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Suzette

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma vie de femme mariee

Suzette

Maman de mon mari, Suzette est l'exemple type de la femme malheureuse par excellence. Mariée une première fois à un homme violent qui lui fera quatre enfants(il aurait continué si une injonction d'un juge n'avait mis un terme à tout ça en ordonnant une ligature des trompes de cette femme soumise...), c'est en 1963 qu'elle rencontre celui qui deviendra son deuxième mari, alors qu'elle est en instance de divorce. Elle croit avoir trouvé le prince charmant, alors que lui cherchait juste une femme pour lui faire des enfants, la cuisine, et tout ce qui va avec... De leur union naîtront trois enfants, dont Olivier. La dernière née, Myriam, trouvera la mort sur la route, et sera inhumée le jour de ses sept ans. Ce drame brisera cette famille à jamais, notons en passant qu'Olivier n'a jamais eu le droit d'exprimer son chagrin en présence de qui que ce soit... Rien ne fut épargné a Suzette, ni le travail, ni les insultes, ni le mépris...de rigueur dans cette famille condamnée à continuer de fonctionner malgré l'absence de ce "petit quelque chose qui fait d'une famille un foyer". A l'époque où j'arrive dans cette famille, qui m'accueille avec méfiance, je suis frappée par la violence des mots qui y circulent, principalement autour de la table. Le Père ne demande pas un peu de thé, il frappe sa tasse sur la table. Il ne pose pas sa fourchette à la fin du repas, il la lance. Il ne ferme pas une porte, il la claque... Les garçons ne disent rien sous peine de se faire massacrer par un regard du Père. Si Suzette a le malheur d'ouvrir la bouche pour raconter une anecdote apprise dans la journée par téléphone avec son amie Irma, au mieux ce sera dans l'indifférence totale, au pire elle aura droit à un:"bourrique". Le Père est incapable de s'exprimer sans au moins une injure dans chaque phrase. Il connaît le nom ou le prénom de ses voisins, mais s'applique à les nommer par des surnoms incroyables... Le trou-du-cul, Le d'mi-fou, L'autr-gangan, chacun a droit à son surnom...Patrick, son fils aîné c'est Le gros-sonné, mon mari c'est le Ptit-con. Et jamais en dix-neuf ans passées à le côtoyer, je ne l'ai entendu prononcer leurs prénoms. Moi j'aurai droit à La-bouée, qui collera plus tard à Océane, alors que moi je deviendrai La-dinde. Matthias sera lui rebapbtisé Gros-cochon, alors que Julien sera Le-ptit-couillon... Notons en passant qu'à aucun moment Suzette, (traitée elle de Vieille truie, Grosse vache, Saloperie, et j'en passe...) n'aura le courage de s'opposer à cette façon de faire, au contraire, elle reprendra elle-même cette habitude, par crainte de cet homme, j'imagine. C'est en bouffée d'air frais pour elle que j'ai fait mon entrée dans cette famille. Elle me voyait comme une chance de voir autre chose, de la sortir de ses habitudes qui lentement mais sûrement la faisaient sombrer dans une sorte de dépression dont elle savait qu'elle ne sortirait pas. Matthias fut son grand rayon de soleil, alors qu'on sentait qu'elle évitait de s'attacher à Océane(par peur de perdre une fille à nouveau, par peur de remplacer sa fille perdue???), Mais c'est Julien qui deviendra rapidement sa bouée de secours. Le ptit homme d'à peine quatre ans deviendra le seul centre d'intérêt de sa vie, au point de repousser violemment les deux autres. Poussant jusqu'à l'obsession ce lien qui les unit, elle passera son temps en aller-retour entre sa maison et ma cuisine afin de ma raconter le moindre mouvement de mon fils. Ses "t'aurais ri" ses "on a jamais autant ri", ses "faut que je te raconte", répétés plusieurs fois par jour me tapaient sur les nerfs, mais je disais rien, comprenant qu'elle avait besoin de raconter, refusant de faire du mal inutilement à cette femme que ne se levait le matin que pour vivre à travers "Son Julien" comme elle disait. C'est quand elle est tombée malade que j'ai commencé à me poser des questions. Mon mari, sous l'influence néfaste de son son frère, avait pris l'habitude de se comporter comme son père... Insultes, mépris, ignorance, le traitement malhonnête de son père face à sa mère était en train de s'installer entre lui et moi. Allais- je courageusement le subir, le tolérer, quitte à devenir comme Suzette une femme incapable de s'opposer à cette violence faite par habitude? Allais-je comme elle ravaler mes larmes, mon dépit, et me tourner, comme elle, vers une autre source de "lumière dans ma vie" jusqu'à l'obsession afin de me sortir de cette vie-là? Allais-je prendre le risque de me laisser bouffer jusqu'à en tomber malade par cette vie qui m'apporte plus rien? Allais- je passer mon temps à clamer haut et fort à qui l'entendrait "vivement qu'il meure que je puisse enfin vivre" en pensant à mon mari??? NON JE LE REFUSE!!! Cette femme, qui fut pour moi un exemple de courage et de dévouement au début de mon mariage,était devenue au fil du temps une promesse de la vie pour mon avenir. Egoïste de nature, j'ai préféré mettre à mal toute ma famille, la détruire plutôt que fiinir comme Suzette... Suis-je par là une mère indigne??? Evidemment. Mais je demande à tous ceux qui me jugent comme telle de vivre un an dans cette ambiance. C'est facile quand on est respcté par sa famille de comdamner... Assister à la déchéance d'une personne fait réfléchir. J'avoue, j'ai eu peur... Mais qui à ma place n'aurait pas géagi de cette façon???

