est pas un médecin qui peut grand chose. Et y'a toujours une raison pour que le corps souffre, c'est une façon pour lui de nous montrer qu'on est encore viviant...
Mes foyers
Là où j'ai grandi, à Marmoud, c'était pour moi la plus belle maison du monde. Oh bien sûr, on était toujours à l'affut d'une transformation avec Marie-Jo, même qu'un jour on aurait voulu remplacer ces horribles catelles vertes de la cuisine par un aquarium géant... C'était une vieille ferme , nous donnant droit à un concert de bruits bizarres chaque nuit, quand c'était pas le vent qui faisait craquer les fenêtres, pleine de fous rires et de cris la journée, sans parler de cette insouciance et de ce partage qui caractérisent les maisons où l'on se serre les coudes en cas de coup dur, où l'on se retrouve avec un vrai plaisir autour de la table, non seulement pour manger, mais aussi pour echanger,pour être ensemble... Une maison familiale,quoi, Maman, tu as su faire de cette maison un foyer, un vrai, et je t'en remecie. Il était bon d'y vivre, je m'y sentais à l'abri.
A 19 ans je suis partie à la Sagne, avec Martial. Un bel appartement, mis à part cette moquette beige qui me donne encore des frissons dans le dos quand j'y pense... Pas trop mal meublé, un bar qui aurait fait pâlir d'envie n'importe que tenancier de bistot, moi qui ne bois pas d'alcool...mais rien à en dire, sauf les heures passée à attendre qu'il rentre du travail, à me demander quoi faire de mes journées, quoi faire de ma vie. Vide, sans âme, inutile...
A 23 ans, bien décidée et amoureuse, je quitte Martial, la Sagne, pour un studio meublé à La Chaux-de-Fonds. J'aurais préféré un deux ou trois pièces, mais vu l'urgence de mon départ, j'ai pris ce que la gérance me proposait. "L'amour ferait le reste" me suis-je dit... Tu parles! Un homme charmant en public, mais dominateur en privé, qui ne reculait devant rien pour me soumettre à sa volonté... Ceci fera l'objet d'un autre article. Je me suis vite retrouvée seule dans ce studio, dont je ne sortais que pour aller travailler, ou pour me rendre à Marmoud. Je te remercie papa pour tous ces kilomètres que tu as fait pour moi à cette époque.
Après avoir rencontré Olivier, on s'est installés ensemble un mois avant notre mariage à la Brévine... Plein de promesses, cet appartement charmant a vu arriver Matthias et Océane. Parois en bois, du lino vert par terre(?), cet appart avait la particularité dêtre en même temps au milieu du village et en bordure de prairie. Facile pour les balades en pousse-pousse... J'ai pensé y être heureuse, mettant de côté les rentrées de mon mari beurré en moyenne deux fois par semaine...j'avais mon bébé pour moi seule, ça me suffisait.
Puis un jour, on a repris la ferme des Prises...ça y est! je vais enfin pouvoir vivre une vraie vie de famille, aidant mon mari à l'écurie, eduquant mes enfants avec l'amour et la patience auxquels ils ont droit...La Vraie Vie!!! Premier bémol: il faut partager cette vie de famille naissante avec Patrick, ce beau-frère que je suis au départ d'accord d'héberger, estimant que ça serait un plus pour mes enfants de grandir dans une famille élargie... Vieux bâtiment érigé en 1754, cette maison avait tout l'avantage de vieille bâtisses qu'on a besoin de rénover...on y pense, mais rien ne s'y fait... Le plus: le retour des concerts de bruits bizarres qui ont bercé mes nuits d'enfance. Le moins: je suis pas Maman, et j'ai pas réussi à faire de cette maison Le Foyer auquel mes enfants avaient droit. Mon plus gros échec...
