Vait
Comme un sauveur, Vait est arrivé dans ma vie par hasard (mais en était-ce vraiment un???) au moment où rien n'allait plus dans ma vie. Un rendez-vous chez le médecin, un collègue de Martial qui passe par là, un café pris en toue innocence(!)...et me voilà embarquée dans une histoire dont je pense qu'à l'heure actuelle je suis pas encore remise. Une personalité très forte(dominante même), un charisme fou, un accent révélant sa faiblesse qui me faisait craquer chaque fois qu'il ouvrait la bouche, j'ai surtout vu en lui l'occasion de sortir de cette impasse avec Martial. N'écoutant que mon coeur et cette passion destructrice, il m'a fallu moins de dix jours pour mettre à exécution ce que j'avais combattu pendant trois ans: quitter Martial et cette vie pépère que je supportais plus. Avec Vait, j'avais, du moins j'imaginais avoir, enfin la vie que je voulais... Un homme sûr de lui, attentionné, drôle, respectueux, socialement irréprochable....Musulman, mais ça me faisait pas peur...Jusqu'à la première colère... Pour une chenille dans une salade... Lui qui disait m'aimer et ne penser qu'à faire sa vie avec moi, n'hésita pas à me jeter hors de mon studio, me laissant comme une conne derrière ma porte pendant deux heures, pour me dit-il ensuite, m'apprendre à ne pas le déranger quand je lui prépare à manger...mais tellement gentil que pour s'excuser, il m'offre à dîner dans un restaurant...où il me jettera un cendrier en pleine tête parce que je regarde les autres clients attablés autour de nous. Je comprends qu'il faut pas que je le mette en colère. A partir de ce jour-là, je mets un point d'honneur à le satisfaire. Il désireune nouvelle montre? pas de problème, je demande une avance de salaire de 3'000.- pour la lui acheter...mais c'est pas celle-là qu'il voulait, c'était la noire, pas l'argentée... beaucoup de cris, quelques insultes(Michèle-de-la-merde), et ce sentiment d'être incapable en tout. Le jour où Jean-Pierre, un copain d'avant handicapé dont on s'est pas mal occupés Martial et moi, vient se faire couper les cheveux, il faut attendre avec lui sur le trottoir que le taxi du centre ASI vienne le rechercher, et c'est moi qui suis désignée pour l'accompagnér. Manque de bol, Vait boit un café au bar d'en face... A mon retour le soir, j'ai droit à une crise de jalousie d'une rare violence: cris, insultes, coups, il ira jusqu'à sortir un couteau...j'arrive de justesse à l'empêcher de m'éventrer. Mais pas à me cogner la tête contre le mur, jusqu'à en perdre connaissance. Quand je me réveille, je suis par terre, nue, glacée... j'ai mal à un endroit... je réalise qu'il m'a sodomisée... lui n'est plus là. Il reviendra deux jours après, les bras chargés de fleurs, les yeux pleins de larmes, la promesse d'un nouveau départ dans la bouche... Il a gagné...Ce n'est plus de l'amour que je ressens pour lui, c'est de la peur...Une terreur de pas arriver à nouveau à lui faire plaisir...ça fait quatre mois qu'on vit ensemble, quatre mois de peur, de soumission, d'enfer, je dirais. J'en peux plus, j'ai besoin d'aide, mais j'ose pas parler... J'ai eu le toupet de partir de la Sagne, décevant ainsi ma famille, je n'ose pas revenir et raconter l'enfer que je traverse, je me tais. Surtout qu'il a prévu de partir au Kosovo pour y passer ses trois semaines de vacances. Vu qu'il a pas les moyens, c'est moi qui emprunte la somme de 6'000.- dont il a besoin pour payer son billet d'avion, et ramener des cadeaux à sa famille. Il s'en va, seul, avec la promesse d'un retour trois semaine après. Je l'attendrai pendant un an. pratiquement sans nouvelles de lui, sauf quand il m'appelle pour me dire qu'il veut rentrer, mais qu'il a pas l'argent...ou que son père est malade et qu'il n'a pas les moyens de le faire soigner...Et moi, terrorrisée, je lui envoie tous les sous qu'il réclame... à peu près 15'000.- en tout... Jusqu'à ce que je reprenne ma vie en mains, et lui annonce par téléphone que je l'attendrai plus...Là c'est drôle, il ira jusqu'à me téléphoner plusieurs fois par jour. Pour me convaincre de changer d'avis, poour me supplier d'avoir encore un peu de patience, pour me menacer de mort. Surtout. Je m'aperçois un jour que je suis suivie. Par ses copains, toujours deux mais pas les mêmes. Depuis la sortie de ma maison jusqu'à mon lieu de travail. Pendant deux mois. Deux mois qu'il passera à me menacer de mort par téléphone, me promettant de revenir un jour en Suisse pour me tuer... Je l'ai encore pas revu, et quand j'y pense, je retrouve cette terreur qui m'habitait ...Ma bonne étoile fut avec moi le jour où il est parti pour ses vacances, je pense qu'il m'aurait tuée s'il était resté. Il a fait de moi une loque intérieur, il m'a fait plus de mal qu'on pourrait l'imaginer, il a fait de moi ce que je suis maintenant. En partie seulement. Je pense que j'aurais une meilleure image de moi si j'avais eu le courage de l'affronter en face, même si je serais plus là pour en parler...
/image%2F0175898%2F201210%2Fob_23b9ed693ecd64253a4542b7adb50312_jdxqs9uo-jpg.jpg)