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Charla

23 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #les copains

Charla

Charla, c'est mon tit frère depuis vingt-cinq ans. Une belle gueule, une réputation sulfureuse, un passé lourd, un coeur solitaire... Tout ce qu'il faut pour me faire craquer. Oh qu'on se rassure, c'est le seul homme de mon entourage avec lequel j'aie jamais eu envie de coucher. Non, Charla, c'est quelqu'un qui me considérait comme sa bonne copine, même pas comme sa soeur (il en a déjà deux!). On s'entendait bien, de trip en trip, le fou rire n'était jamais loin quand on était réunis. La même passion pour le Viêt Nam, un intérêt commun pour la moto (de cross, s'il vous plaît!), une même vision de la femme parfaite...Une complicité inouïe avec ce mec que j'avais jamais vu avant (mais dont j'avais déjà entendu parler...) est née presque instantanément quand on s'est connus. Avec lui, je me sentais en sécurité, je sais que rien ni personne n'aurait pu me faire de mal. Je me sentais respectée, écoutée, appréciée... On s'étonnait des fois de s'entendre si bien, on en rigolait. Je savais que je pouvais être moi-même, il ne m'aurait jamais jugée. Le nombre de fois où il est venu comme modèle au salon pour une apprentie... Le nombre de fois où il m'a laissé conduire sa voiture(une Opel Manta II divine!!!) alors qu'il refusait catégoriquement de la prêter à ses copains... Sans parler de nos soupers du lundi qu'on aurait raté pour rien au monde. après un reps que je passais des heures à préparer, Martial allait se coucher et nous restions tous deux au salon, à discuter des heures,, partant dans des trips que nous seuls comprenions, essayant de remonter le moral de l'autre quand il n'allait pas bien, nous racontant l'un à l'autre sans tabou... Je l'ai perdu de vue au moment où j'ai quitté la Sagne, mettant fin sans le vouloir à une merveilleuse amitié. On se revoit de temps en temps, mais c'est plus pareil. Par égard pour la jolie famille qu'il forme avec Esther et leurs deux enfants. Je n'ose même pas parler du bon vieux temps avec lui, ça ne ferait que réveiller des souvenirs oubliés, qu'Esther ne comprendrait pas. Repenser à lui me plonge dans une nostalgie profonde, un désarroi inexpliquable. Pour moi il fut et reste un héros, un ami, un ange gardien, un symbole de ce qu'un homme devrait être avec une femme... C'est ma façon de voir cette amitié, et je préfèrerais ne pas lui demander de quelle façon lui l'a vécue, je voudrais pas entacher la plus belle parce que improbable et surprenante amitié qui ait existé entre un autre être vivant et moi.