Epuisée par des guerres quotidiennes contre le mensonge, la mauvaise foi, le mépris et j'en passe, à l'âge de 44 ans je prends un appartement en plein centre de Fleurier. Grand, clair, aéré, cet appart a pour moi l'apparence d'une vie qui commence. Assez spacieux pour recevoir mes enfants, seul Julien m'y suit. On s'y sent bien, au calme, on essaie de construire une vie pleine de sérénité et de joie... j'adore son sol de carrelage blanc, ses mansardes dans toutes les chambres, sa salle de bains, même ses velux...Rempli des promesses à venir, je me plais, je suis même fière de ce lieu. L'avenir me dira si j'ai raison, mais ici je me sens prête à enfin essayer de faire quelque chose de ma vie, quelque chose de bien, quelque chose qui laissera à mes enfants un goût de je-ne-sais-quoi de beau, de bon pour eux...Un Vrai Foyer???
Garou
Outre le chanteur à la voix rauque que tout le monde connait et dont j'ai été une grande fan (je suis même allée le voir deux fois en concert, un véritable exploit!), Garou c'est mon tit chien. Un yorkshire (avec pedigree, s'il vous plaît!), six ans le jour où il est arrivé à la maison. Sa maîtresse précédente possédait six ptits chiens comme lui, mais devait s'en séparer pour cause de maladie. Garou c'est une boule de poils, que bien des gens trouvent ridicule, mais qui est toujours là. Près de moi, rassurant avec ses yeux pleins d'amour et d'attente (bon c'est vrai, des fois ça me panique parce que je comprends pas ce qu'il me veut...), amusant parfois avec sa façon bien à lui de venir me réconforter, toute langue dehors (berk!!!), à mettre ses deux tites pattes autour de mon cou comme s'il voulait me prendre dans ses bras...Trop mignon... J'avoue que jamais j'aurais pensé avoir autant de place dans mon coeur pour un animal. Si petit qui plus est. Je me rappelle la mort de Tamara (je devais avoir 10-11 ans à lépoque), notre Saint-Bernard. Je n'ai pas oublié les larmes et ce sentiment de vide ressenti. Depuis lors, j'imagine que je me suis protégée en ignorant totalement ce lien qui peut unir un animal à l'être humain. Et invérsement. Pour moi, les animaux sont de toute façon destinés à mourir avant nous...à quoi bon s'investir dans une relation vouée à une fin tragique??? C'est ce que je pensais jusqu'à l'arrivée de Garou...
La Coiffure
C'est un peu par hasard que je suis tombée dans la coiffure, moi j'aurais voulu conduire un camion, un gros, de préférence en amérique... Je rêvais de ces routes droites, au milieu du désert, je me voyais traverser le pays de long en large...pour moi c'était la vraie vie... Chimère! Il a fallu choisir un métier, et c'est en accompagnant Chou-Fleur chez le coiffeur que j'ai eu l'idée de demander une place de stage. Bingo!! Par un incroyable concours de hasards, j'ai signé mon contrat chez Oly. Salon démesuré pour l'époque, mal vu dans la profession, je m'y suis sentie très mal à l'aise en apprentissage, tellement maladroite sans m'en rendre compte, j'avais l'impression d'être la personification de Caliméro...Il a fallu que je rate mes examens finaux pour que j'en arrive à réaliser que tous ces reproches étaient justifiés. Non mais, quelle nulle je faisais pas!!! C'est avec René Juan que j'ai appris à relever la tête, reprenant les gestes de base, travaillant sans relâche (des fois jusqu'à huit heures du soir à former des vagues aux doigts sur Tante Agathe), c'est de cette façon que j'ai réussi ces foutus exams à mon deuxième passage. La passion du métier, c'est Monsieur Wehrli, prof de technologie qui me l'a transmise. Des heures à l'ecouter parler du métier, du cheveu, de la cliente, et une formidable dynamique, l'amour du métier, s'est enclenchée en moi. Par la suite, je suis devenue coiffeuse chez Oly, alors qu'après mon échec j'avais juré ne jamais remettre les pieds dans ce salon, et c'est là que j'ai laissé libre cours à mon sens créatif. J'ai le souvenir de rencontres avec des clients d'une rare intensité, de profondes amitiés avec certaines collègues, d'une aventure humaine renouvelée chaque jour. Des mauvais souvenirs, aussi, comme ce client dont avait raté la décoloration, qui nous menaçait d'un procès, ou cette cliente qui avait pris rendez-vous pour une coiffure de mariage, et que j'ai laissée tomber le jour J parce que j'avais préféré prendre congé pour mon anniversaire...En fait, je l'avais totalement oubliée!! C'est tout de même avec soulagement que j'ai laissé tomber ce salon, afin de pouvoir me consacrer entièrement à mon mari, à mon bébé à venir, à la ferme que nous allions reprendre.... Soulignons que cinq ans après avoir abandonné mon métier, à la question "vous faites quoi dans la vie?" je répondais encore avec fièrté "je suis Coiffeuse"...Révélateur, non???
