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Mon beauf

29 Novembre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma vie de femme mariee

Mon beauf

Cet homme que je prenais pour timide et mal dans sa peau, que je me réjouissais d'hébérger dans ma maison quand on aurait enfin emménagé dans la ferme familiale, que j'appréciais pour son côté naturel et simple, cet homme donc fut sûrement la personne qui m'a fait le plus de mal dans ma vie. Aîné de mon mari, le drame de la perte de leur soeur l'a encore plus détruit que mon époux. Enfant à problèmes, très couvé par sa maman, il a eu je pense de nombreuses lacunes dans sa construction personnelle, mais je ne juge pas, je déplore. Simplement.

Au moment où nous déménageons aux Prises, il n'est pas question de le mettre à la rue, les parents partent habiter aux Verrières, son domaine se situe près de chez nous, c'est décidé: il restera habiter chez nous. J'approuve, me réjouissant de partager ma vie de famille avec cet homme qui, n'ayant pas de vraie famille à lui, j'en suis persuadée, saura mieux que quiconque apprécier ce partage...

Il ne lui a pas fallu plus de jours pour me montrer mon erreur de jugement. Le premier soir de notre installation, il m'envoie copieusement balader parce que je lui demande de laisser ses bottes d'écurie derrière le porte, et non pas au pied de son lit.

Ses moqueries méchantes chaque fois que je parle à ma fille âgée alors de six mois, m'empêchant de profiter de ses premirs sourires. Ses commentaires fleuris quand je rentre de commissions, sous prétexte que je dépense trop (350.- par semaine pour nourrir 2 hommes. 2 bébés, et moi). Ses commentaires malhonnêtes à propos de nos voisins, de ma famille, de moi, de sa famille. Sa façon de me déshabiller du regard chaque fois que mon mari est absent. Sa mauvaise humeur sauf quand il s'agit du malheur d'une autre personne que lui (c'est les seules fois qu'on le voit rire...). Son habitude de passer derrière moi dans la chambre à lait pour salir la machine à traire que je viens de laver pour que mon mari m'engueule. Ses sous-vêtements qui traînent sous son lit, sans parler de son pot de chambre que c'est à moi de vider. Sa manière de se mêler de tout, fourrant son nez dans mes buffets, mes armoires, mes tiroirs, se régalant de commentaires salaces et humiliants devant mes copines. Ses mains baladeuses, toujours sales, qui n'hésitent pas à s'emparer de moi même devant mes enfants. Ses menaces de mort après le premier échange, de colère, de dépit, il avouera à son frère que c'était à lui de ma sauter, pas à son copain. Son insistance face à mon mari pour lui faire accepter un soir à trois, où il se servira de moi comme d'un jouet sexuel, son frère à ses côtés, l'encourageant à me prendre tel un morceau de viande, me laissant salie, humiliée, honteuse...par trois fois. Sa manière d'apprendre à mes propres enfants à parler, leur demandant de répéter que leur mère est folle, que c'est une putain, que c'est une merde.Son influence sur son frère enfin, il passera les six ans de vie chez nous à lui répéter que je ne suis pas une femme pour lui, arrivant à convaincre mon mari que je ne suis rien, que je lui fais du mal, qu'avec moi il n'aura que des emmerdes.

Cet homme, le frère de mon mari fut un ombre dans ce que j'aurais voulu être un ciel sans nuages, un danger permanent pour mon équilibre fragile, une menace de destruction pour ma famille. En partie responsable de l'échec de notre mariage, je pense que c'est la seule personne au monde à qui je ne pardonnerai jamais le mal fait à mes enfants, et à moi. Même sur mon lit de mort.

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Les années suivantes

26 Novembre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma vie de femme mariee

Les années suivantes

Après avoir raconté la 1ère et la 2ème année de mariage, vient le moment de raconter les années suivantes... Qu'en dire? Que pendant à peu près cinq ans je me suis voilé la face, jouant à l'autruche, refusant de regarder la vérité en face et de tirer ce constat accablant: mon mariage est un cuisant échec, l'homme que j'ai épousé s'avère être un homme colérique, malhonnête, pervers, et j'en passe. Il n'a, de plus, pas la force mentale pour affronter son frère (qui squatte notre salon et passe son temps à faire de ma vie un enfer), refusant tout net d'entrer en matière dans cette guéguerre qui nous oppose, sous prétexte qu'il refuse de choisir entre son frère et sa femme. Toujours amoureuse à ce moment-là, j'accepte cette situation, n'osant pas imaginer un seul instant faire souffrir mon mari en l'obligeant à faire un choix.

