Physique et mental
Les mois d'échanges virtuels avec Nic Le Beau m'ont aidée à apprendre à rencontrer mon corps, m'ont aidée à m'apprivoiser, m'ont appris à m'aimer. On le sait...
Mais pas seulement. J'ai réalisé au cours de ces échanges, que l'important n'est pas la forme des seins, la taille du ventre, l'apparence des fesses ou du nez...
Non. Enfin..pas autant que je ne le pensais en tous cas. Ce qui fait qu'une personne est belle, c'est l'étincelle de vie qui l'anime.
Cette petite étoile qui brille au fond des yeux...Cette confiance que la personne a en elle, qui la rend sûre d'elle, lui donne de l'assurance, lui redresse le dos, lui éclaire le teint, lui permet de'occuper l'espace à sa disposition avec assurance, aisance, maîtrise.
Cela ne s'apprend pas, on a cette étincelle, ou on ne l'a pas.
Certaines personnes naissent avec, d'autres, je dirais la majorité, apprennent à la développer au cours de leur enfance, quand ils comprennent qu'ils ont une personnalité unique, d'autres encore, passent à côté. Jusqu'à ce qu'un déclencheur les aide à la maîtriser. Ce peut être l'accomplissement d'une carrière professionnelle, une amitié hors du commun, la maternité, ou plus simplement l'amour avec un grand A.
Moi, évidemment, je ne l'ai jamais eue cette étincelle, puisque je ne suis pas cap de m'aimer assez. Mais c'était avant.
Et puis nic Le Beau est arrivé, avec les conséquences que l'on sait.
Lui seul m'a donné cette confiance dont je manquais cruellement. Avec ses mots, ses attitudes, ses intentions, sa patience, son expérience....
A la lecture de ses messages, je me sentais pousser des ailes.... Je me sentais belle dans ses yeux, à travers son regard. Je me sentais désirée, désirable, femme. Comme jamais auparavant.
Penser à lui, à ce qu'il me disait, à ces envies qu'il avait de me faire découvrir un monde inconnu me donnait un sentiment de puissance que je n'avais ressenti avant, que je ne ressentirai jamais plus je pense.
Cela se voyait, se percevait dans ma façon de me mouvoir, d'occuper mon espace, dans mon regard, dans mes gestes.... J'en avais conscience au contact des gens que je croisais. On se retournait sur moi dans la rue, on m'abordait certaines fois, et il a manqué de peu qu'on m'offre un verre une fois ou l'autre, j'y pense maintenant, j'aurais dû sortir plus à cette époque....
Bref, de personne triste, grise, insignifiante et terne, j'étais passée en quelques mois à une femme sûre d'elle, de son pouvoir de séduction, animée de cette étincelle qui fait toute la différence.
Je me sentais belle, pleine d'assurance, prête à en découdre avec ce monde qui me faisait si peur, et que je ne comprends toujours pas. La chenille repoussante avait enfin été remplacée par un papillon je dois l'avouer, assez bluffant.
Perdre Nic Le Beau fut l'expérience la plus tragique de ma vie. Au delà de ce que j'ai vécu avec mon mari, au delà des drames qui ont touché mes enfants, au delà que tout ce que j'aurais pu imaginer. Mon monde s'est écroulé, qu'il soit intérieur ou extérieur. Tout s'est liquéfié en moi, au sens littéraire du terme. Je ne suis plus qu'une flaque d'émotions dans le fond de mon ventre. L'architecture complète qui me tenait debout n'est plus.
Et c'est là qu'on constate que mon intérieur est vide. Que je suis incapable de me construire seule. Que je ne vis qu'à travers les yeux de ceux que j'aime, que la coquille qui me protège n'est faite que de rêves inaccessibles et de contes de fées utopiques.
Une fois de plus, je constate que je n'ai rien à donner, et cela, plus que jamais, se voit.
Je suis redevenue cette personne triste, grise, terne, et ignorée. Ce qui fait que le regard des aurtres, principalemnt celui de ceux que j'aime, ce regard là ne se pose plus sur moi.
Moins je sens ce regard sur moi, et plus je me fane. C'est comme ça. Plus je me fane et moins j'aurai ce regard.
C'est le serpent qui se mord la queue. Et ça me terrorise. Je sais ce que tu vas dire cher lecteur....que je n'ai pas besoin de ce regard pour me sentir vivante, que je ne dois vivre que pour moi, pas pour ou par les autres, que ma confiance est en moi, qu'elle vient de moi, que c'est suffisant pour affronter ce monde.....je connais ce discours, valable pour les gens normaux comme toi, qui ont la niaque, qui ne sont pas handicapés des sentiments.
Ce discours tout fait ne s'applique pas à moi, me demande pas pourquoi, relis simplement mes articles précédents, tu comprendras.
A l'heure actuelle, je suis redevenue cette petite fille qui a honte d'elle. Cette ado dégoutée par son corps. Cette femme soumise, réduite à n'être qu'un objet de railleries et d'humiliations. Cette maman perdue, incapable de trouver en elle la force de faire face aux difficultés de la vie.
Bref, je suis redevenue celle d'avant Nic Le Beau. Ravagée par le chagrin d'avoir perdu un amour sincère, terrorisée par cette réalité qui s'ouvre à moi:
Plus jamais je ne serai désirée. Plus jamais aucun homme ne s'intéressera à moi, sauf pour mon cul, mais le mien ou un autre, ce n'est pas moi qui ferai la différence.
Ce ne sont pas les séances de psy qui vont me faire changer d'avis.
Cet homme que j'ai cru, n'aura été finalement qu'une parenthèes ouverte par le Destin, qui, dans son grand sens de l'humour a décidé de me faire entrevoir ce qu'aurait pu être une vie normale pour moi. Avant de la refermer, à tout jamais.
Me reste dans la bouche, dans mon âme, le goût amer de ces ailes qui me sont poussées trop vite, qui se sont évanouies si subitement. Le souvenir de ce que j'aurais pu être, de ce que j'aurais pu avoir, de ce que j'aurais pu vivre.
Tout ce dont j'ai rêvé, je sais que Nic me l'aurait donné. Il en avait l'intention, il en avait les mots, les attitudes, les projets.
Qu'il soit un pervers narcissique ou qu'il ait été sincère n'a pas grande importance, de toute manière je l'ai perdu, et rien ni personne ne m'apportera ce qu'il m'a donné pendant ces 14 mois d'échanges et de partages.
L'impression d'avoir trouvé celui qui enfin me complète. Le sentiment d'être enfin à ma place, dans les bras et le coeur d'un homme qui m'aurait respectée, aimée, protégée. Le plaisir d'une quête enfin aboutie, lillusion d'avoir enfiin trouvé ma place.
Me revoilà seule, avec ce vide au fond de moi. Cette flaque d'émotions dans mon ventre, insaississable, inutile, encombrante.
Le plus dur n'est pas de l'avoir perdu, non. Le plus dur est d'apprendre à vivre (survivre) sans lui. Sans ce regard, seule face à mon miroir. Oublier celle que j'ai été le temps de quelques mois. Redevenir celle que je suis depuis ma naissance. Une personne sans intérêt, sans rien à donner, envahissante telle les nuisibles, et accepter que c'est mon Destin.
Réapprendre à vivre sans rêves, sans amour, sans partage.
Surtout ne plus penser. Survivre, c'est tout.
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