enfance

Quand je regarde en arrière, je revois la petite fille que j'étais. et c'est as joli joli.
Je me rappelle très mal de ma petite enfance...Maman en train de crier de douleur, Papa à courir dans tous les sens dans la cuisine parce que le bébé arrive, et il ne sais pas ou trouver la chemise de nuit à mettre dans la valise pour le départ à la maternité.....C'est je crois mon plus ancien souvenir, j'ai presque 4 ans, et ma vie va changer radiaclement avec l'arrivée de cette petite soeur que je n'ai pas demandée.
Finis les câlins de Maman, les chatouilles de Papa, je suis grande maintenant, et il a ce bébé qui prend toute la place. Mes grandes seurs sont de vraies petites mamans avec ce bébé, elles sont aussi très gentilles de racuspéter mes bêtises....on me gronde quand je coupe mes cheveux, quand je n'ai pas envie de ranger ma chambre, on me fait des reproches quand je fait un coloriage parce que ce n'est pas joli de presser avec les crayons de couleur sur le papaier. Ce n'est pas juste comme je fais, je suis nulle, je ne me donne pas assz de peine, je dois faire comme il faut, sinon mon dessin ne sera pas beau. Soit. Je comprends à ce moment que pour faire partie de la famille, je n'ai pas le droit de faire comme moi ça me plait, que pour me faire accepter, je dois faire comme on me dit, même si ça me plait pas.
Je n'aime pas la couleur de mes cheveux, je ne ressemble pas à mes soeurs... Je n'aime pas leurs jeux, jouer à la petite maman avec une poupée qui ne bouge pas, c'est inintéressant au possible. J'aimerais aller jouer dehors, dans la forêt, avec Troutrou (le fils du voisin, de 6 ans mon aîné). Il connait la forêt, les oiseaux, les animaux, il connait tout. Mais une fille ne traîne pas avec un garçon, ça ne se fait pas.
Alors je joue avec la petite planche à repasser et le petit fer assorti.je m'ntraîne à repasser....mais ce n'est pas juste comme je fais. Il reste des faux plis sur les mouchoir de papa. Je ne suis pas une bonne fille, je ne trouverai jamais de mari, je n'aurai jamais d'enfants. Pas commme mes deux soeurs ainées...je dois prendre exemple sur elles, elle sont parfaites.
A l'école, je n'ai pas une jolie écriture comme les autres. Les boucles de mes lettrs sont cochonnées, mes cahiers mal tenus, sales et illisibles. Alors que mes soeurs ont de bonnes remarques sur leurs cahiers, moi je récolte les mauvaises notes. Je m'applique pour retenir ces mots de voc, mais ils ont de la peine à entrer dans ma tête.....
C'est parce que je ne me concentre pas, et c'est mal..."Concentre toi Michèle ou tu n'arriveras à rien...Fais comme tes soeurs, elles y arrivent, tu dois y arriver aussi..."
Euh... Comment on fait pour se concentrer???
Je ne suis pas une gentille fille parce que je ne m'occupe pas de ma petite soeur. Je ne suis pas une bonne fille parce que je ne vais pas aider papa à rentrer les vaches. Je ne suis pas normale, parce que mon écriture est sale.
Mes soeurs font tellement mieux que moi...pourquoi est ce que je ne fais pas comme elles??
J'envie leur aisance à faire les choses. leur complicité. Ce qui lie Maman à evelyne, parce qu'elle se lève toujours pour aider, elle a le droit de récurer le fond de la cuisine, parce qu'elle fait comme il faut. moi j'ai essayé une fois, je me suis faite gronder parce que j'ai mal essoré la panosse et il y a eu de l'eau partout. alors je n'ai pas le droit d'aider, et faut pas que je m'approche de ma petite soeur, je pourrais lui faire du mal.
Je suis jalouse du temps que Marie Jo passe avec Papa. Elle est toujours avec lui, elle a de la force, elle sait ce qu'il y a à faire, elle a du cran...c'est un peu le fils que Papa n'a pas eu. Je n'ai pas le droit d'aller aider Papa moi. la dernière que j'ai essayé, une vache m'a shootée, et je me suis cassé la clavicule. je ne sais pas traire, pas conduire le tracteur, pas cuisiner, pas écrire, je ne sers à rien, je ne sais rien faire. A part rêver.
Rêver à un monde ou je serais l'égale de mes soeurs. Une vie ou quand je trouve une fleur jolie, mes soeurs sont d'accord avec moi, une enfance ou quand j'ai une idée, mon entourage est fier de moi.
Un monde ou personne ne se moque de moi. Dans lequel je suis appréciée (on va pas aller jusqu'à rêver de respect hein ;-) ). Un monde ou j'ai e droit d'être juste moi même.
Soit. Je ne peux pas être moi, avec mes idées farfelues et mon coeur d'artichaut...tant pis, je vais devenir celle qu'on veut que je sois. La gentille fille qui obéit et fait son possible pour ressembler à ces soeurs si parfaites.
La seule chose chez moi qui ne semble pas déranger les autres, c'est mon humour. Ma faculté à me ridiculiser pour faire rire les autres. Ce côté bouffonne, sans respect, aucune limite dans mes humiliations. Je fais rire, et c'est avec ça que je vais trouver ma place.
Ma marque de fabrique. Taire cette sensibilité qui souffre dans ce monde injuste, et faire rire la galerie. Qu'importe su moi endedans je suis en larmes, le plus important c'est la joie des autres...
Leur joie de se sentir supérieurs face à mes erreurs. Leur sentiment de toute puissance au moment ou tous réalisent qu'il suffit de m'écraser pour exister.
Les humiliations acceptées, en famille ou à l'école, ne sont que le reflet de mon besoin d'être aimée. Marie Jo ne s'en prive pas....("tu n'es pas un homme, un vrai, fais comme les indiens, souffre en silence...t'est trop femme arrête de te plaindre...."). Je ne lui jette aucune pierre, elle n'a fait que s'engouffrer dans un créneau ouvert. Mes copains d'école non plus ne se privent pas... Je me revois enfermée dans le buffet au fond de la classe, attendant qu'un héros vienne me libérer, en général c'est le prof fâché sur moi qui ouvre la porte du palcard.
Les boules de neige lancées dans le dos ou sur les fesses parce que je suis "La Grosse Sandoz" je ne les sens pas, on s'amuse à me viser...c'est très drôle, toute la classe rigole, alors moi aussi...
Michèle c'est cool, on peut tout lui faire....
Tant pis si elle souffre en dedans, elle rigole, alors on continue...
C'est de cette manière que j'ai réussi à me faire accepter par ce monde qui m'entoure....prendre le rôle que tout le monde attend que je prenne, et tant pis si ça me plait pas. j'ai besoin d'être aimée...ce que j'ai en dedans ne convient as, alors je me plis aux diktats de mon entourage.
Quitte à oublier celle que je suis.
Mon défi à l'avenir, c'est retrouver celle je suis. me réapprendre, retrouver ma vraie personnalité. quitte à décevoir ma famille, mais ce rôle que j'ai endossé ne m'a amené que des ennuis.
Retrouver l'essence qui coule en moi. Assumer ma différence, en faire une force...
Morte de trouille, mais je n'ai pas le choix. C'est ça ou je continue à m'autodétruire.
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