Pourtant je sais que ce n'est pas normal. Pas normal d'entendre mon beau-frère apprendre à mes enfants à parler en leur disant: "Répète après moi: Ta mère c'est la merde, Ta mère est folle, ta mère est une putain"... Pas normal dêtre coincée dans des ptits coins chaque fois que mon mari est absent, au point d'en avoir parfois les habits déchirés... Pas normal de me faire insulter copieusement par mon mari pour des choses que j'ai pas faites comme il faut, alors que c'est Patrick qui s'amuse à salir les machines à traire une fois que j'ai fini de les laver juste pour son plaisir à entendre mon mari m'engueuler... Pas normal enfin de lever mes enfants le matin et de les entendre me raconter comment ils ont vu "le zoiseau de tonton, qu'était comme un serpent et qui crache du liquide de la même couleur que le papier"... Non, tout ça n'est pas normal, mais je me tais, je subis, bravement, me disant qu'un jour cet homme s'en ira de chez nous, et qu'on pourra enfin former une famille. Une vraie, une qui se serre les coudes, qui reste unie contre le monde entier.... Tu parles! Au moment où Patrick quitte notre maison, mon mari est déjà sous l'emprise de Karine, un échange a déjà été consommé, le mal est fait... Dans la tête de la famille de mon mari, je suis une "bouée", à moitié folle, qui n'a d'autre qualité que sa forme physique pour effectuer tous les travaux de la ferme, mais incapable d'éduquer mes enfants, ce qui fait que ma belle-mère s'autorisera à subvenir à leurs besoins, leur expliquant que c'est elle qui les aime le plus, alors que moi je me fous d'eux...

Comment lutter contre ça? Comment reprendre le contrôle de la situation? Pendant ces années-là, j'ai lutté avec mes armes. Patience, silence, soumission. Grave erreur!!! J'y ai laissé l'amour de enfants, qui ont grandi avec cet horrible sentiment que maman ne les aime pas, qu'elle est folle, qu'elle préfère son travail à eux. Pourtant je les aime, mais la peur de décevoir mon mari est si grande que je perds toute mon énergie à essayer de le satisfaire (mission impossible, évidemment, il ne sera jamais content), sans me rendre compte que c'est au détriment de mes enfants que j'agis de la sorte.

Face à ma famile, j'essaie de donner le change, de ne pas montrer à quel point je suis démunie, à quel point l'image que j'ai de moi est déplorable, à quel point je suis consciente de l'échec de cette vie... Face à mes copines, c'est encore pire... Mon amie la plus intime, à l'époque, c'est Karine. Qui passera bien du temps à me convaincre de partir, de quitter mon mari, ce que je refuserai de faire à ce moment-là.

Les choses auraient-elles été différentes si j'avais mis un stop tout de suite?? Me serais-je sentie mieux si j'avais réussi à imposer à mon mari un choix entre son frère et moi??? Aurais-je été plus heureuse si j'avais réussi à faire comprendre à mon mari que je souffrais de ne pas recevoir l'attention, le respect, l'amour que j'attendais, que je pensais mériter???

Toutes ces questions, j'en ai fait le tour. On ne revient pas en arrière, on ne rejoue pas la même scène, on ne refait pas le passé. On dit juste que tout ce qui tue pas nous rend plus fort...

ALORS POURQUOI JE PLEURE????

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Le drame de ma vie

15 Novembre 2012 , Rédigé par Michèle

Le drame de ma vie

Ma vision du monde, j'en prends conscience, est une vision tronquée, déformée par mon esprit malade de vivre, complètement à l'ouest de la réalité. En effet, j'ai la terrible mauvaise habitude de penser que les autres pensent la même chose que moi. ERREUR! Fatale erreur... Là où je mets de l'amitié, la réalité traduit de l'intérêt. Je pense empathie, la vie me répond égoïsme. Ce que je perçois comme étant du chagrin, s'avère être de la colère...

Pauvre romantique que je suis! Toujours la tête dans les étoiles, je rêve de sentiments forts, placés au-dessus de tout, au-dessus du terre-à-terre quotidien, au-dessus de la résignation.

Dans mon esprit (malade rappelons-le), un amour partagé dépasse l'entendement, transcende ces deux coeurs unis, fait fi de toutes les epreuves qui se présentent. C'est oublier trop vite la réalité du quotidien, les chaussettes sales de l'autre qui traînent, le tube de dentifrice ouvert, les factures à payer...

