pardon ou indignation?
Mais c'est quoi cette propension qu'ont les gens à vouloir à tout prix s'immiscer dans ma vie avec leurs bons conseils et leurs bonnes intentions tout en me faisant passer pour ingrate quand je ne les suis pas???
De Christine à la Dame rencontrée dans un projet de bénévolat, en passant par ma maman et ma fille, toutes ont la ferme intention de me faire retrouver un travail que je peine à obtenir, et toutes sont indignées quand je leur réponds que non, ce n'est pas aux autres de faire ces démarches nécessaires, et que si je ne les fais pas, c'est juste parce que de 1 j'en fais d'autres, de 2 les boulots qu'on me propose ne me conviennent pas. Non maman je n'irai pas faire 140 km 2 matins par semaine pour aller ramasser des oeufs pendant moins de 3 heures de temps...non Christine, je n'irai pas tous les vendredis, de 17 à 22 heures nettoyer une réception d'entreprise pour un salaire de 14,./heure
Non, Madame Machin, je n'irai pas financer un cours de la Croix Rouge à 3000.- pour apprendre à laver des personnes âgées...
Non, non non et non....
Il suffit que je mentionne que je suis en fin de droit du chômage pour qu'automatiquement on se sente obligé de vouloir à tout prix me trouver un travail pourri, ingrat, mal payé, et pénible, que ces personnes bien intentionnées ne prendraient évidemment pas, dans un but bien précis:
Soulager leur bonne conscience, et satisfaire leur égoïsme de pouvoir dire un jour:
Rappelle toi que c'est grâce à moi si tu as trouvé un travail, tu me le dois, donc je peux exiger ce que je veux de toi, si tu refuses, je t'en voudrai car après tout ce que j'ai fait pour toi, tu m'es redevable....
Je trouve cela agressif, malhonnête, et terriblement déplacé de la part de tous ceux qui " veulent mon bien"...
Je ne sais pas moi-même où se situe ce bien, du coup, ces gens qui pensent me connaître juste parce que j'ai accepté de jouer le fou du roi dans leurs cours respectives, ces gens donc ne connaissent rien de moi. Oh bien sûr, ils ont entendu de ma bouche les erreurs et injustices commises, ils ont essuyé mes larmes, et savent l'Enfer que j'ai traversé, pour y avoir assisté...Mais je ne suis PAS que ça, bordel.
Contrairement à ce que j'ai souvent écrit ici, moi aussi j'ai droit au respect, et ces violations là me font plus de mal encore que les insultes ou les coups, voire les viols que j'ai subis...
Oui, je suis un être humain, et oui, je me rends compte que ce respect m'est dû.
C'est un minimum, et ne plus vouloir me sentir mal quand je décline une proposition ou que je refuse un truc qui ne me convient pas, c'est aussi apprendre à me donner à moi même ce respect que je pensais ne pas mériter.
Je refuse désormais, (et c'est une promesse que je me fais) toute phrase qui commence par *tu devrais, il faudrait, tu n'as qu'à".
Si c'était aussi facile que ça, je n'en serais pas là, et ce n'est pas parce que pour les autres c'est aussi simple que ça l'est pour moi.
Surtout quand je ne demande rien...
Mais même quand je suis en demande, j'ai le droit de garder une certaine dignité, et de refuser de ramper devant la personne à qui je m'adresse, sous prétexte que ses valeurs ne sont pas les miennes, et qu'elle estime normal de me donner une leçon de morale...
Exemple:
Ce matin, comme souvent, je réalise que le week end sera chargé, entre me déplacer à Travers pour mon vaccin, aller rendre visite à Yann, aller chercher Olivier au camping, aller chercher mes médicaments à Fleurier, aller samedi soir à Neuchâtel pour ce spectacle pour lequel Julien a tant travaillé en coulisses, aller voir ma maman, et prêter ma voiture lundi à Julien qui en a besoin pour une répétiton...bref....au moins 300 km, et mon réservoir est bientôt vide...
Problème: Julien et moi, nous sommes, une fois de plus, fauchés. Il nous reste entre les deux à peine 3,85, jusqu'à la prochaine rentrée d'argent, dans 15 jours.
Comme ça m'est eu arrivé par le passé, je contacte Océane qui m'a souvent répété qu'en cas de besoin, même si elle ne prête pas d'argent comptant, elle est ok pour remplir ledit réservoir...