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ma santé

23 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #generalites

ma santé

De nature assez robuste, j'ai eu par le passé plusieurs épisodes au cours desquels j'ai eu affaire aux médecins. Trop de cholestérol dès l'âge de 10 ans, un zona dans la foulée, une embolie pulmonaire à 18 ans, une phlébite à 30 ans...sans parler des ptits bobos propres à tout être humain normalement constitué. Les "incidents" de mon enfance, je m'en rappelle pas trop, sauf des douleurs insoutenables dues au zona, que si j'y pense j'arrive à revivre, sorte de démangeaisons irritantes, de brûlures sans feu, de cette sensation d'avoir la peau arrachée à chaque mouvement. L'embolie pulmonaire, c'est autre chose. Un sentiment d'étouffement permanent, l'impossibilité de reprendre son souffle, la douce sensation de se sentir partir, sans que rien ne se passe...Surtout cette douleur (incomparable par rapport au zona...), ce point dans le poumon, comme si un couteau y avait été planté, et y était remué sans jamais s'arrêter. Paraît que j'ai failli en mourir, moi j'ai pas eu cette impression. Je me rappelle de cette nuit à l'hôpital où j'ai fait une crise... J'arrivais plus à respirer, j'ai sonné l'infirmière, mais vu qu'une de mes trois voisines de chambre n'arrêtait pas de sonner, personne ne s'est déplacé pour venir voir ce qui se passait. C'est une autre voisine de chambre qui s'est levée (alors qu'elle était en lit strict) et qui est allée chercher de l'aide en disant: "la jeune est en train de s'étouffer"...je lui dois la vie, sans elle, je m'en rappelle, je me serais laissée partir, j'étais en train d'arrêter de lutter quand le médecin est arrivé...Combien de fois par la suite ai-je regretté la venue du médecin cette nuit-là!!! Combien de tourments aurais-je évité...Mais bon, je suis là, faut bien que je fasse quelque chose de ma vie... En y réfléchissant bien, ça m'a permis de donner la vie à trois enfants... C'est pour cette raison, je pense, que je suis encore là. Et c'est quand oncle Gérard (avec lequel j'ai jamais eu de lien particulier...) est venu me voir à l'hôpital que j'ai réalisé que j'avais failli partir... Si lui est venu, c'est que ça devait être grave.Tout ça est bien loin, je me suis juré de ne plus avoir de grave pépin de santé, et même si il m'arrive encore souvent de me réveiller paralysée au milieu de la nuit, c'est pas moi qui vais aller consulter, je suis sûre qu'un souci de santé, plus on y pense et plus c'est grave. De toute manière, si c'est vraiment sérieux, c'est pas un médecin qui peut grand chose. Et y'a toujours une raison pour que le corps souffre, c'est une façon pour lui de nous montrer qu'on est encore viviant...

