mortel
Comme je déteste ces dimanches où y'a rien à faire. Juste la télé, mon ptit dans le canapé, s'abreuvant d'images débiles, pas un mot, pas un geste, juste compter les minutes qui me séparent encore de la mort.
Alors je pense. Je reviens sur mon passé, je m'interroge, ne trouve aucune réponse, sauf l'évidence que le monde se porterait mieux sans moi.
Cet homme que j'aime du plus profond de mon âme ne veut plus de moi. C'est un fait, mais je refuse de l'accepter. tout mon être s'y refuse. J'ai beau me dire qu'il n'y a rien à faire, qu'il faut aller de l'avant, passer à autre chose, je n'y arrive pas. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, je lutte pour y arriver de toutes mes forces, mais je bloque.
Il me manque. Cruellement. Douloureusement. Désespérément.
J'en perds le sommeil, impossible de m'endormir sans m'être assommée à coup de somnifères.
J'en perds l'appétit. Impossible d'avaler ne serait-ce qu'une bouchée de quoi que ce soit de solide, ne passent que le café et la cigarette, au point que si je mange je vomis.
J'en perds la raison, je me rends bien compte que je ne suis plus que l'ombre de moi-même, une pâle copie de cette femme qu'il a aimée si fort, dont il était tombé éperdument amoureux.
Lui qui fut ma force au cours de toutes ces années, est devenu ma faiblesse.
Chaque jour qui passe, j'ai mal. Chaque minute qui s'écoule j'ai envie de hurler. Chaque seconde disparue, la douleur de l'avoir perdu me diminue.
Pourquoi?
Pourquoi je n'arrive pas à m'en remettre? Quel malin plaisir est-ce que je trouve dans cette complaisance à me lamenter sur mon sort? Comment me sortir de ce trou dans lequel je m'enfonce toujours plus bas?
On dit que les choses n'ont que l'importance qu'on leur donne.rien n'est moins sûr.
Il est des fois où le subconscient revient torturer le conscient, et je sais de quoi je parle.
Sinon comment expliquer que quoi que je fasse tout me ramène à lui?
On est dimanche aujourd'hui, il ne se passe pas une minute sans que je pense à ce temps qu'on pourrait passer ensemble, ce travail que l'on effectuerait l'un à côté de l'autre, ces balades que l'on ferait, main dans la main....ou pas.
Mon coeur en est brisé, mes larmes coulent sans que je puisse les refouler, mon corps souffre, mon âme est torturée.
Jusqu'où cela va-t'il me mener? Combien de temps encore vais-je souffrir? Y aura-t'il un moment dans ma vie où tout ceci sera derrièreOh bien sûr, je pense au suicide, fatiguée que je suis de souffrir minute après minute, cahcune que s'écoule étant plus douloureuse que la précédente.
Mais je sais que ce n'est pas la solution, que mes enfants ont besoin de moi (!), que même dans la tombe j'emporterai cette souffrance.
Alors quoi?
Faut-il me laisser aller? Refuser désormais toute relation humaine en dehors de mes enfants? Fermer mon coeur à tout sentiment? Et devenir une vieille folle aux chats, pétrie de rancune, de jalousie, de méchanceté et d'amertume?
Je ne sais pas ce que demain me réserve, et je sais même pas si j'aurai la force de l'affronter ce demain.
Je sais juste que j'ai mal, que j'en peux plus, et ça me détruit.
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