(J'ai toujours demandé avec honte, gêne, et en dernier recours, car cela me pose toujours un grave problème de dignité, et j'estime que ce n'est pas à mes enfants de payer pour moi, mais bon, je m'arrange avec ma conscience en me disant que je n'ai pas le choix...)
Sa réponse à ma demande de ce matin: C'est pour toi ou pour Olivier??
Sous-entendu si c'est pour trimballer ce "déchet de la société", ne compte pas sur moi.
Passée la surprise de cette question à laquelle je ne m'attendais pas, un temps de réflexion 'a permis de comprendre que c'est maintenant ou jamais que je dois une bonne fois pour toutes remettre cette peste à sa place, quitte à la perdre pour de bon.
Non mais...en quoi mes déplacements deviennent son problème?
De quel droit se permet-elle d'ainsi faire irruption dans ma vie privée en ayant le toupet de me demander ce que je vais faire comme trajets avec l'essence qu'elle serait ok de me payer?
Suis-je comme ça désespérée au point de ramper devant elle en expliquant au km près ce que j'ai prévu dans mes déplacements?
Vais-je devoir faire un compte rendu de mes journées, et lui rembourser l'argent dépensé en benzine pour transporter autre chose que ma propre personne?
Si je lui dis que je vais voir Yann, cela passera-t-il comme nécessité au maintien de mon moral, et sera-t-il payé? ou cela sera perçu comme trajet de confort, pas nécessaire, et donc supprimable?
A quels transports aurai-je droit selon elle?
Si je peux comprendre qu'elle refuse de cautionner le fait que j'entretienne une relation rapprochée avec Olivier.,je ne peux tolérer cette ingérence dans ma vie privée. Surtout qu'elle refuse d'être présente pour moi quand je suis au plus mal. Bien des larmes auraient été évitées (beaucoup d'articles ici aussi!) si j'avais pu compter sur elle.
Je suis en colère, j'avoue. Pas contre elle, car au final, fidèle à elle-même, elle agit selon ses valeurs, et je ne lui reproche rien, au contraire!
C'est contre moi que ma colère se tourne...Comment ai-je pu être aussi conne pour laisser penser aux gens qu'ils ont le droit de se comporter de la sorte avec moi?
Où sont passés ma dignité, mon estime de moi-même, le respect qui m'est dû?
J'ai toujours eu peur de perdre ceux que j'aime, et de par cette peur, j'ai permis tous les excès en la matière.
Olivier ne cesse de me dire que je dois me faire respecter, là je pense qu'enfin j'ai capté ce message.
Je comprends enfin ce qu'il essaie de me faire comprendre depuis plus de 3 ans déjà!
Il me dit aussi que j'ai beaucoup de choses à me pardonner à moi-même, et jusqu'à présent, je ne voyais pas trop quoi, j'ai compris il y a longtemps que toutes mes erreurs je les avais faites en agissant au mieux de ma conscience au moment où je les faisais, et je ne voyais pas ce que j'avais encore à me pardonner...
Mais là je sais. Je sais que je dois me pardonner d'avoir permis à toutes ces personnes de m'avoir traitée
de la sorte pendant toutes ces années...
Voilà ce sur quoi je décide de travailler.
Me demander pardon pour ces années de mauvais traitements, ça va pas être de la tarte, mais je pense que c'est LA chose à faire à ce moment-là de ma vie.
Commencer par me rappeler de toutes ces fois où mon honneur a été bafoué, l'accepter, comprendre la raison pour laquelle j'ai laissé faire, décortiquer chaque blessure de mon amour-propre, reconstruire ma dignité, et passer au moment suivant.....
Tout en faisant le nécessaire dans le présent pour faire comprendre à mon entourage que dorénavant je ne laisserai plus rien ni personne piétiner mon jardin secret et mon intérieur....
C'est le travail de toute une vie qui m'attend là, et j'espère qu'il va me rester assez d'années pour le mener à terme.
Fi des laisse tomber, ça ne vaut pas la peine de te battre, le message ne passera pas!
Si le message ne passe pas, tant pis, la personne qui n'accepte pas cette nouvelle façon de fonctionner n'a plus sa place dans ma vie.
Faut que j'avance, j'ai des pardons à m'accorder, et plus de temps ni d'énergie à perdre.
Merci Océane pour cette prise de conscience que tu as installée en moi. ça risque de ne pas te plaire, mais tant pis.
J'ai un respect à regagner, un image de moi à redorer, une estime à retrouver.
Plus rien n'a désormais autant d'importance.
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