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Suzette

24 Octobre 2012 , Rédigé par Michèle Publié dans #ma vie de femme mariee

Suzette

Maman de mon mari, Suzette est l'exemple type de la femme malheureuse par excellence. Mariée une première fois à un homme violent qui lui fera quatre enfants(il aurait continué si une injonction d'un juge n'avait mis un terme à tout ça en ordonnant une ligature des trompes de cette femme soumise...), c'est en 1963 qu'elle rencontre celui qui deviendra son deuxième mari, alors qu'elle est en instance de divorce. Elle croit avoir trouvé le prince charmant, alors que lui cherchait juste une femme pour lui faire des enfants, la cuisine, et tout ce qui va avec... De leur union naîtront trois enfants, dont Olivier. La dernière née, Myriam, trouvera la mort sur la route, et sera inhumée le jour de ses sept ans. Ce drame brisera cette famille à jamais, notons en passant qu'Olivier n'a jamais eu le droit d'exprimer son chagrin en présence de qui que ce soit... Rien ne fut épargné a Suzette, ni le travail, ni les insultes, ni le mépris...de rigueur dans cette famille condamnée à continuer de fonctionner malgré l'absence de ce "petit quelque chose qui fait d'une famille un foyer". A l'époque où j'arrive dans cette famille, qui m'accueille avec méfiance, je suis frappée par la violence des mots qui y circulent, principalement autour de la table. Le Père ne demande pas un peu de thé, il frappe sa tasse sur la table. Il ne pose pas sa fourchette à la fin du repas, il la lance. Il ne ferme pas une porte, il la claque... Les garçons ne disent rien sous peine de se faire massacrer par un regard du Père. Si Suzette a le malheur d'ouvrir la bouche pour raconter une anecdote apprise dans la journée par téléphone avec son amie Irma, au mieux ce sera dans l'indifférence totale, au pire elle aura droit à un:"bourrique". Le Père est incapable de s'exprimer sans au moins une injure dans chaque phrase. Il connaît le nom ou le prénom de ses voisins, mais s'applique à les nommer par des surnoms incroyables... Le trou-du-cul, Le d'mi-fou, L'autr-gangan, chacun a droit à son surnom...Patrick, son fils aîné c'est Le gros-sonné, mon mari c'est le Ptit-con. Et jamais en dix-neuf ans passées à le côtoyer, je ne l'ai entendu prononcer leurs prénoms. Moi j'aurai droit à La-bouée, qui collera plus tard à Océane, alors que moi je deviendrai La-dinde. Matthias sera lui rebapbtisé Gros-cochon, alors que Julien sera Le-ptit-couillon... Notons en passant qu'à aucun moment Suzette, (traitée elle de Vieille truie, Grosse vache, Saloperie, et j'en passe...) n'aura le courage de s'opposer à cette façon de faire, au contraire, elle reprendra elle-même cette habitude, par crainte de cet homme, j'imagine. C'est en bouffée d'air frais pour elle que j'ai fait mon entrée dans cette famille. Elle me voyait comme une chance de voir autre chose, de la sortir de ses habitudes qui lentement mais sûrement la faisaient sombrer dans une sorte de dépression dont elle savait qu'elle ne sortirait pas. Matthias fut son grand rayon de soleil, alors qu'on sentait qu'elle évitait de s'attacher à Océane(par peur de perdre une fille à nouveau, par peur de remplacer sa fille perdue???), Mais c'est Julien qui deviendra rapidement sa bouée de secours. Le ptit homme d'à peine quatre ans deviendra le seul centre d'intérêt de sa vie, au point de repousser violemment les deux autres. Poussant jusqu'à l'obsession ce lien qui les unit, elle passera son temps en aller-retour entre sa maison et ma cuisine afin de ma raconter le moindre mouvement de mon fils. Ses "t'aurais ri" ses "on a jamais autant ri", ses "faut que je te raconte", répétés plusieurs fois par jour me tapaient sur les nerfs, mais je disais rien, comprenant qu'elle avait besoin de raconter, refusant de faire du mal inutilement à cette femme que ne se levait le matin que pour vivre à travers "Son Julien" comme elle disait. C'est quand elle est tombée malade que j'ai commencé à me poser des questions. Mon mari, sous l'influence néfaste de son son frère, avait pris l'habitude de se comporter comme son père... Insultes, mépris, ignorance, le traitement malhonnête de son père face à sa mère était en train de s'installer entre lui et moi. Allais- je courageusement le subir, le tolérer, quitte à devenir comme Suzette une femme incapable de s'opposer à cette violence faite par habitude? Allais-je comme elle ravaler mes larmes, mon dépit, et me tourner, comme elle, vers une autre source de "lumière dans ma vie" jusqu'à l'obsession afin de me sortir de cette vie-là? Allais-je prendre le risque de me laisser bouffer jusqu'à en tomber malade par cette vie qui m'apporte plus rien? Allais- je passer mon temps à clamer haut et fort à qui l'entendrait "vivement qu'il meure que je puisse enfin vivre" en pensant à mon mari??? NON JE LE REFUSE!!! Cette femme, qui fut pour moi un exemple de courage et de dévouement au début de mon mariage,était devenue au fil du temps une promesse de la vie pour mon avenir. Egoïste de nature, j'ai préféré mettre à mal toute ma famille, la détruire plutôt que fiinir comme Suzette... Suis-je par là une mère indigne??? Evidemment. Mais je demande à tous ceux qui me jugent comme telle de vivre un an dans cette ambiance. C'est facile quand on est respcté par sa famille de comdamner... Assister à la déchéance d'une personne fait réfléchir. J'avoue, j'ai eu peur... Mais qui à ma place n'aurait pas géagi de cette façon???

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