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Première année

22 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #Ma vie de femme mariée

Première année

Notre première année fut probablement, pour moi, la plus belle des 19 ans qu'on a passées ensemble. Tout était nouveau, Le foyer, la vie à deux, la naissance de Matthias, le plaisir d'apprendre à se connaitre, à s'apprécier... C'est vrai que notre logement était pas terrible(mon Dieu, ce lino vert!!!), mais on s'en foutait, l'important étant qu'on était ensemble. Olivier se rendait seul aux Prises pour aider son papa, puis revenait prendre ses livraisons d'aliment dans la journée, retournait aux Prises le soir et rentrait souvent tard à la maison, apres un apéro plus ou moins long aux Taillères. Moi, enceinte, je partais le matin à Chaux-de-Fonds, et rentrais le soir, pour lui préparer un bon tit souper, qu'il "dégustait" la plupart du temps froid... Après la naissance de notre petit ange, Olivier ne changea rien de ses habitudes, moi je suis trouvée cantonnée à la maison, ma vie rythmée par les besoins de Matthias. Comme j'ai aimé cette année à la Brévine! Rien d'autre ne comptait que mon fils. Oh bien sûr, y'avait les dimanches que j'aurais voulu passer à Marmoud, fallait déjà batailler dur pour avoir le droit d'y aller seule en semaine au moins une fois par mois, alors le dimanche... Bien sûr y'a eu l'ennui de la coiffure, du salon, des collègues... Bien sûr je n'ai pas oublié les innombrables téléphones à Maman où presque en larmes je lui faisais part du poids de mon oisiveté, c'est vrai qu'en dehors des soins apportés à mon fils, j'ai passé mon temps à me dire "Mais qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui???" Surtout qu'en rentrant à la maison mon mari ne se gênait pas de me faire comprendre que j'étais indigne de son respect, parce que je faisais rien de mes journées. Il ne l'a jamais dit ouvertement, non, il préférait dire:"la femme à untel c'est une flemme, elle traine avec son gamain à longueur de journée, quelle fainéante, c'te truie elle ve jamais à l'écurie"...Ok, le message passait, mais jamais à cette époque je n'aurais eu le toupet de le vexer en m'opposant à son jugement...j'aurais eu trop peur de le perdre... Mon seul bonheur était d'être à la disposition de mon bébé, à lui seul, et j'ai des souvenirs d'une rare intensité de cette période bénie, où tout était axé sur Matthias. Quand on a appris que j'étais de nouveau enceinte, passé le moment de surprise, on a eu, je l'avoue et je l'assume, un grave moment de rejet face à cette grossesse qu'on avait même pas encore eu le temps de projeter. Matthias n'avait que trois mois, et mon coeur s'est brisé à la simple pensée de devoir déjà partager mon temps avec un autre bébé, Matthias est trop petit, je suis pas prête à donner mon amour à quelqu'un d'autre...Non impossible, je vais avorter...Ce jour-là, comme Olivier devait partir traire, on s'est donné ces quelques heures pour réfléchir. A son retour, j'avais pris ma décion. Espèce de conne, un bébé c'est un cadeau, un don, la plus belle chose qui puisse t'arriver!!! C'est donc décidé, on va le garder ce bébé. J'ai profité de cette grossesse pour montrer à Matthias que sa place ne changerait jamais dans mon coeur, qu'il serait toujours au centre de mes priorités. et j'avoue qu'à la naissance d'Océane j'ai eu de la peine à tisser ce lien si important qui unit un bébé à sa mère... Je la voyais comme un élément pertubateur de cette relation que j'avais tissée avec mon fils... J'imagine que même si j'ai essayé de le cacher, les autres s'en sont rendu compte... C'est vrai que longtemps Océane a grandi en me regardant m'occuper de son frère, on peut même dire qu'elle a grandi seule, en tous cas sans moi... Quel gâchis, elle n'a rien demenadé à personne, elle n'a pas mérité un tel comportement de ma part. je suis sa maman, mais j'ai jamais été là pour elle. Pardon ma fille, c'est maintenant que je t'ai perdue que je me rends compte comme j'ai été indigne de toi. Tu es une belle personne, et je suis fière de toi. Mais je n'y suis pour rien.

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Edith

20 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle

Edith

Ma première nièce... Quand elle est née, j'oublierai jamais Turco arriver à Marmoud, engoncé comme pas deux avec un panier de linge sale en disant:" Alors c'est Edith." Quoi? Ma soeur est devenue folle? Edith! C'est pas un nom pour une petite fille! Pour une soeur Nicolet aux yeux bleus, sans dents, au tablier à fleurs taché d'accord...mais un bébé??? Comment peut-on lui faire un affront pareil??? ses parents sont tombés sur la tête!!! Mais quand je l'ai rencontrée pour la première fois, cette petite Edith, j'ai compris qu'aucun autre prénom au monde ne lui conviendrait mieux que celui-là. D'accord, j'ai mis six mois à m'y habituer à ce prénom...Mais impossible de lui en trouver un autre. Edith, c'est un cerveau. Elle est allée à l'université... Mais c'est avant tout une façon différente de voir les choses. Elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, quitte à blesser son interlocuteur, et j'avoue qu'en ce qui me concerne elle a souvent raison... Edith, c'est aussi un sens de l'humour, une répartie, des trips inoubliables partagés avec elle. Que du bonheur... C'est aussi une faculté de réussir haut la main tout ce qu'elle entreprend, moi qui ai tendance à systématiquement tout rater, je lui envie cette faculté-là. Edith, tu es un rayon de soleil pour moi, reste toi-même, tu n'as aucune idée de ce que tu m'apportes, et c'est très bien comme ça. Merci.

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Olivier P.

15 Octobre 2012 Publié dans #Les copains

Olivier P.