Dans ma vision excessivement romantique de ce monde que je comprends de moins en moins, une amitié solide c'est pouvoir tout dire à l'autre sans avoir peur de le blesser, c'est de cette façon que je fonctionne, et pour moi il est évident que les autres voient la chose de cette façon...C'est oublier trop vite que chaque personne a sa vision du monde, que ma personnalité égoïste ne laisse pas de place à l'autre, à cet ami qui n'est pas prêt à partager cette vision-là.

Chaque fois que j'aime, en amour comme en amitié, j'aime à fond. Je donne tout. Sans conditions, sans réfléchir. Je fonce. J'impose à la pauvre victime de mes coups de coeur une relation pleine de resect, de partage, de complicité. Je me livre, totalement, pieds et poings liés, laissant carte blanche à l'autre, les pleins pouvoirs. Cette pauvre victime qui n'est peut-être pas prête à recevoir ce que je donne, qui n'a rien demandé, qui n'attend rien. Et partant du principe que je donne tout, je reproduis a chaque fois la même erreur: attendre le tout de l'autre. Il est évident que chaque relation est vouée à l'échec, l'autre n'ayant jamais envie de tout partager avec une barge (pour pas dire folle), incapable de réfléchir autrement qu'avec son coeur.

C'est donc tout naturellement que toutes les relations que j'ai entretenues, en amour comme en amitié, se sont terminées dans la déception, dans l'amertume, dans la colère. Déception de mon côté, de n'avoir pas reçu ce que j'attendais (en même temps, de quel droit me rendrait-on ce que je donne, vu que ce don ne représente rien, sauf à mes yeux, et encore, tout ça n'est que chimères...), amertume et colère du côté de l'autre, en général ce que je donne fait plus de mal que de bien à l'autre, et j'ai la nette tendance à mettre le souk partout où je passe.

C'est là que tu t'apercevras, cher lecteur, de l'étendue malsaine de mon esprit malade de vivre... Au lieu de me tenir éloignée du reste de la race humaine (que soit-dit en passant je comprends toujours pas...), histoire de limiter les dégâts, je ne peux m'empêcher de récidiver. Recommencer à nouer des liens, me plonger à nouveau corps et âme dans une nouvelle relation que je sais perdue d'avance, avec à chaque fois le même shéma...

Mais qu'est-ce qui cloche chez moi??? Pour quelle raison je m'impose aux autres de cette façon? de quel droit je me permets de m'imaginer que cette fois sera la bonne, que cette fois je pourrai enfin apporter un peu de bonheur à ceux que j'aime???

Toutes ces amitiés perdues par ma faute! Là je pense à Angela, Maria, Evelyne, Isabelle, Charla, Olivier P ,Mayo, Marine...et tant d'autres...

Tous ces amours bafoués par mon égoïsme! Martial, Vait, Pascal, Olivier O., Olivier C.

Le mal que je fais, sans le vouloir, je le sais, je le paierai un jour ou l'autre. Dans cette vie, je paie pour le mal que j'ai fait au Viet Nam, et c'est dans ma prichaine vie que je paierai pour mes erreurs de maintenant. Patience à vous, tous, je regrette de tout mon coeur ce que je vous ai imposé, sachez juste que je le paierai.

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Moral de merde

4 Novembre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #mon jardin secret

Moral de merde

Que je déteste ces moments-là! Ces moments où je suis seule, et que mes idées deviennent de plus en plus sombres, jusqu'à ne devenir qu'obsessions, désirs secrets de compter dans la vie de quelqu'un, d'être aussi importante aux yeux de ceux que j'aime qu'ils sont importants pour moi...

Ces moments-là arrivent sans prévenir, insidieusement, et il est trop tard de lutter contre une fois qu'ils sont installés. Généralement, ils sont précédés d'une sorte d'euphorie, d'un sentiment rassurant au cours duquel je me considère comme chanceuse de vivre ce que je vis. Suit une sorte d'espoir, une impression que les choses vont changer, qu'enfin la vie (ou le Destin?) va se décider à me donner un peu de ce que j'attends, que la roue tourne et qu'enfin je vais me sentir bien...