Pégase
Pégase. c'est le dessin que j'ai choisi pour mon tatouage. Outre la beauté fantastique de ce sujet, c'était (et c'est encore aujourd'hui), le symbole pour moi de la liberté. Ma liberté. Un cheval ailé va n'importe où, n'importe quand, rien ni personne ne l'arrête. S'il se laisse dompter, s'il donne son amitié, son amour même, c'est qu'il l'a décidé. Malheur à lui s'il se trompe, essayer de le dominer lui brisera les ailes, et tel un oiseau blessé, il perdra sa dignité, se cachera dans son monde perdu, soignera ses blessures...avant de réapparaître plus fort et indépendant que jamais. Au prix que lui seul connait. Sa seule défense c'est sa liberté. Image romanesque d'une indépendance que j'aurais voulu revendiquer, dont j'aurais voulu faire preuve.... Avouons-le, j'en suis loin. Il s'avère que je suis incapable de prendre une décision seule, que j'ai besoin du regard des personnes qui m'entourent pour exister... Pathétique! mais tellement rassurant. Ne pas prendre de décisions, c'est eviter les mauvais choix, c'est rejeter la faute sur l'autre, en cas de pépin, c'est enfin se laisser guider, quitte à être entraînée dans des situation qu'on refuse... Chaque fois que mon regard se pose sur mon tatouage, je me rappelle ce besoin de liberté et d'indépendance...avant de me dire que Pégase n'est qu'un mythe, une légende, et que la vraie liberté est celle de la tête, celle de l'esprit, celle de la pensée. C'est actuellement la seule dont je dispose, la seule que j'assume. Et c'est dans cette liberté-là que je me retrouve chaque jour. Mais Pégase est tellement plus....
Le plus beau jour de ma vie?
voilà, on y est... Aujourd'hui je me marie.... Olivier est mignon, gentil, attentionné.... Le mari parfait, quoi. Toute la famille est réunie. Les tantes, les oncles, les grands-parents, les copains, les collègues.... Tout ce monde est venu nous apporter ses voeux de bonheur. Ma robe est magnifique, les photos sont belles, le soleil présent mais pas trop chaud... Une belle histoire commence. Mon bébé dans mon ventre bouge, il est content je pense... Bien belle journée, en effet... Qui finira très tard et bizarrement, mais ça c'est une autre histoire. Seul bug: mon fou rire au moment de m'engager à l'état civil. quelque chose qui me sera reproché si longtemps...
Le pourquoi de ce blog
Ma vie est un roman, dont les souvenirs sont livrés ici. Tout ce qui y est écrit est vrai, même si tu en doutes, parole d'honneur. Bienvenue à toi lecteur, et...accroche-toiii
C'est en août 1968 que je suis née, au cours d'un accouchement long et difficile qui a failli mettre Maman K.O. troisième fille de cette famille d'agriculteurs, je suis La déception de Maman, elle qui voulait combler son mari en lui donnant un fils... Est-ce pour cette raison que j'ai toujours cette horrible impression de ne jamais être à la hauteur de ce que l'on attend de moi?
Avril 2012: je demande le divorce, après douze longues années de reflexion, années d'enfer dans ma tête, années où je suis plus occupée à me demander ce que serait ma vie loin de cet homme qu'à essayer de le rendre heureux...de toute façon, plus la peine d'essayer, il me l'a dit si souvent, ce n'est pas moi Le bonheur pour lui, mais Karine, la compagne de son meilleur ami, celle dont on reparlera plus loin, celle par qui bien des crève-coeur sont arrivés. quoiqu'il en soit, je mets fin à une histoire qui promettait d'être merveilleuse, si....
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