La vie continue
Voilà. Après des mois de larmes, de chagrin, de désespoir, j'arrive pas à oublier cet homme que j'aime profondément, mais il faut bien avancer.
Je sais tout au fond de moi qu'il reviendra, mais qu'il faudra du temps. Temps qui passe, qui me voit chaque jour dépérir, me décharner, devenir l'ombre de moi-même.
Et qu'il faut malgré tout habiter.
Nico, mon collègue, mon ami, mon mentor, m'a dit un jour: "Montre-lui que tu es cap de te relever, de t'épanouir, d'être heureuse sans lui, ce jour-là il verra que tu es cette femme qu'il aime, et il n'aura qu'une envie-revenir."
Soit. Je veux bien, mais comment?
Comment sourire à la vie, rire, même, alors que mon coeur est en miettes, que mon corps me fait honte, que plus rien ne m'intéresse?
La réponse viendra d'elle-même. Une fugace envie de sortir, un soir. Une invitation à aller boire un verre avec Christine, quelques semaines plus tard. Le plaisir de ne pas rester prostrée derrière la télé, de voir du monde. Une autre envie de sortir, un samedi soir.
Envie dont je fais part à Océane, qui m'emmènera en boîte le samedi suivant.
Soirée porno exceptionnelle ce soir-là. C'est bien ma veine, moi qui m'efforce de tirer un trait sur tout ce qui est sexe ou attirance quelconque, faut que j'arrive dans une soirée spéciale adultes...
De cette soirée, je ne verrai jamais le spectacle. Je rencontre un homme, jeune (37 ans), qui n'est pas plus à sa place que moi dans cette soirée de débauche où la moyenne d'âge doit être de 22 ans à tout casser.
Rapidement, nous décidons d'aller boire un verre ailleurs. En bonne mère indigne je laisse tomber ma fille, et m'échappe de cet endroit sombre, bruyant, surpeuplé.
Nous resterons une bonne heure de temps dans un troquet, à discuter, il se trouve que nous sommes collègues, moi ici, lui dans une autre ville. Le pauvre, gelé, (on est en décembre, et la boîte d'où l'on vient est un nid à courants d'air) n'arrête pas de grelotter. Il me fait mal au coeur. Je lui prpose tout gentiment de venir chez moi se réchauffer, sous une bonne doouche bien chaude. Sans vraiment avoir envie d'aller plus loin avec lui, il est mignon, mais je ne suis pas prête à ça.
Il accepte, et après un bon café dans ma cuisine, le voilà à poil en train de chanter sous ma douche.
Galant, il prend le temps de se rhabiller en sortant, s'asseoit près de moi dans mon canapé, regarde la télé, me prend dans ses bras.
Le simple fait de me sentir entourée de ces bras réconforte la pauvre désespérée que je suis.
Evidemment, il ne nous faut pas bien longtemps pour qu'on se retouve en sous-vêtements pour moi, nu et en forme pour lui....
Se pose alors LA question: T'as une capote??? Non je n'en ai pas, parce que je n'y ai jamais pensé (comment penser un seul jour de ma vie en voir jamais besoin, moi qui ai tellement honte de ce corps que je déteste, moi qui n'aime qu'Olivier C., moi qui suis persuadée de faire fuir n'importe quel homme sain d'esprit???). Et toi? Non.
Heureusement, à part quelques caresses bien agréables, nous aurons la force de nous arrêter à temps.
Ouf, nous avons échappé au pire. Comment gérer l'après? Pour lui, c'est une question de fidélité, (il m'expliquera pendant que je le ramènerai qu'il est marié, et que sa vie n'est pas top, mais qu'il est encore très amoureux de sa femme....) pour moi c'est une question de faiblesse de ce coeur qui n'en fait qu'à sa tête, (aurais-je pu encore me regarder en face alors qu'à mes yeux je n'aurais agi guère mieux qu'une chienne?)
Nous nous quittons en amis, ce que je pense que nous resterons, même si je doute le revoir un jour.
Qu'importe!!! ces quelques heures passées en sa compagnie m'ont montré que malgré mon corps difforme je suis encore une femme, avec des réactions de femme, et que je suis encore désirable, même aux yeux d'un homme marié, et pas seulement parce que je représente "l'attrait du péché", juste parce qu'il me trouve à son goût.
Cet homme, je lui serai infiniment reconnaissante, il m'a montré que je peux encore être désirée, même si il avait un peu bu, il a bien dessaoûlé pendant ce temps que nous avons partagé.
Je n'oublie pas Olivier C.,(ça jamais!!), mais je me rends compte que grâce à Michael, j'ai repris (un peu!!) confiance en moi.
Chemin tellement long et tortueux jusqu'au retour d'Olivier C., qu'il va falloir parcourir seule. sauf les soirs où j'aurai la chance de tomber sur homme qui aura envie de tout ce que je pourrai lui donner en dehors de mon coeur, en échange d'une certitude, fugace, mais nécessaire:
Je suis une femme. Avec ses besoins de tendresse, de douceur, de sexe.Oui, la vie n'est peut-être pas toute rose, mais si par moments, mais il y des moments qu'il fait beau vivre.
En atendant SON retour
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