Consciente qu'il FAUT absolument que je change mon point de vue sur mes attentes de "bonheur", viennent ensuite les questions: Pourquoi y aurais-je droit? Qu'est-ce qui me fait penser que les choses vont changer? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter qu'elles changent? Pourquoi j'arrive pas à me contenter de ce que j'ai? Pourquoi personne autour de moi ne semble comprendre ce que je ressens, au lieu me répondre à chaque fois que je dois prendre sur moi une situation que je refuse de toutes mes forces, au lieu de me montrer une fois de plus que je suis une éternelle insatisfaite???

C'est à ce moment que les réponses affluent, tel un fleuve gonflé par l'orage, qu'aucune force ne peut stopper.

C'est ma personnalité qui ne mérite pas l'attention des autres, de ceux qui comptent vraiment pour moi, je sais que si je dis pas ce que j'attends les autres ne le devineront pas. Et de quel droit je leur imposerait ma vision des choses? Je ne suis rien pour mériter leur attention. Oh bien sûr, chaque contact avec ce monde dans lequel je suis pas bien me laisse penser que j'ai un côté de moi qui plaît aux autres, mais qu'est-ce que je leur apporte? Quelle trace de moi est-ce que je leur laisse? Prise dans mes délires de femme à l'ego surdimensionné, je n'arrive plus à donner aux autres ce qu'ils attendent de moi. C'est l'image de quelqu'un de prétentieux, d'égoïste, de creux que je donne à ceux que j'aime. Au fond, ça doit être ce que je suis, j'en sais rien. Alors que je me sens totalement à l'inverse de cette image. Je me perçois comme quelqu'un de fade, d'insignifiant, de terne.

Incapable d'assumer cette personnalité, j'en fais des tonnes en société. Trop. Au point d'éclipser les autres, d'oublier qu'ils existent, mon besoin d'exister est tellement fort que rien d'autre ne compte pour moi.

Ce qui me renvoie à cette question: Qui suis-je pour imposer la torture de ma présence à tous ces gens que j'aime??? Ne se porteraient-ils pas mieux sans moi?Pas sans me voir uniquement, non. Sans redouter de me croiser n'importe quand,de me voir débouler sans prévenir, d'avoir affaire à moi. Ne vaudrait-il pas mieux en finir avec la vie? Mettre un terme à mes souffrances, couper l'herbe sous le pied de ce Destin qui joue avec mes sentiments, avec mon ressenti, avec mes espoirs les plus fous???

Cà serait trop simple, trop facile: Un peu trop de Dafalgan, un saut depuis la fenêtre, un coup de rasoir sur le piognet....Mais ça demande du courage, un courage que je n'ai pas. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis "réveillée" avec le rasoir dans les mains, où j'ai refermé la fenêtre en vitesse, où j'ai vomi après avoir goûté un cocktail imbuvable...

Non, décidément je n'ai même ppas ce courage, pourtant je sais au fond de moi que ma disparition serait un soulagement. Pour moi, évidemment. Pour ceux que j'aime aussi. Surtout pour eux. Plus besoin de faire semblant de m'apprécier, de s'échiner à me faire croire que je compte pour eux, de jouer ce jeu stupide et lassant où je les quitte épuisés de supporter ma présence.

Alors je continue. Mes idées sont un trou sans fond, que je n'arrive pas à canaliser. Une spirale infernale, à laquelle rien ni personne ne peut mettre un frein. L'image que j'ai de moi en prend chaque fois un coup. Jusqu'où vont-elles me mener? Aurai-je toujours la force de reprendre pied? On dit qu'une fois qu'on est tombé assez bas, on ne peut que remonter. Ce bas dont on parle, n'en ai-je encore pas vu le fond?

On dit aussi que tout ce qui tue pas rend plus fort. Où est-elle cette force? Dans ma "liberté de penser"??? Où est-elle cette liberté quand l'esprit tordu qui me caractérise me ramène toujours à cette conclusion: Je ne suis rien, je ne vaux rien, je n'ai rien à donner à ceux que j'aime. Dans ce cas, au nom de quoi est-ce que je prends le droit de m'imposer aux autres, à ceux qui comptent pour moi?

Cercle vicieux pas excellence, ce dynamisme-là me torture chaque fois que je suis seule. Et vu que j'ose pas demander de l'aide, ça me tue. Pas en vrai, bien sûr, ça serait trop beau... Non, ça tue le plus beau de ma personnalité, le spontané de mon moi, ça dessèche mon coeur, je sens qu'à l'intérieur, je deviens vide. Au bord des larmes la plupart du temps, je n'arrive plus à m'émouvoir pour ce monde froid, que je comprends de moins en mois, que j'essaie de fuir de plus en plus.

Que je déteste ces moments-là...

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