A la fin de cette longue période durant laquelle j'attends toujours Vait la peur au ventre, je recommence à sortir. Oh très peu... Juste la fête villageoise de La Sagne, où je me rends avec Turco, pendant que Marie-Jo reste à la maison avec Edith. J'essaie de m'amuser, mais le coeur n'y est pas. Cette musique, ces gens qui boivent, tout ce bruit avec lequel tu peux pas discuter...pourtant je reste... Et là, un Olivier(premier d'une série!!!), s'approche de moi et me cause. Cet Olivier-là, c'est le frère d'une bonne copine d'Evelyne. Mignon, très intelligent, un sens de l'humour un peu tordu...la mayonnaise prend. On finira cette fête villageoise attablés, à discuter de tout et de rien, bien après que la musique se soit arrêtée... Le courant passe bien entre nous. Il a une vision de la vie et du monde qui nous entoure qui me convient, je parle de tout avec lui, je me sens en confiance, je me livre pas, mais il m'aide à me reconstruire. La relation qui nous unit est purement platonique, et pendant deux mois on se téléphonera presque tous les jours, on se verra deux à trois fois par semaine, il ira jusqu'à m'emmener aux Brenets dans un cabaret bien connu où on se rend compte que ce sont des travestis qui assurent le spectacle, au grand effroi d'Olivier...Que de bons moments passés avec lui, sans ambiguités, j'aurais voulu aller plus loin avec lui, mais il a toujours refusé... C'est ptêtre pour cette raison qu'il reste pour moi une des plus belles histoire d'amitié que j'aie entretenu avec un homme. Merci Olivier P., tu as su, avec ta patience et ton amitié m'aider à me reconstruire, tu fus un ami fidèle, auquel je pense encore avec gratitude.

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Vait

13 Octobre 2012 Publié dans #Les hommes de ma vie

Vait

Comme un sauveur, Vait est arrivé dans ma vie par hasard (mais en était-ce vraiment un???) au moment où rien n'allait plus dans ma vie. Un rendez-vous chez le médecin, un collègue de Martial qui passe par là, un café pris en toue innocence(!)...et me voilà embarquée dans une histoire dont je pense qu'à l'heure actuelle je suis pas encore remise. Une personalité très forte(dominante même), un charisme fou, un accent révélant sa faiblesse qui me faisait craquer chaque fois qu'il ouvrait la bouche, j'ai surtout vu en lui l'occasion de sortir de cette impasse avec Martial. N'écoutant que mon coeur et cette passion destructrice, il m'a fallu moins de dix jours pour mettre à exécution ce que j'avais combattu pendant trois ans: quitter Martial et cette vie pépère que je supportais plus. Avec Vait, j'avais, du moins j'imaginais avoir, enfin la vie que je voulais... Un homme sûr de lui, attentionné, drôle, respectueux, socialement irréprochable....Musulman, mais ça me faisait pas peur...Jusqu'à la première colère... Pour une chenille dans une salade... Lui qui disait m'aimer et ne penser qu'à faire sa vie avec moi, n'hésita pas à me jeter hors de mon studio, me laissant comme une conne derrière ma porte pendant deux heures, pour me dit-il ensuite, m'apprendre à ne pas le déranger quand je lui prépare à manger...mais tellement gentil que pour s'excuser, il m'offre à dîner dans un restaurant...où il me jettera un cendrier en pleine tête parce que je regarde les autres clients attablés autour de nous. Je comprends qu'il faut pas que je le mette en colère. A partir de ce jour-là, je mets un point d'honneur à le satisfaire. Il désireune nouvelle montre? pas de problème, je demande une avance de salaire de 3'000.- pour la lui acheter...mais c'est pas celle-là qu'il voulait, c'était la noire, pas l'argentée... beaucoup de cris, quelques insultes(Michèle-de-la-merde), et ce sentiment d'être incapable en tout. Le jour où Jean-Pierre, un copain d'avant handicapé dont on s'est pas mal occupés Martial et moi, vient se faire couper les cheveux, il faut attendre avec lui sur le trottoir que le taxi du centre ASI vienne le rechercher, et c'est moi qui suis désignée pour l'accompagnér. Manque de bol, Vait boit un café au bar d'en face... A mon retour le soir, j'ai droit à une crise de jalousie d'une rare violence: cris, insultes, coups, il ira jusqu'à sortir un couteau...j'arrive de justesse à l'empêcher de m'éventrer. Mais pas à me cogner la tête contre le mur, jusqu'à en perdre connaissance. Quand je me réveille, je suis par terre, nue, glacée... j'ai mal à un endroit... je réalise qu'il m'a sodomisée... lui n'est plus là. Il reviendra deux jours après, les bras chargés de fleurs, les yeux pleins de larmes, la promesse d'un nouveau départ dans la bouche... Il a gagné...Ce n'est plus de l'amour que je ressens pour lui, c'est de la peur...Une terreur de pas arriver à nouveau à lui faire plaisir...ça fait quatre mois qu'on vit ensemble, quatre mois de peur, de soumission, d'enfer, je dirais. J'en peux plus, j'ai besoin d'aide, mais j'ose pas parler... J'ai eu le toupet de partir de la Sagne, décevant ainsi ma famille, je n'ose pas revenir et raconter l'enfer que je traverse, je me tais. Surtout qu'il a prévu de partir au Kosovo pour y passer ses trois semaines de vacances. Vu qu'il a pas les moyens, c'est moi qui emprunte la somme de 6'000.- dont il a besoin pour payer son billet d'avion, et ramener des cadeaux à sa famille. Il s'en va, seul, avec la promesse d'un retour trois semaine après. Je l'attendrai pendant un an. pratiquement sans nouvelles de lui, sauf quand il m'appelle pour me dire qu'il veut rentrer, mais qu'il a pas l'argent...ou que son père est malade et qu'il n'a pas les moyens de le faire soigner...Et moi, terrorrisée, je lui envoie tous les sous qu'il réclame... à peu près 15'000.- en tout... Jusqu'à ce que je reprenne ma vie en mains, et lui annonce par téléphone que je l'attendrai plus...Là c'est drôle, il ira jusqu'à me téléphoner plusieurs fois par jour. Pour me convaincre de changer d'avis, poour me supplier d'avoir encore un peu de patience, pour me menacer de mort. Surtout. Je m'aperçois un jour que je suis suivie. Par ses copains, toujours deux mais pas les mêmes. Depuis la sortie de ma maison jusqu'à mon lieu de travail. Pendant deux mois. Deux mois qu'il passera à me menacer de mort par téléphone, me promettant de revenir un jour en Suisse pour me tuer... Je l'ai encore pas revu, et quand j'y pense, je retrouve cette terreur qui m'habitait ...Ma bonne étoile fut avec moi le jour où il est parti pour ses vacances, je pense qu'il m'aurait tuée s'il était resté. Il a fait de moi une loque intérieur, il m'a fait plus de mal qu'on pourrait l'imaginer, il a fait de moi ce que je suis maintenant. En partie seulement. Je pense que j'aurais une meilleure image de moi si j'avais eu le courage de l'affronter en face, même si je serais plus là pour en parler...

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Martial

8 Octobre 2012 Publié dans #Les hommes de ma vie

Martial

Martial, c'est mon premier amour. J'ai pas 15 ans quand je le rencontre, lui en a 26... Il est gentil, doux, assez mignon, mais surtout il s'attache à moi! D'habitude je flashe sun un garçon qui ne sait même pas que j'existe, ou qui se fait un malin plaisir de me casser( je me rappelle de Gustavo, en sixième, qui faisait semblant de vomir en parlant de moi avec ses copains, ou de PAM qui avait refusé de participer au rallye du camp de ski en huitième parce qu'on était dans la même équipe...). Avec Martial, c'est différent. C'est un homme, qui me respecte, qui respecte mon papa et ma maman, mes soeurs, qui m'accompagne dans mes soirées, me sert de chaperon, et fait de mon adolescence une période de ma vie sans trop d'histoires, sans scandales, sans violence... A l'époque, je sais que je me prive d'une adolescence normale, en étant en couple avec un homme plus âgé, mais je le choisis. Je le vois comme l'homme de ma vie. Sans jamais le regretter. J'ai vécu des beaux moments avec lui, des fous rires, des instants de tendresse aussi (il fut mon premier amant, bien piètre, mais pas catastrophique...) et c'est au fil des années que je me rends compte qu'il ne me correspond plus. Sa passion pour la pétanque( tous les jeudis soirs!), sa façon de se conduire comme un fils avec mes parents (c'est vrai que côté famille il a pas été gâté!), son côté ptit garçon qui me tape sur les nerfs... Je me rends compte que je l'aime plus. Je rêve de le quitter, mais j'ai peur du mal que ça va lui faire. Je le respecte plus, mais je reste avec lui, comme ces vieux couples, on vit à côté l'un de l'autre, sans amour, sans respect, juste par habitude... Je passerai plus de 3 ans de cette façon avec lui. Profitant de ces jeudis de pétanque pour m'envoyer en l'air avec son cousin, parce que même dans l'intimité notre couple ressemble à un vieux couple... Un rapport tous les six mois, à 18 ans, c'est peu... Je pense pas être une obsédée du sexe, mais je suis une femme, simplement. Je souffre de cette situation, je me sens sale, garce, pas en droit de vivre autre chose. Je pense à en finir avec cette vie. Pas de travail, pas d'amour dans mon couple, des copains qui me tolèrent parce que je suis la fiancée de Martial, une honte permanente de ces jeudis que j'attends avec impatience d'une semaine à l'autre, une sensation de passer à côté de quelque chose, une envie folle de tout quitter. De nuit. Fuir à l'autre bout du monde, reconstruire ma vie ailleurs, n'importe où, mais ailleurs. Seulement j'ai pas d'argent, donc je reste. Comme une conne, à le faire souffrir, à savoir que je le blesserai le jour où je m'en irai, à ne plus supporter mon hypocrisie, incapable de penser à autre chose, jusqu'à faire couler mon sang, régulièrement, histoire de sortir de mon corps toute cette partie de moi qui me fait honte... j'en garde les cicatrices, qui me rappellent la déchéance dans laquelle je me trouve à cette période de ma vie. Jusqu'au jour où je rencontre Vait. D'un jour à l'autre, je quitte Martial, le détruisant par la même occasion, mettant fin à une histoire de 8 ans, qui aurait dû n'en durer que quatre. Merci papa et maman d'avoir accepté de vous occuper de lui quand je suis partie, il avait besoin de vous, vous avez été là pour lui, et je sais que ce fut dur. Mon Dieu que je suis égoïste! Je fous le bordel dans la vie de quelqu'un de bien, et c'est vous qui devez en assumer les conséquences. Quel gâchis!

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Mes foyers

6 Octobre 2012 Publié dans #généralités

Mes foyers

Là où j'ai grandi, à Marmoud, c'était pour moi la plus belle maison du monde. Oh bien sûr, on était toujours à l'affut d'une transformation avec Marie-Jo, même qu'un jour on aurait voulu remplacer ces horribles catelles vertes de la cuisine par un aquarium géant... C'était une vieille ferme , nous donnant droit à un concert de bruits bizarres chaque nuit, quand c'était pas le vent qui faisait craquer les fenêtres, pleine de fous rires et de cris la journée, sans parler de cette insouciance et de ce partage qui caractérisent les maisons où l'on se serre les coudes en cas de coup dur, où l'on se retrouve avec un vrai plaisir autour de la table, non seulement pour manger, mais aussi pour echanger,pour être ensemble... Une maison familiale,quoi, Maman, tu as su faire de cette maison un foyer, un vrai, et je t'en remecie. Il était bon d'y vivre, je m'y sentais à l'abri.

A 19 ans je suis partie à la Sagne, avec Martial. Un bel appartement, mis à part cette moquette beige qui me donne encore des frissons dans le dos quand j'y pense... Pas trop mal meublé, un bar qui aurait fait pâlir d'envie n'importe que tenancier de bistot, moi qui ne bois pas d'alcool...mais rien à en dire, sauf les heures passée à attendre qu'il rentre du travail, à me demander quoi faire de mes journées, quoi faire de ma vie. Vide, sans âme, inutile...

A 23 ans, bien décidée et amoureuse, je quitte Martial, la Sagne, pour un studio meublé à La Chaux-de-Fonds. J'aurais préféré un deux ou trois pièces, mais vu l'urgence de mon départ, j'ai pris ce que la gérance me proposait. "L'amour ferait le reste" me suis-je dit... Tu parles! Un homme charmant en public, mais dominateur en privé, qui ne reculait devant rien pour me soumettre à sa volonté... Ceci fera l'objet d'un autre article. Je me suis vite retrouvée seule dans ce studio, dont je ne sortais que pour aller travailler, ou pour me rendre à Marmoud. Je te remercie papa pour tous ces kilomètres que tu as fait pour moi à cette époque.

Après avoir rencontré Olivier, on s'est installés ensemble un mois avant notre mariage à la Brévine... Plein de promesses, cet appartement charmant a vu arriver Matthias et Océane. Parois en bois, du lino vert par terre(?), cet appart avait la particularité dêtre en même temps au milieu du village et en bordure de prairie. Facile pour les balades en pousse-pousse... J'ai pensé y être heureuse, mettant de côté les rentrées de mon mari beurré en moyenne deux fois par semaine...j'avais mon bébé pour moi seule, ça me suffisait.

Puis un jour, on a repris la ferme des Prises...ça y est! je vais enfin pouvoir vivre une vraie vie de famille, aidant mon mari à l'écurie, eduquant mes enfants avec l'amour et la patience auxquels ils ont droit...La Vraie Vie!!! Premier bémol: il faut partager cette vie de famille naissante avec Patrick, ce beau-frère que je suis au départ d'accord d'héberger, estimant que ça serait un plus pour mes enfants de grandir dans une famille élargie... Vieux bâtiment érigé en 1754, cette maison avait tout l'avantage de vieille bâtisses qu'on a besoin de rénover...on y pense, mais rien ne s'y fait... Le plus: le retour des concerts de bruits bizarres qui ont bercé mes nuits d'enfance. Le moins: je suis pas Maman, et j'ai pas réussi à faire de cette maison Le Foyer auquel mes enfants avaient droit. Mon plus gros échec...

Epuisée par des guerres quotidiennes contre le mensonge, la mauvaise foi, le mépris et j'en passe, à l'âge de 44 ans je prends un appartement en plein centre de Fleurier. Grand, clair, aéré, cet appart a pour moi l'apparence d'une vie qui commence. Assez spacieux pour recevoir mes enfants, seul Julien m'y suit. On s'y sent bien, au calme, on essaie de construire une vie pleine de sérénité et de joie... j'adore son sol de carrelage blanc, ses mansardes dans toutes les chambres, sa salle de bains, même ses velux...Rempli des promesses à venir, je me plais, je suis même fière de ce lieu. L'avenir me dira si j'ai raison, mais ici je me sens prête à enfin essayer de faire quelque chose de ma vie, quelque chose de bien, quelque chose qui laissera à mes enfants un goût de je-ne-sais-quoi de beau, de bon pour eux...Un Vrai Foyer???

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Garou

4 Octobre 2012 Publié dans #Généralités

Garou

Outre le chanteur à la voix rauque que tout le monde connait et dont j'ai été une grande fan (je suis même allée le voir deux fois en concert, un véritable exploit!), Garou c'est mon tit chien. Un yorkshire (avec pedigree, s'il vous plaît!), six ans le jour où il est arrivé à la maison. Sa maîtresse précédente possédait six ptits chiens comme lui, mais devait s'en séparer pour cause de maladie. Garou c'est une boule de poils, que bien des gens trouvent ridicule, mais qui est toujours là. Près de moi, rassurant avec ses yeux pleins d'amour et d'attente (bon c'est vrai, des fois ça me panique parce que je comprends pas ce qu'il me veut...), amusant parfois avec sa façon bien à lui de venir me réconforter, toute langue dehors (berk!!!), à mettre ses deux tites pattes autour de mon cou comme s'il voulait me prendre dans ses bras...Trop mignon... J'avoue que jamais j'aurais pensé avoir autant de place dans mon coeur pour un animal. Si petit qui plus est. Je me rappelle la mort de Tamara (je devais avoir 10-11 ans à lépoque), notre Saint-Bernard. Je n'ai pas oublié les larmes et ce sentiment de vide ressenti. Depuis lors, j'imagine que je me suis protégée en ignorant totalement ce lien qui peut unir un animal à l'être humain. Et invérsement. Pour moi, les animaux sont de toute façon destinés à mourir avant nous...à quoi bon s'investir dans une relation vouée à une fin tragique??? C'est ce que je pensais jusqu'à l'arrivée de Garou...

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